‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 276 sur 431 · CHAPITRE XXXI. 511 ^(j^JUJ^ oAJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI. 511 ^(j^JUJ^ oAJ

Les résultats obtenus jusqu'ici montrent que la production de ; chaleur s'accroît à mesure que les causes de déperdition augmentent d'intensité. Ces résultats sont donc favorables à la théorie qui admet que la fixité presque parfaite de la chaleur centrale chez certainsanimaux tient, au moins en partie, à des changements dans la quantité de chaleur produite. On va voir qu'une autre influence contribue puissamment à maintenir la fixité de la température animale : c'est la régulation de la dépense de chaleur par le système nerveux vaso-moteur. c*-*-* >w<!o yyl.

Régulation de la température animale par le système nerveux

vaso-moteur.

§ 354. — Le système nerveux vaso-moteur, en tenant sous sa dépendance la vitesse du sang, règle la dépense de chaleur g 343. Il suit de là que, si la volonté commandait aux nerfs de la vie 7e organique, nous pourrions, dès que notre production de chaleur est excessive, éliminer cet excès en relâchant nos vaisseaux ; inversement, dans le cas de production trop faible, nous pourrions restreindre la perte en resserrant nos vaisseaux ; laissant alors se refroidir les organes superficiels pour lesquels l'abaissement de la température est inoffensif, nous conserverions à nos organes intérieurs la chaleur qui leur est nécessaire. — ,

Ce que notre volonté ne peut faire se produit automatiquement à chaque instant. La température se règle d'elle-même, en vertu de l'action que la chaleur et le froid exercent sur le cœur et sur les vaisseaux. En effet, la chaleur relâche les vaisseaux et accélère les mouvements du cœur ; le froid resserre les vaisseaux et ralentit le rythme cardiaque.

Action de la chaleur et du froid sur les vaisseaux.

\ 355. — Nous avons déjà vu, chapitre xxni, g 249, que le froid appliqué sur les tissus vivants les fait pâlir en en resserrant les vaisseaux, et que la chaleur les fait rougir en les relâchant. Ces influences opposées ont été constatées par tous les physiologistes.

512 LA. CIHCULATION DU SANG

Quand on place dans le champ d'une forte loupe la membrane de l'aile d'une chauve-souris, on y voit une riche arborisation vasculaire. Si l'on applique un peu de glace sur un tronc artériel (reconnaissable à la direction centrifuge du sang qui le traverse), ce vaisseau se resserre, et de plus, les branches qui en émanent diminuent notablement de diamètre. Il semble que le sang, refroidi en passant sous le morceau de glace, agisse par sa température pour faire resserrer les vaisseaux dans lesquels il circule au delà du point refroidi. L'application de la chaleur sur un tronc artériel produit des effets inverses de ceux du froid.

On peut encore démontrer l'influence des changements de la température du sang sur la conlractilité vasculaire en injectant dans les veines d'un animal une certaine quantité d'eau froide ou d'eau chaude. Magendie « a vu l'eau froide élever la tension artérielle, l'eau chaude la faire baisser. Ces effets sont dus principalement à l'influence de la température du sang sur la contractilité des vaisseaux. Ainsi , soit que le froid agisse à la surface extérieure des vaisseaux, soit qu'il agisse à leur intérieur, comme dans le cas où un sang refroidi les traverse, dans les deux cas un môme effet se produit : le resserrement vasculaire et, consécutivement, la diminution de la perte de chaleur. Inversement, que la chaleur agisse au dehors ou au dedans, les vaisseaux se relâchent et tendent à augmenter la vitesse du sang ainsi que la déperdition de chaleur.

Enfin, le réchauffement du corps sous l'influence de vêtements épais amène le relâchement des vaisseaux, l'accroissement de fréquence des mouvements du cœur et les changements de la r^~- forme du pouls, signes qui correspondent â la faible tension artérielle. La figure 257 montre les modifications obtenues au moyen de vêtements de plus en plus chauds. La ligne 1 correspond à la tension forte; le sujet avait froid. Dix minutes après avoir mis des vêtements épais, son pouls avait pris le type S; dix autres minutes après, on obtenait le type 3 qui exprime une diminution de la tension par relâchement vasculaire.

Quel que soit le régime de la production de chaleur dans l'organisme, il faut, pour qu'il y ait fixité de la température centrale, que la déperdition soit constante. Mais si l'air se refroidit, la perte sera trop grande; s'il s'échauffe, la perte sera trop faible. Or la

1. Magendie, des Phénomènes physiques de la vie, t. III, p.' 221 et 239.

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