CHAPITRE XXXIX
d'anévrysmes des membres, le retard du pouls du côté de la le- ,; r*~ sion sur relui du côté sain. Il a trouvé ce retard constant; la valeur en était variable, suivant les cas, de 5 à 7 centièmes de seconde1. Pour ce physiologiste, le retard du pouls aurait môme, fa dans le diagnostic des anévrysmes, plus de valeur que son chan- jji gement d'amplitude, car le retard seul s'observe d'une manière \riÀ ■ ï'u**~] constante. En effet, certains anévrysmes du tronc brachio-céphalique intéressent, dans leur développement, le ganglion cervical inférieur, et paraissent amener une véritable paralysie vaso-mo- jh^^ <*^n trice dans le membre correspondant. lien résulte une augmen- H^^J la l ion du volume de la radiale, et, de ce chef, un accroissement ^ de l'amplitude du pouls, § 182, qui fait plus que compenser l'influence par laquelle l'élasticité de la tumeur tend à diminuer * y/i-JL z1 l'intensité de la pulsation. C^T^ i
De la pulsation «les tumeurs aiiévrjsiiialcs.
§ 455.— Les tumeurs anévrysmales sont le siège d'un mouvement p^ , ji ^ d'expansion très fort qui contraste avec la faiblesse du pouls artériel. Cette force de soulèvement delà tumeur tient à la large sur- ( f^^ +ï*Jf*~. face que ses parois présentent à la pression du sang. C'est un JL^JTX^I^ effet comparable au mécanisme de la presse hydraulique de Pas- 3 h-
cal dont on a déjà vu l'application quand il s'est agi d'expliquer l'augmentation de force des pulsations dans les artères relâchées. Dans l'anévrysme cet effet est tellement intense que si la
des signes fournis par l'examen du pouls radial dans les anévrysmes du tronc brachio-céphalique, de l'aorle et de l'artère sous-clavière. Importance du retard du pouls (Journ. de l'anal, cl de la physiol., t. XIV, 1878).
1. Quand on ne dispose pas de deux sphygmographes à transmission, on peut encore déterminer le retard inégal du pouls de deux artères homologues, au moyen de l'artifice suivant. Supposons que l'anévrysme siège sur l'une des artères numérales, et qu'on veuille constater le retard du pouls de la radiale correspondante sur celle du côté sain. On inscrit à la fois le pouls du côté malade et la pulsation du cœur, et on nu suie l'intervalle qui sépare ces deux pulsations, soit 21/100 de seconde. Puis, on inscrit le pouls de la radiale avec la pulsation du cœur, et l'on trouve un autre intervalle, par exemple 14/100 de seconde. Retranchant celte seconde durée de la première, on trouve une différence de 7/100 de seconde qui représente l'excès du retard du pouls sur la pulsation du cœur du côté de l'anévrysme. Il est clair que cette méthode indirecte, qui consiste à comparer deux pulsations à un troisième phénomène qui sert de point de repère, équivaut à la comparaison des deux pulsations artérielles 1 Me à l'autre. Au lieu de la pulsation du cœur, on pourrait également bien prendre te pouls carotidien comme point, de repère; le résultat serait, le môme.
tumeur est volumineuse, elle peut soulever à chaque battement un poids de plusieurs kilogrammes K Le plus souvent, les pulsations .les anévrysmes sont si fortes que, pour en recueillit- |(. tracé, il Paul explorer une région située ù la limite de la lumeur, en un lieu où le mouvement d'expansion ne présente pas son maximum, sans quoi l'excursion du levier dépasserait l'étendue du papier qui doit recevoir le tracé. C'est là qu'il faut appliquer le ressort du sphygmographe ou le bouton de l'explorateur à tambour.
Dans un cas d'anévrysme du tronc brachio-cépbalique, en recueillant comparativement le pouls radial droit, le pouls radial
Fig. 305. Formes différentes des pulsations recueillies dans un cas d'anévrysme du tronc brachiocéphalique. — Ligne l, pouls radial gauche ; lignes, pouls radial droit; ligne 3, pouls de jfl lumeur.
gauche, et la pulsation de la tumeur, j'ai obtenu la figure 30b dans laquelle on peut comparer les caractères des différentes pulsations. Le pouls de la tumeur, bien que recueilli dans un point où il ne présentait pas son maximum, se reconnaît encore à son amplitude extrême. Il présente aussi dans sa forme des caractères qu'il est important de faire remarquer.
§ 456. — Forme de la pulsation des tumeurs anévrysmales. — Le pouls des tumeurs anévrysmales, surtout lorsqu'elles sont situé^ sur des artères voisines du cœur, présente un mouvement d'expan-
1. On se rend Irès bien compte dé celle force expansive en opérant sur des anévrysmes artificiels adaptés aux artères du schéma. Quand on les saisit dans les mains pour lutter contre leur force de dilatation, il est à peu près impossible, en déployant toute sa force, d'empêcher le gonflement de la poche, si elle est grosse comme une orange. On comprend ainsi facilement les effets puissants que produisent les anévryfr mes: ceux-ci peuvent courber les os, rompre les articulations, perforer les surfaces oiseuses, par la pression énergique et constante qu'ils exercent.