‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 317 sur 431 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

sang, répartira les températures suivant la ligne ponctuée Vd, élevant la température superficielle, mais abaissant la température profonde, § 361.

D'autre part, un resserrement vasculaire répartira les températures suivant V?\ refroidissant la superficie et échauffant le centre.

Supposons, au contraire, que la production de chaleur soit modifiée. S'il s'agit d'un accroissement de cette production, tout s'échauffera à la fois, car l'excès de chaleur fera relâcher les vaisseaux, et la répartition des températures se fera suivant la ligne supérieure Prod-f . Si la production de chaleur est moindre, la répartition des températures se fera suivant la ligne Prod — .

Assurément, la valeur absolue des indications thermométriques varie beaucoup suivant la température ambiante, surtout pour les régions superficielles qui sont particulièrement exposées aux influences extérieures, mais le sens des variations sera celui qui vient d'être indiqué. Ce renseignement permettra donc de distinguer la nature des troubles que la maladie a amenés dans la température.

Cette méthode de thermométrie comparative suppose qu'au préalable on s'entende bien sur les lieux où devra être appliqué le thermomètre pour évaluer la température profonde et la température superficielle.

Lieux d'application da thermomètre.

§ 414. — De tous les points accessibles au thermomètre, le rectum est celui qui donne la température la plus approchée de celle des régions centrales; c'est donc celui qu'on doit préférer1. Il n'y a pas de difficulté à explorer la température rectale dans la

1. H. Kronecker vient d'imaginer, pour déterminer avec précision la température centrale dans les maladies , de petits thermomètres à déversement dont le volume est à peu près celui d'un noyau d'olive. Ces thermomètres peuvent être avalés impunément, et quand le malade les a rejetés, on constate un vide dans leur boule. En plongeant l'instrument dans de l'eau dont on élève graduellement la température, on fait dilater le mercure, et le vide disparaît à un moment donné. Quand le déversement du mercure est sur le point de se produire, on lit sur un thermomètre gradué la température de l'eau où les deux instruments sont plongés. Ce degré correspond exactement à la plus haute température à laquelle le thermomètre a été soumis dans l'intérieur du corps.

pratique des hôpitaux, mais dans la clientèle privée, beaucoup de médecins prennent la température dans la bouche. Ce choix est encore admissible, caria température buccale, bien que plus basse que celle du rectum, suit à peu près les variations de celle dernière. Mais une très mauvaise méthode consiste à appliquer le thermomètre dans l'aisselle; en effet, la température de cette région offre des changements qui sont parfois en désaccord complet avec ceux de la température du rectum et de la bouche.

La figure 286 montre cette singulière variation de la température de l'aisselle; elle est formée de trois courbes qui correspondent aux variations que subit la température de trois points différent

Fig. 286. Courbes des variations de la température de la main M, de la bouche B, de l'aisselle A, sous l'influence de changements dans la température de l'air extérieur.

du corps, la main, l'aisselle et la bouche, quand l'air ambiant est de plus en plus froid1.

Quand l'air était frais (16° cent.), la température de la main et celle de la bouche présentaient un écart de 3°; cet écart diminuait à mesure que l'air ambiant s'échauffait davantage. Par une chaleur de 3J°, il n'y avait plus qu'un demi-degré d'écart entre les températures de la bouche et de la main. Ce premier résultat con-

1. Les valeurs de la température ambiante se lisent sur la ligne des abscisses; celle température avarié de 16° à 31" centigrades, aux différents jours où l'on a expérimenté Sur l'axe des ordonnées est l'échelle des températures observées en chaque partie du corps; c'est à cette échelle que se rapportent les hauteurs des trois courbes : M, température de la main; A, température de l'aisselle; B, température de la bouche, le thermomètre étant placé sous la langue, et la respiration se faisant par le nez.

J'ai recueilli ces températures sur moi-môme, pendant l'été de 1858, ayant soin d'expérimenter toujours à la même heure, d'être toujours vêtu de la même façon (pantalon et veste de toile), et de ne commencer la détermination des trois températures qu'après être resté en repos et assis pendant une heure.

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