‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 361 sur 431 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

première, mais elles sont suivies d'une élévation de pression brusque et saccadée (/ a' qui traduit la réplétion des ventricules par le reflux aortique. Lorsque celle réplétion est accomplie, la systole ventriculaire n'a plus à créer que l'effort supplémentaire a 6, a'b\ pour envoyer le sang clans l'aorte, de sorle que l'effort systolique n'élève la pression intra-ventriculaire que faiblement, en comparaison de l'élévation qui dépend du reflux par la valvule perforée. On remarque en outre, dans celte figure, que la fréquence des mouvements du cœur est augmentée.

Quelquefois les changements de pression dans le ventricule ont plus d'amplitude qu'à l'état sain, cela tient à une chute plus profonde après la>ystole ventriculaire. La figure théorique 322 rend compte de cette transformation; elle est formée d'un trait ponc-

. Ig. 321. Figure ibéorique montrant (ligne ponctuée CI.) les modifications quo l'insuflisancu aortique apporte a la courbe normale (C.N.) de la pression ventriciïaire

lue pour représenter les parties où le tracé de l'insuffisance aorlique s'écarte du type normal.

En même temps que ces phénomènes se passent dans le ventricule, on observe des changement notables dans la circulation artérielle. Le sang pénètre brusquement dans l'aorte parce que la pression s'y trouve diminuée par le reflux même du sang- il s'ensuit que le pouls aortique présente à son début une brusquerie insolite. ^

L'ondée ventriculaire pénètre dans l'aorte en deux temps • brusquement d'abord, à cause de la faible tension dans ce vaisseau, puis d'une manière plus lente quand l'aorte, déjà plus remplie, résiste davantage à la pénétration du sang

La figure 323 montre, dans sa première moitié, la pression intraventneutoe explorée avec la sonde cardiaque, après la production

de l'insuffisance aortique. Au milieu du tracé, on a retiré la sonde

Fig. 323. Pression dans b ventricule gauche A, et dans l'aorte B d'un cheval, après la production

d'une insuflisance aortique.

dans l'aorte et l'on y peut constater le caractère saccadé de la pé-

Fig. 324. Série de cardiogrammes recueillis sur l'homme dans plusieurs cas d'insuflisance

aortique. (Le tracé 4 est emprunté à Rosenslein.)

nétration du sang, caractère qui se conserve parfois dans le pouls des artères les plus éloignées du cœur : cela s'observe, par exemple,

CHAPITRE XLI. 677 dans le cas où l'ossification sénile complique une insuffisance aorlique.

La forme que nous venons de montrer dans le tracé de la près- % <l.<*-J sion intra-ventriculaire doit se retrouver dans celui de la pulsation du cœur. On le reconnaîtra dans les cardiogrammes que nous représentons (fig. 324), et qui tous correspondent à des cas bien déterminés d'insuffisance aortique chez l'homme.

g 491. — Modifications du pouls artériel par l'insuffisance aorlique. — L'un des caractères les plus importants de l'insuffisance ùr^^*^ h** aorlique est le pouls brusque et violent que Corrigan et Hope ont signalé dans cette lésion et qui permet souvent de la diagnostiquer à distance : les battements des carotides sont visibles chez la plupart des sujets atteints de cette maladie. On attribue, en général, ce pouls violent à un surcroît de force acquis par le cœur hypertrophié, et ce qui contribue à répandçe cette opinion, c'est

Fig, 325. Modifications du pouls artériel par l'insuffisance aortique. (Artère faciale du cheval. A avant, B après la production de l'insuffisance.)

que le ventricule gauche s'hypertrophie et se dilate en effet à la suite de l'insuffisance aortique. Mais cette hypertrophie n'est pas nécessaire à la production du pouls dit de Corrigan; ce pouls est l'effet mécanique de l'insuffisance aortique elle-même, il apparaît aussitôt que cette lésion est produite sur un animal.

Dans les expériences mentionnées ci-dessus, nous avons inscrit avec Chauveau les pulsations d'une artère, la faciale, sur un cheval sain : le tracé est celui qui occupe la première partie A de la fig. 325; on y reconnaît les caractères normaux du pouls de cette artère, g 165 (fig. 139). A peine l'insuffisance aortique était-elle produite, que le pouls prenait les caractères représentés dans la moitié B : l'amplitude est devenue énorme et, chose à remarquer,

cette modification dépend presque exclusivement do l'abaissement des minima de la pression. Il se produit, sous l'influence du reflux du sang artériel dans le ventricule, une chute profonde de la pression du sang dans les artères1.

Le pouls radial de l'homme présente, dans l'insuffisance aortique, une brusquerie et une amplitude très grandes, môme dans les cas où la lésion n'est pas très prononcée. La figure 326 offre des exemples de cette brusquerie du pouls. La période d'ascension est tel-

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Fig. 32G. Série de types du pouls chez l'homme dans l'insuffisance aorlique.

lement rapide que le trait qui l'exprime est presque vertical et se termine par une pointe aiguë ou par un crochet suivant la forme ultérieure de la pulsation 2.

En outre, l'insuffisance aortique diminue l'intensité du dicro-

1 . C'est encore par l'abaissement des minima de la pression que se fait l'augmentation d'amplitude du pouls quand un relâchement vasculaire diminue la tension artérielle, §185.

2. La brusquerie est un peu atténuée dans ces pulsations par la nature même de l'appareil employé pour les recueillir ; le sphygmoscope n'obéit pas aussi instantanément aux élévations de la pression du sang que le levier du sphygmographe. Cette pointe tient à une légère vibration du levier trop brusquement soulevé; elle est très atténuée dans les tracés obtenus avec le nouveau sphygmographe modifié dans la disposition § 137; mais ce signe reste encore très rcconnaissable.

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