‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 295 sur 431 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

incessante produit de la chaleur chez les êtres vivants; à la mort, le foyer s'éteint et le cadavre se refroidit.

En voyant que, dans certaines parties du corps, la température s'élève ou s'abaisse, on a conclu que dans ces parties la force vitale s'accroissait ou diminuait, de sorte que, peu à peu, la pathologie tout entière se réduisit à des accroissements ou à des diminutions de force, à des états sthéniques ou asthéniques, à des manifestations d'activité ou de passivité. Les noms changeaient, mais l'idée générale restait la même : partout on retrouvait ce dualisme fait de deux entités, la force et la faiblesse, déguisées sous des noms différents.

En ce qui concerne les changements qui se manifestent dans la température animale et qui constituent le phénomène le plus apparent dans certaines maladies, la physiologie nous apprend à distinguer les changements dans la production de chaleur, de ceux qui ne consistent qu'en une répartition anormale de cette chaleur dans l'économie.

On a vu (§ 362) que la production de chaleur en excès se traduit par une élévation de la température dans les centres et dans les parties périphériques tout à la fois, tandis qu'un trouble vasomoteur, s'il échauffe les régions superficielles, ne le fait qu'en refroidissant les parties profondes. On distinguera de la même manière le refroidissement qui tient à la production de la chaleur de celui qui dépend d'un obstacle à la circulation.

Des forces qui président » la circulation.

g 384. — Dans les chapitres qui précèdent, on a montré que la i; /> circulation présente des variations locales qui accélèrent ou ralentissent le cours du sang dans chaque organe, et des variations générales qui modifient la vitesse du courant sanguin dans l'organisme entier. Pour obtenir ces effets, il semble que la nature n'ait besoin que d'une seule force , la contractilité du cœur et des petits vaisseaux. Cette force, augmentée ou diminuée, soit dans une région circonscrite, soit dans une grande étendue du système vasculaire, rend compte de tous les changements de la circulation.

Des faits nombreux portent à admettre que le cœur accomplit un travail sensiblement uniforme et que, s'il accélère son rythme

les ondées qu'il envoie dans les arlères sont moins volumineuses, ou rencontrent moins de résistance; s'il ralentit ses mouvements, c'est qu'il envoie des ondées [dus abondantes, ou qu'il éprouve plus de résistance à se vider.

La pénétration plus ou moins abondante du sang dans le système artériel, ou dans une artère en particulier, donne naissance a des phénomènes très bien connus aujourd'hui, mais qu'il était impossible de comprendre autrefois. Et cependant, même avant la découverte .de la circulation du sang, on cherchait déjà à leur assigner une cause. C'était toujours en imaginant des forces ou des propriétés particulières du cœur et des vaisseaux qu'on faisait face à toutes les exigences. Ces hypothèses ont clé trop facilement acceptées par les générations suivantes, plus portées au respect des anciens qu'à la recherche toujours pénible de la vérité.

De nos jours encore, certains médecins sentant, au voisinage d'une partie enflammée, les artères battre avec une force insolite, attribuent ces pulsations exagérées à un surcroît de l'action des vaisseaux. Ne rétrogradent-ils pas, sans s'en douter, jusqu'à l'enfance de la médecine? N'invoquent-ils pas celte force pulsi/îque des artères que la découverte de Harvey eût dû pour jamais ensevelir dans l'oubli?

Suivant l'état de contraction ou de relâchement des petits vaisseaux, la circulation présente, dans les maladies, deux types opposés : celui de la forte tension artérielle et celui de la faible tension.

Caractères extérieurs de la forte et de la faible tension

artérielle.

§ 385. — L'uniformité du travail du cœur implique cette conséquence, que les variations de la circulation tiennent, presque exclu- CyjJ^L, sivement, à des changements de calibre des petits vaisseaux sous

l'influence du système nerveux vaso-moteur. Quand le relâchement - \m^v^\~^- se produit dans les vaisseaux d'une grande partie de l'organisme, il en résulte un abaissement de la tension artérielle ; quand c'est le resserrement des vaisseaux qui prédomine, les artères ont une forte tension. Ces deux états opposés de la circulation, à tension forte ou à tension faible , se traduisent par un ensemble de signes qui permettent de les distinguer chez l'homme, et d'apprécier l'état de la tension artérielle, presque aussi sûrement

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