CHAPITRE XXXV
fications du pouls clans les maladies que les types que j'avais pu recueillir moi-même, j'appelais de tous mes vœux le concours d'autres médecins qui, mieux placés que moi pour suivre, jour par jour, les phases des maladies, pouvaient rassembler des séries de tracés correspondant à l'état d'un même malade observé quotidiennement. Un grand nombre de médecins ont répondu à mon appel, et je pourrais aujourd'hui, si cela n'excédait l'étendue de ce chapitre, présenter de nombreux sphygmogrammes sur lesquels on suit, avec une admirable clarté, les transformations de l'état circulatoire dans les. maladies. Les lecteurs qui voudraient se convaincre de l'importance des modifications du pouls aux différentes phases des maladies n'ont qu'à se reporter aux remarquables travaux de mon regretté collègue et ami Lorain1.
§ 401. — Caractères du pouls dans l'état typhoïde. — Il ne faudrait pas croire que la maladie spéciale qui a reçu le nom de
Fig. 273. Série de sphygmogrammes recueillis, à des jours successifs, dans une fièvre typhoïde.
fièvre typhoïde présente une forme du pouls qui lui soit exclusive. A côté de cette maladie qui se caractérise anatomiquement par l'ulcération des plaques de Peyer, les pathologistes ont groupé
1. Lorain, le Pouls, éludes de médecine clinique. Paris, 1870. — Le Choléra ohservè à Vhôpilal Saint-Antoine. Paris, 1868. — De la température du corps lmmain et de ses variations dans les différentes maladies. Paris, 1877.
res affections qui, sous le nom d'états typhoïdes, présentent
Fig. 274. Série de sphygmogrammes recueillis à intervalles successifs dans la fièvre typhoïde,
par P. Lorain.
des phénomènes généraux assez analogues à ceux de la fièvre typhoïde proprement dite. Certaines pneumonies, les érysipèles
CHAPITRE XXXV. 569 graves, la septicémie (autrefois infection purulente), certaines j(* °r>^-j formes de la fièvre puerpérale, etc., présentent le faciès, l'abatte- ^ i*lX^< ment des forces musculaires, le délire qu'on observe dans la ^yl^ fièvre typhoïde ; la similitude s'étend aux caractères de la circulation du sang dans ces différentes affections , comme on en pourra juger d'après quelques tracés.
La figure 273 représente une série de tracés recueillis, à des jours successifs, sur un môme malade atteint de fièvre typhoïde. On y • voit le pouls prendre un dicrotisme de plus en plus prononcé pendant la phase d'augment (tracés l et 2), puis présenter un espace plus grand entre les deux ondes (tracés 3, 4) ; dans cet intervalle se glisse une troisième onde qui s'accentue de plus en plus (5 et 6) ; c'est la fin du plateau systolique, § 72, qui apparaît.
Les mêmes caractères s'observeront dans la figure 274 empruntée à l'ouvrage de Lorain (1). Ces derniers tracés ont été obtenus avec un sphygmographe qui grandissait les courbes environ deux fois plus que dans la figure 273.
L'apparition du triple rebondissement est un caractère impor- n tant de l'approche de la convalescence ; nous le rencontrerons à la fin des autres maladies fébriles. Au moment de la convalescence, le pouls présente parfois aussi un peu d'irrégularité.
Le caractère le plus marqué du pouls, dans la fièvre typhoïde, est assurément l'existence d'un dicrotisme très prononcé; ce phénomène semble tenir à la laxité extrême des parois artérielles, § 174, et à la grande perméabilité des capillaires. On retrouvé le dicrotisme, à peu près au même degré, dans les autres états typhoïdes, dans certaines pneumonies et érysipèles graves, ainsi que dans la septicémie. Certains agents, l'alcool, par exemple, à Bu~S mettent la circulation dans un état analogue à celui de la fièvre typhoïde : le pouls de l'ivresse, à moins qu'elle ne soit accom-%^
pagnée de troubles gastriques, présente à nn haut degré le dicro- Hfu tisme.
§ 402. — Du pouls dans la pneumonie à forme typhoïde. — J'em- , prunte encore à l'ouvrage de Lorain les sphygmogrammes représentés fig. 275; ils sont fournis par un malade qui, au cours d'une pneumonie, présenta les caractères de l'état typhoïde; le dicrotisme, très prononcé lorsqu'on examina le malade pour la pre-