‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 273 sur 431 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

gauche à 20» 1/2, le rectum à 28» 1/2. (L'écart accidentel de 3 degrés entre la température des deux oreilles est à négliger). Constatons seulement que la température du rectum est notablement plus élevée que celle des oreilles, cela s'observe toujours puisque le rectum est sensiblement a l'abri des pertes de chaleur. Cette répartition de la température s'est maintenue sans variation notable jusqu'à l'instant S où l'on a coupé le cordon du grand sympathique au cou, du côté gauche. Presque aussitôt, le relâchement vasculaire fait monter la température de l'oreille gauche : celle-ci subit un échauffement de 7°. En même temps, l'oreille droite se refroidit, parce que le courant sanguin est, en grande partie, détourné vers le côté où les vaso-moteurs sont coupés § 329.

Mais un fait remarquable, c'est que le rectum se refroidit presque aussitôt, 5 minutes environ, après que la circulation s'est ac- ^jv< i^C^'i célérée dans l'oreille droite. Ce refroidissement du rectum tient à ce que de la chaleur est enlevée à l'organisme par l'oreille ° yi^^ échauffée qui perd d'autant plus de chaleur que la température 0 extérieure est plus basse.

Chez le lapin, la grande surface du pavillon de l'oreille, la grande vascularité de cette région, la minceur de son tissu, constituent un ensemble de conditions favorables à la déperdition de chaleur. Et comme le reste du corps de l'animal est abrité par une épaisse fourrure, on peut supposer que la circulation de l'oreille règle, en grande partie, la déperdition générale de la chaleur.

Alternance des températures superficielle et profonde dans le cas d'un resserrement vasculaire.

g 349. — Quand les vaisseaux se resserrent, et ralentissent le ^ cours du sang, la chaleur ne sç porte plus aux surfaces, mais /V! ^sfr&~J s'accumule dans les centres. Deux expériences de Péchollier1 sur les effets du tartre stibié et de l'ipécacuanha montrent claire- tJ^& ment cette influence du resserrement vasculaire. Un lapin empoisonné par l'une ou l'autre de ces substances présente un refroi-

dis sèment notable des oreilles et, en général, des parties exposées

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1. Péchollier. Recherches expérimentales sur l'action physiologique du tartre stibié. (Montpellier médical, mai 1863). — Du même. Recherches expérimentales sur l'action physiologique de l'ipécacuanha. (lbid., nov. et déc. 1862).

5Uk LA CIRCULATION DU SANG.

au contact de l'air, tandis que sa température rectale s'élève de près d'un degré.

La théorie de cette influence des poisons vaso-constricteurs semble toute simple; je regrette toutefois de n'avoir pas encore eu l'occasion de la contrôler par l'emploi simultané du manomètre et du thermomètre. On doit en effet, sous l'influence des poisons vaso-constricteurs, conslater, en môme temps, l'abaissement de la température périphérique, l'élévation de la température centrale et l'accroissement de la pression du sang dans les artères1.

Inscription simultanée des températures en divers points de l'économie. — Tliermographes.

§ 350. — Il est très difficile de suivre à la fois, à de courts intervalles, les variations de deux ou trois thermomètres ; aussi, pour les expériences du genre de celles qui précédent, ai-je cherché à construire des appareils enregistreurs de la température.

J'ai indiqué ailleurs2 la disposition de plusieurs instruments que je désigne sous le nom de thermographes et qui m'ont servi à cet usage. Un nouveau thermographe construit par M. Talin m'a donné des résultats beaucoup plus satisfaisants; il est représenté figure 256.

Un réservoir de laiton A, d'un demi-centimètre de diamètre, sur 4 de longueur, est mis en communication par un tube capillaire en cuivre rouge avec un tube de Bourdon T. Le tout est exactement rempli d'huile et fermé hermétiquement. Si l'on échauffe le réservoir A, la dilatation de l'huile fait passer par le tube de cuivre une petite quantité de liquide dans le tube de Bourdon qui prend la nouvelle position T' indiquée par une ligne ponctuée.

Un levier L articulé près de l'extrémité du tube T subit l'influence de ces changements de courbure et prend la position Lf exprimée par des lignes ponctuées, quand le réservoir A est échauffé. La sensibilité de l'instrument est telle, qu'un degré centigrade déplace d'un centimètre environ l'extrémité du levier L. En outre, la boule thermométrique A est assez petite pour s'in-

1. Ce qui semble indiquer une élévation de la pression artériolle sous l'influence de l'éméline et du tartre stibié, c'est l'abaissement considérable de la fréquence du pouls § 223, qui peut diminuer de plus d'un tiers de son chiffre normal.

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