DE LA CIRCULATION DU SANG DANS LES MALADIES
Les lois physiologiques se retrouvent dans les troubles pathologiques de la circulation.
— Troubles de la circulation capillaire dans les maladies. — Des forces qui président à la circulation. — Caractères extérieurs de la forte et de la faible tension artérielle. — Effets produits par une vitesse inégale dans la grande et la petite circulation. — Importance du contrôle réciproque des différents éléments de diagnostic : auscultation combinée avec la méthode graphique et avec la détermination des températures. — Caractères graphiques des altérations organiques de l'appareil circulatoire. — Importance de la précision du diagnostic dans les maladies du cœur.
— Influence de la respiration sur la circulation dans les maladies du cœur et des vaisseaux. — Résultats empiriques fournis par les caractères du pouls et de la pulsation du cœur dans les maladies.
Les lois physiologiques se retrouvent dans les troubles pathologiques de la circulation.
§382.— En abordant l'étude pathologique delà circulation, nous n'entrons pas dans une voie nouvelle : la pathologie, en effet, n'est pas soumise à des lois spéciales, et les maladies n'amènent parfois qu'un trouble très léger dans l'harmonie des fonctions. Si la doctrine de Broussais, subissant le sort de tous les systèmes a priori, est aujourd'hui abandonnée, elle a laissé après elle une grande idée qui constitue toute une révolution médicale, c'est que la médecine est physiologique. C'est-à-dire que, dans la production des phénomènes morbides, il n'intervient pas de forces spéciales, mais seulement les forces qui président aux fonctions normales de la vie.
Lorsqu'un poison est introduit dans le sang, il exalte ou atténue les propriétés des tissus, excite ou paralyse certains nerfs, et entraîne ainsi des troubles de la circulation dont nous avons déjà cité quelques exemples (§332). Bien des causes morbifiques semblent agir de la môme manière.
marey, Circulation. 3-,
Les germes infectants qui pénètrent notre organisme et dans certaines maladies, s'y multiplient en quantités effroyables, ne paraissent pas troubler la circulation d'une manière directe et mécanique. Ces corpuscules sont, en général, trop ténus pour embarrasser le cours du sang dans les voies capillaires ; mais, par leur développement même, ils font subir aux humeurs une altération que nous pouvons concevoir comme analogue aux changements qu'éprouvent certains liquides sous l'influence de la fermentation. Le sang, dès lors, est empoisonné et provoque dans la circulation des troubles de différentes sortes.
Troubles de la circulation capillaire dans les maladies.
§ 383. — Les maladies dont le caractère dominant est un trouble de la circulation vasculaire ont été rassemblées par les nosologistes dans des groupes voisins les uns des autres ; on y trouve des affections dont les unes sont généralisées dans l'économie tout entière, tandis que d'autres se localisent dans un ou plusieurs organes. Ainsi, la fièvre et l'algidité avec leurs différentes formes, les états congestifs et inflammatoires, les hémorrhagies spontanées, etc. Les découvertes modernes sont venues justifier un pareil groupement, et montrer que l'élément principal de ces ; états morbides semble consister en une altération du mouvement du sang.
La couleur, le volume et la température des organes varient, en effet, quand leur état circulatoire change. C'est principalement cet ordre de phénomènes qui a attiré l'attention des médecins et leur a fait saisir une ressemblance symptomatique entre des affections souvent très diverses parleurs effets ou parleurs causes. Mais si la médecine ancienne a compris l'analogie qui existe entre ces différentes maladies , elle a été moins bien inspirée quand elle a cherché à assigner une cause à chacune d'elles; privée de notions physiologiques, elle fut réduite, pour expliquer les symptômes, à des hypothèses trop souvent prises pour des réalités.
De tout temps, la chaleur animale a été considérée comme le phénomène vital par excellence; depuis les légendes les plus anciennes jusqu'aux théories médicales contemporaines, on trouve, sous différentes formes, la môme idée: une combustion