CHAPITRE I
présente alors la coloralion foncée, caractéristique du sang veineux de la grande circulation. Les veines versent le sang dans l'oreillette droite. Ce premier circuit, de CG en CD, correspondant, sur la figure l, à l'anse vasculaire inférieure, c'est la circulation générale.
Arrivé dans l'oreillette droite, le sang veineux passe dans la ventricule droit, qui le chasse de nouveau dans un circuit analogue au premier, mais de moindre étendue : c'est la circulation pulmonaire ou petite circulation. Lorsqu'il a traversé les capillaires du poumon, le sang est redevenu rouge et garde ce caractère jusqu'à ce qu'il arrive de nouveau aux capillaires de la grande circulation dans lesquels il redeviendra noir ou veineux1. Ce double circuit parcouru par le sang représente la circulation telle que Harvey l'a découverte et démontrée.
De la quantité de sang qui existe dans 1 organisme.
§ 2. — Les efforts des physiologistes pour déterminer le rapport du poids du sang au poids total du corps n'ont jamais donné que des résultats fort douteux. Cela tient d'une part à la défectuosité des méthodes employées; d'autre part à la variabilité de la quantité de sang contenue dans l'organisme suivant différentes circonstances. C'est de 1/3 à 1/20 du poids du corps que varient les estimations des physiologistes. Or, si l'on considère à quel point les méthodes d'évaluations sont peu précises, on ne s'étonnera pas qu'elles aient donné de pareils écarts. Certains physiologistes ont tué des animaux par hémorrhagie et se sont bornés à peser le sanrecueilli, pour en comparer le poids à celui du corps tout entier* Allen Moulins* semble être le premier qui ait essayé ce genre de mensuration; il n'estime le poids du sang qu'à 1/20 de celui du corps. La méthode des hémorrhagies a donné de très grands écarts dans les évaluations de la masse du sang, puisqu'elle a fait croire à Haller1 que le sang entrait pour 1/3 dans le poids
ai' d0inff^r'M- î TéSTr toS b tt«m'° 1 lès dîfféreHdes Jc coloration du sa,,* ""X dlfféfen 8 1 ,s de 80n Net, en donnant une teinte plus foncée aux voies nâ
^Allen Moulins, On tkc qùantity of Blood tn Mm. (Pl.il. Trans., h- 191, 3. Haller, Elemenla Physiologie, t. II, p. -2.
total du corps. Du reste, les auteurs ont eu soin de distinguer les cas où l'hémorrhagie se fait en une seule fois, de ceux où la soustraction du sang est effectuée d'une manière intermittente avec de longs intervalles entre les saignées. La masse du sang se répare alors entre les hémorrhagies successives.
Valentin1 a inauguré une autre méthode. Après avoir fait une saignée à un animal, de manière à recueillir un échantillon de sang, il injecte dans les vaisseaux une quantité connue de chlorure de sodium et recherche, dans une nouvelle saignée, la proportion de ce sel. De l'analyse comparative des deux échantillons de sang, Valentin déduit la masse totale de ce liquide qu'il évalue à 1/4 ou 1/7 du poids du corps. L'élimination du sel marin par les sécrétions est un écueil qu'on ne peut éviter dans l'emploi de cette méthode, et qui tend à faire considérer la masse du sang comme plus considérable qu'elle n'est réellement. Le même reproche peut s'appliquer à l'emploi d'autres sels qui s'éliminent également ou qui se fixent dans les tissus.
Welcher 2 est l'auteur d'une méthode qui consiste à entraîner par le lavage tout le sang de l'organisme, et à estimer par des procédés chromométriques, la quantité de sang qui est nécessaire pour donner à la masse liquide obtenue la coloration qu'elle présente. La numération des globules, avant et après l'injection d'une certaine quantité d'eau dans les vaisseaux n'est pas non plus à l'abri de toute critique; en effet, l'eau injectée dans l'organisme n'y séjourne pas longtemps et est éliminée par les sécrétions3.
Cl. Bernard4 a du reste montré l'incertitude de pareilles déterminations, attendu que la masse du sang change continuellement;
L Valentin, Versueh uber die in den thierischen Kôrper enthaltene Blutmenge. (Repertorium fur Anal, und Physiol., 1837, liv. II, p. 281.)
2. Welcher, BlutkÔrperchen Zàhluny and farbepriifendc Méthode. {Vierteljahi schrift fur die praklische Heilkunde.) Prag., 1834.
3. lia/assez (Soc. de Biologie, 1872, et Aroh. de physiol. , 1874) a mod.fie très avan ageusement ces méthodes, en substituant à l'eau un liquide qu, n'altère pas les globu s (solution faible de gomme et de sulfate de soude). Les expériences que Malasscz cons.ïïe mme les plu" précises pour la détermination du volume total du -g cons, en à tuer un animal par hémorrhagie et à extraire des tissus broyés tout le sang qu ,1 reZZZ en Jlavant avec le sérum artificiel. Mélangeant le sang jecuej h de diverses manières, on arrive, par la numérat.on des globules a det m ner k nombre total de ceux-ci, et le poids total du sang, d'apr s un 6ch.nl.Uon rec ed » » > * dont on détermine également la richesse en globules. Le rapport du po.ds du sang celui du corps serait environ 1/9. ^ii^atinna des li~
4. Cl. Bernard, Leçons sur les propriétés physiologiques et les alteiationo
,j aides de l'organisme, 1859, t. I, p. 419.