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droit d'admettre que celte lésion elle-même a disparu. J'ai vu, pour mon compte, des exemples de guérison totale d'insuffisances aortiques très caractérisées.
Du reste, la parfaite connaissance de la nature d'une lésion du cœur permet seule d'instituer ce que l'on peut appeler l'hygiène spéciale du malade, et de prescrire des moyens destinés, tantôt à faciliter la circulation générale ou la circulation pulmonaire, tantôt à produire un resserrement des vaisseaux de la grande ou de la petite circulation.
L'étude graphique de la fonction du cœur et des vaisseaux est un excellent moyen de suivre les effets d'un traitement, et de saisir l'action des médicaments d'après la comparaison des types^ recueillis à différents intervalles après leur administration. C'est ainsi que Lorain, et après lui beaucoup d'éminents praticiens, ont étudié sur les malades les effets de la digitale, de l'opium, de la quinine, etc. La thérapeutique chirurgicale elle-même s'éclaire de cette méthode quand elle veut observer la marche de certaines guérisons, soit qu'il s'agisse de constater le retour graduel de la circulation d'un membre après une ligature d'artère, soit qu'il faille suivre, jour par jour, heure par heure, l'oblitération graduelle d'un anévrysme ou celle des vaisseaux d'une tumeur pulsatile.
Influences de la respiration sur la circulation dans les maladies «lu
cœur et des vaisseaux.
§ 390. — Dans la circulation normale, on aperçoit à peine sur le sphygmogramme les influences de la respiration ; mais, dans
Fig. 269. Influences exagérées de la respiration sur les caractères du pouls dans l'asthme.
les maladies, cette influence est parfois très marquée, soit que les mouvements respiratoiresagissent avec plus d'énergie.comme dans l'asthme (fig. 269), ou dans les cas d'obstacles au passage de l'air par
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les voies respiratoires ;soilquc le cœur ou les vaisseaux se trouvent dans un état qui les rende plus sensibles aux influences de la respiration. Un anévrysme de l'aorte, par exemple, rend par- Ibis les iniluences respiratoires sensibles jusque dans des artères très éloignées du cœur; d'autre part, certaines lésions du cœur, telles que la persistance du canal artériel, se traduisent par des ■Uul- inflexions du sphygmogramme qui correspondent aux phases de la respiration. Il est bien entendu que ces signes échappent entièrement au tact le plus exercé.
Les irrégularités du pouls sont quelquefois rythmées avec la respiration. Or, bien que le rôle de la respiration soit, dans ces cas, encore assez obscur, on arrivera bientôt peut-être à le comprendre. En effet, l'influence de la respiration modifie le rythme du cœur chez certains animaux, chez le chien par exemple (§ 100). Cette modification s'observe surtout, paraît-il, quand la tension artérielle est élevée. 11 y a là des rapprochements à faire, et des expériences à instituer; nous les signalons à l'attention des phy-
siologistes et des médecins.
Résultats empiriques fournis par les caractères du pouls et de la pulsation du cœur dans les maladies.
§ 391. — Il arrive quelquefois de rencontrer, dans certaines maladies, des formes du pouls ou de la pulsation du cœur qui se reproduisent à peu près constamment avec des types identiques,
Fig. 270. Caractères du pouls dans la colique de plomb.
sans qu'il soit possible d'assigner une cause à la production de ces formes. Dans ces cas, il est important de ne pas hasarder une théorie. Pourquoi le pouls de la colique de plomb et, en général, de l'intoxication saturnine, a-t-il des dicrotismes multiples et une ascension verticale (fig. 270)? Pourquoi l'insuffisance nritrale produit-elle, plus que toute autre lésion du cœur, l'irrégularité du pouls? Pourquoi les fièvres éruplives présentent-elles, souvent
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à leur début, un pouls fréquent, mais dépourvu des caractères de ia faible tension artérielle, etc.? Toute réponse actuelle à ces questions aurait l'inconvénient d'empêcher des recherches nouvelles; et pourtant on entrevoit déjà la cause probable de ces caractères du pouls. ,>
La colique de plomb paraît s'accompagner d'un surcroît ^^J^ C4~>3iy4 d'énergie de la systole du c o i . L'insuffisance mitrale, en^ produisant un reflux de sang du ventricule dans l'oreillette gau-^y^. ftA^j che, constitue une diminution du travail de la systole qui est ainsi avortée; cela permet au cœur d'exécuter, après une courte ^ ^ pause, une systole nouvelle (§ 217). Mais ces interprétations, noust^4 -JtC le répétons, seraient prématurées; des expériences spéciales, souvent répétées et variées de diverses manières, donneront seules une réponse satisfaisante à ces questions.
