CHAPITRE XXXIX
porte à sa partie supérieure une tubulure verticale munie d'un large robinet. Quand ce robinet est ouvert, l'ampoule A peut changer de volume et obéir aux variations de la pression à son intérieur, car, suivant que celte ampoule se gonflera ou se resserrera, l'eau montera ou descendra dans la tubulure n. Mais quandle robinet est fermé, l'ampoule A nepeutebanger de volume ; elle est fixée, dans sa forme et sa capacité, parl'incompressibilité de l'eau qui l'environne.- On applique le sphygmographe sur le tube-artère, en aval de
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Fig. 303. Forints différentes du pouls artériel au-dessous d'un anéyrysme arlilidei, suivant que l,i poche est extensible [Ext.), ou rendue inextensible (Inexl.).
lanevrysme, en laissant ouvert le robinet supérieur. Le pouis/^^w^ tf+~A~*prend les caraclèies représentés (fig. 303) au commencement du
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sphygmogramme. Les pulsations sont faibles, la phase ascendante' en est très inclinée, le sommet arrondi. Au bout de quatre pu-l-^>vv~<^
sations on ferme le robinet. Aussitôt le pouls reprend ses caractères \!^XZ normaux: son amplitude plus grande, son sommet plus aigu et YJJ^S^U son dicrotisme.
Fig. 304. Formes différentes du pouls radial exploré au-dessous d'un anévrysme (ligne 2)
et du coto sain (ligne 1).
La môme transformation du pouls s'observe sur l'homme audessous d'une poche anévrysmale; elle est même souvent plus prononcée encore que celle dont le schéma vient de montrer un exemple. Ainsi (fig. 304) la ligne 2 est le pouls radial modifié chez un hommequi portait un volumineux anévrysme de l'artère humérale au voisinage du pli du coude. La ligne 1 est le pouls radial recueilli du côté sain, afin démontrer la différence des deux formes.
En somme, l'élasticité d'une poche anévrysmale agit sur le mou-
yement du sang comme l'élasticité de l'arbre artériel tout entier agit ello-môme pour transformer l'impulsion saccadée du cœur en un mouvement de plus en plus uniforme. La poche anévrysmale régularise prématurément le mouvement du sang, et tait que, dans une artère volumineuse, la pression et la vitesse du sang présentent l'uniformité qui ne s'observe, à l'état normal, que dans les dernières ramifications artérielles.
L'extinction des saccades dans la progression du sang implique cette conclusion, que la pression, à l'intérieur d'un anévrysme, sera moyenne entre les maxima et les minima de la pression artérielle. On peut s'en assurer en adaptant à la poche anévrysmale un manomètre compensateur, § 106; les deux colonnes de l'instrument seront sensiblement immobiles et fixées à la valeur moyenne de la pression du sang dans les artères l.
Retard du pouls au-dessous d un anévrysme.
§ 454. — La forme nouvelle que prend le pouls au-dessous d'un anévrysme consiste en une ampliation très lente de l'artère, au lieu de l'expansion brusque qui s'observe normalement. Supposons qu'un anévrysme existe sur l'une des artères humérales et que nous tâtions en même temps le pouls aux deux radiales; l'expansion plus brusque de l'artère saine donnera la sensation d'une anticipation du pouls du côté sain par rapport au côté de l'anévrysme.
Mais le retard apparent qui tient à la lente expansion du pouls au-dessous d'un anévrysme ne fait que s'ajouter à un retard réel que les médecins avaient déjà constaté, et que l'on peut démontrer en inscrivant en même temps le pouls des deux radiales, au moyen de deux sphygmographes à transmission 2 et d'un polygraphe. François-Franck5 a déterminé, dans un assez grand nombre de cas
1 . Cela n'est vrai que pour les cas de très grande extensibilité de la poche et de suppression complète du pouls au-dessous d'elle. En employant, comme anévrysmes artificiels, des poches de caoutchouc de plus en plus minces, on arrive, par transitions graduelles, de la simple atténuation du pouls à son extinction complète.
2. Dans la Physiologie médicale de la circulation,^ n'avais pu démontrer sur l'homme l'existence de ce retard réel, car je n'avais encore, pour étudier les caractères du pouls, que le sphygmographe simple qui ne permet la comparaison du pouls de deux artères qu'au moyen de deux inscriptions successives.
3. François-Franck, Recherches clinique* et expérimentales sur m valeur comparA