‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 316 sur 431 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

profonde chez les malades. On va voir que cette comparaison fournit d'importantes notions sur la production de chaleur dans les différentes maladies. Toutefois, comme certaines tentatives de calorimétrie clinique ont été faites à différentes époques, il y a lieu de les rappeler en quelques mots.

De la calorimétrie clinique.

§ 412. — On doit rattacher à la calorimétrie certaines expériences dans lesquelles on a mesuré la quantité de chaleur qu'un malade cède, en un temps donné, à l'eau d'un bain. La première détermination de ce genre a été faite par Marteau l. Il s'agissait d'un homme qui, dans un espace de 8 à 10 minutes, avait échauffé d'un degré l'eau d'un bain froid où il était plongé; en calculant le poids de l'eau échauffée, on estima que le corps du malade avait cédé au bain environ 250 calories.

Liebermeister et son élève Kernig2 ont basé sur ce principe une \J méthode de calorimétrie clinique. Ces auteurs ont cru pouvoir conclure de leurs expériences que, chez certains malades, la production de chaleur est double ou triple de sa valeur normale. Mais, comme la température du bain, suivant qu'elle est plus ou moins ' élevée, semble, à elle seule, faire varier la production de chaleur, et comme, d'autre part, la mesure des quantités de chaleur cédées par l'organisme est entourée de causes d'erreur malgré les précautions les plus minutieuses, il semble encore presque impossible d'arriver, par cette méthode, à des évaluations précises.

On peut prévoir le moment où de vastes calorimètres3 recevront des malades et permeltront d'établir sur des mesures rigoureuses la distinction nosologique des maladies où la production de chaleur est augmentée et de celles où elle est diminuée. En attendant, on peut déjà savoir si, chez un malade, la production de chaleur est élevée ou abaissée. Ces indications, bien que purement relatives, sont d'une haute importance; elles sont fournies par le thermomètre.

1. Marteau, Lettres sur la chaleur, in-8°, 1748. (V. Lorain, de la Température humaine, t. I, p. 203.)

2. Kernig, Experimenlelle Beilràge sur Kennlniss der V armer egulier une, beim Mcnschen. Thèse Dorpat, 1864.

3. Voir, pour l'exposé de la calorigraphie, la Méthode graphique, p. 357 et 587.

Du la thcnnoinctrle clinique.

g 413. — La thermométrie ne donne de notions importantes sur la chaleur animale qu'autant que l'on compare la température v centrale à la température périphérique du corps. En effet, de simples changements dans la vitesse de la circulation, suivant qu'ils sont produits par un relâchement ou par un resserrement vasculaire, se traduisent par des variations de sens inverse des températures superficielle et profonde. Au contraire, tout changement dans la production de chaleur amènera des effets de même. Lw sens dans les différentes régions du corps : il y aura dès lors

Fig. 285. Schéma des répartitions de la température, suivant qu'il s'agit d'un changement dans la production de chaleur, ou d'un trouble circulatoire.

élévation simultanée, ou abaissement simultané des températures superficielle et profonde. Une figure schématique rendra ces lois faciles à comprendre.

Supposons que, sur un sujet sain, nous ayons mesuré la teinl pérature intérieure du corps et la température superficielle ; cette dernière sera toujours la plus basse, de sorte qu'on pourra exprimer la différence des deux températures par une ligne; inclinée , Norm., fig. 285, dans laquelle l'extrémité gauche exprime la température centrale (environ 37°,5 cent.), et l'extrémité droite la température superficielle, soit 32°.

Nous avons dit qu'un trouble vaso-moteur quelconque aura des . effets inverses sur les températures superficielle et profonde; ainsi, un relâchement des vaisseaux, en accélérant le cours du

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