§ 392. — De V association des différents éléments de diagnostic. — La percussion, la palpation et l'auscultation sont les trois précieux moyens qui ont porté le diagnostic des affections du cœur à un haut degré de précision. Il n'y a rien à ajoutera ce qu'on trouve dans les traités classiques sur l'application qui peut en être faite, ni sur la préférence qui doit être accordée à chacun de ces moyens, suivant les cas particuliers ; mais il est utile de montrer comment l'inscription de la pulsation du cœur s'associe aux autres méthodes, et de faire ressortir les avantages de cette association.
La percussion du cœur et la palpation renseignent sur la position et sur le volume de l'organe central de la circulation ; elles déterminent le lieu où l'on doit rechercher la pulsation de chacun des ventricules; elles indiquent parfois un déplacement ou une augmentation de volume du cœur, par suite desquels la pulsation doit être explorée ailleurs qu'en son siège ordinaire. L'auscultation suffit bien souvent pour faire le diagnostic du siège de la lésion à laquelle on a affaire, de sorte que l'exploration graphique a surtout pour rôle de déterminer la nature des troubles que la lésion apporte dans la fonction du cœur.
Il y a toutefois des cas où l'auscultation gagne à être intimement combinée à l'exploration graphique. Ainsi, dans certaines lésions dont nous parlerons plus loin, le battement que la palpation perçoit n'est pas la pulsation véritable du cœur, c'est-à-dire qu'il ne correspond pas au début de la systole des ventricules. Or, en se servant d'un stéthoscope particulier, on peut inscrire la puisa-
tion cardiaque en môme temps qu'on ausculte les bruits du cœur. Au moment où se produit un souffle, on suit des yeux la courbe qui s'inscril; et dans cette forme, riche en détails, où se marquenl a la fois les systoles et les diastoles des cavités du cœur, on trouve, relativement au moment de la production des bruits, des renseignements bien plus complets et bien plus certains que ceux <jue donne le battement passager qui traduit a nos sens la systole des ventricules.
Jusqu'ici le stéthoscope qui se prête le mieux à cette double exploration est celui que Constantin Paul1 a imaginé. Cet instrument est formé d'un pavillon étroit qui communique avec deux ou plusieurs tubes flexibles que les observateurs s'introduisent dans les oreilles. Autour du pavillon du stéthoscope est un espace annulaire creux dans lequel on raréfie l'air au moyen d'une ventouse en caoutchouc. Ce vide fait adhérer le pavillon du stéthoscope aux parois thoraciques et maintient l'instrument dans une position fixe; en outre, le stéthoscope ainsi appliqué n'éprouve pas , sous l'influence des mouvements respiratoires, les degrés inégaux de pression contre la poitrine qui s'observent toujours quand l'instrument est maintenu avec la main.
Supposons qu'un des tubes du stéthoscope soit introduit dans le conduit auditif et que l'autre soit mis en rapport avec le tambour à levier d'un polygraphe ; en même temps qu'on entendra les bruits du cœur, on verra les pulsations s'inscrire, et en lisant sur ces dernières l'instant où se produit chacun des actes qui constituent une révolution du cœur, on sera renseigné sur l'instant précis auquel correspond le bruit que l'auscultation révèle.
Cet appareil semble susceptible de modifications qui le rendront plus apte à cette double exploration; mais, tel qu'il est, il rend déjà les plus grands services au diagnostic des lésions organiques du cœur.
En passant en revue les signes extérieurs de différentes maladies qui intéressent spécialement la fonction circulatoire, nous commencerons par les troubles vaso-moteurs , et nous conserverons pour la fin l'étude des lésions organiques du cœur et des vaisseaux.