CHAPITRE XLI
tisme, l'onde secondaire, § 163, n'a plus de point d'appui pour s'élancer dans l'aorte quand les valvules sont mal closes, de sorte que, plus l'insuffisance est prononcée, plus le dicrotisme est diminué : il est déjà éteint dans le n° 3 de la figure 326.
2 492. — Retentissement de la systole de V oreillette dans le tracé du poids artériel, dans les cas de large insuffisance aorlique. — A l'époque où le professeur J. Renaut (de Lyon) était chef de clinique à la Charité, il m'apporta un sphygmogramme recueilli sur la carotide d'un malade atteint d'insuffisance aortique. On y voyait, avant le début de chaque pulsation, une ondulation très prononcée qu'il supposait produite par un retentissement de la systole :1e l'oreillette sur la pression artérielle. En effet, dans l'insuffisance aortique, au moment où la systole de l'oreillette se produit, rien
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Fig. 327. Pulsation du cœur (ligne supérieure) et pouls carotidien (ligne inférieure) dans un cas de large insuffisance aortique. (On voit en o u, sur le tracé carotidien, le retentissement de la systole de l'oreillette.)
n'empêche le mouvement de se transmettre aux artères, puisque celles-ci communiquent avec le ventricule, de telle sorte que si l'oreillette a assez de force pour envoyer du sang dans le ventricule, elle doit élever aussi la pression dans l'arbre artériel. Le cas observé par Renaut ne resta pas longtemps isolé; François-Franck en rencontra d'autres, moins nets, il est vrai, mais très concluants *.
L'un de ces cas est consigné dans une thèse de doctorat soutenue en 1878 par Debord : nous le reproduisons (fig. 327). 11 est évident que la production de ce signe correspond aux plus hauts degrés
1. Du reste on reproduit sur le schéma cette forme du pouls lorsqu'on a créé une nsuffisance aortique. Il faut toutefois donner à la systole de l'oreillette plus de force qu'à l'état normal, ce qui semble prouver qu'une hypertrophie de l'oreillette doit exister quand on observe sur le vivant le retentissement de son action sur le pouls.
de l'insuffisance aortique; elle suppose en effet que le ventricule s'est mis en équilibre de tension avec les artères au moment de la systole de l'oreillette. Dans les perforations très larges des valvules sigmoïdes, l'action du ventricule serait presque réduite a imprimer au sang des mouvements oscillatoires; l'oreillette semble avoir alors un rôle important dans la circulation cardiaque : si elle acquiert un surcroît de force par l'hypertrophie de ses parois, elle compense en partie l'inefficacité des systoles ventriculaires.
g 493. — Augmentation apparente du retard du pouls sur la pulsation du cœur dans l'insuffisance aortique. — Les cliniciens ont signalé dans l'insuffisance aortique l'existence d'un retard exagéré du pouls carotidien sur la pulsation du cœur. Un mémoire de Tripier1 relate un grand nombre de cas où l'auteur a observé ce retard exagéré. Mais François-Franck2 a donné la véritable explication de ce phénomène qui ne consiste qu'en une illusion du tact dans l'exploration de la pulsation du cœur. Il est bien certain que le tact, même très exercé, ne révèle pas les détails de la pulsation cardiaque et qu'il ne sent qu'un battement plus ou moins brusque, un choc, suivant l'expression longtemps consacrée. Ce choc, à l'état sain, arrive au moment où le ventricule augmente brusquement de consistance; or dans l'insuffisance aortique le brusque changement de consistance se trouve au début de la diastole, c'està-dire au moment du reflux du sang aortique dans le ventricule.
Qu'on se reporte à la figure 324, moitié A, on verra que la systole véritable ne consiste plus qu'en une augmentation très légère de la pression dans le ventricule et par conséquent en un très léger durcissement de cette cavité. Pour le tact, le choc se fera donc au début de la diastole ; aussi ne faut-il pas s'étonner que le pouls artériel paraisse subir un grand retard, puisque toute la durée de la diastole doit s'accomplir avant que la systole fasse naître une pulsation dans les artères.
Le retard réel du pouls, bien loin d'être exagéré, serait plutôt diminué par l'insuffisance aortique, le passage- du sang dans l'aorte se faisant alors dès le début de la systole ventriculaire à cause de la faible pression artérielle.
1. B. Tripier, Revue mensuelle de médecine el de chirurgie (janvier 1877).