CHAPITRE I
elle se réduit par concentration sous l'influence de l'abstinence de boissons combinée à celle d'une température élevée et d'une atmosphère sèche, tandis qu'après l'ingestion de boissons, la masse du sang s'accroît de la quantité du liquide absorbé. Ainsi s'expliquent les différences des effets obtenus en injectant une même dose de poison dans le sang d'un animal à jeun ou dans celui d'un animal qui vient d'absorber des liquides. Dans ce dernier cas, le poison dissous dans une plus grande masse de sang a des effets atténués.
Ces variations de la masse du sang que contient l'organisme n'amènent pas de troubles dans la circulation. L'élasticité du système veineux se prête à loger des quantités de sang variables, ce qui se traduit, après l'absorption de boissons abondantes, par un gonflement très apparent des veines superficielles.
Capacités comparées de la grande et de la petite circulation.
§ 3. — Bien que les méthodes dont on dispose pour estimer la quantité de sang contenue dans l'organisme ne puissent donner que des résultats approximatifs, il est important de signaler les tentatives faites en vue de mesurer la capacité de la circulation pulmonaire par rapport à celle de la grande circulation. Jolyet et Tauziac* ont essayé de déterminer ce rapport par deux méthodes différentes.
Sur un animal curarisé et soumis à la respiration artificielle ces physiologistes ont mis le cœur à nu; puis, liant en masse les gros yaisseaux au niveau du cœur, ont arrêté du même coup la grande et la petite circulation. Ils retirèrent ensuite, par lavage fi le sang contenu dans les deux cœurs et dans les deux appareils
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les quantités de sang renfermées dans la grande et dans la petite circulation Cette expérience donna pour les capacités rela't v \ \ des deux circulations le rapport de 2 à 11 M
Comme, dans cette expérience, la cage thoracique doit être ou verte ce qui produit l'affaissement du poumon et diminue ïa quantité de sang contenue dans cet organe, Jolyet et Tauz'c o ni
tt Jolyet et Tauziac, Lab. deméd. expérim., Bordeaux, 1880.
estimé par la méthode de Hering (Yoy. chap. xix) la vitesse du sang qui traverse le poumon, en la comparant à la vitesse de la circulation générale; ils ont trouvé que la circulation pulmonaire s'effectue environ quatre fois plus vite que la grande circulation, d'oii il résulte que la masse du sang contenu dans le poumon est quatre fois moindre que celle que renferme le reste du corps.
Les auteurs de ces expériences ne se dissimulent pas l'incertitude de pareilles déterminations , mais , dans l'état actuel de la science, il n'existe pas de mesure plus précise.
Disposition mécanique des deux cœurs.
3 4 — C'est à l'action du cœur qu'est due l'impulsion qui fait mouvoir le sang. Le cœur agit à la façon d'une pompe et pour
Fig. 2. Coupe théorique des deux moitiés du cœur.
cela présente des soupapes ou valvules qui règlent le sens dans lequel se fait le mouvement du liquide.
La figure 2, empruntée à Cl. Bernard, indique les rapports des différâtes cavités du cœur entre elles et avec les gros vaisseaux Une coupe verticale a été pratiquée pour montrer la juxtapos ion des deux cœurs; od est l'oreillette droite et v.d le ventricule