‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 50 sur 431 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Influence de la pression veineuse sur le travail du cœur.

§ 49. — La hauteur du réservoir d'alimentation qui envoie au cœur le sang veineux règle la réplétion de cet organe pendant sa phase diastolique; d'où cette conséquence, que, sous une charge veineuse trop faible, le cœur, ne recevant qu'une quantité insuffisante de sang, n'enverra qu'une faible ondée, même s'il se trouve

Fig. 30. neprésentalion graphique des débits du cœur d'uno tortue sous différentes charges veineuses.

dans les conditions les plus favorables pour son travail, relativement à la charge artérielle. En élevant la charge veineuse , on obtient un accroissement du débit du cœur, c'est-à-dire du travail ; cet accroissement, sensiblement proportionnel à la charge jusqu'à 25"" (fig. 30), est inoins prononcé pour des pressions veineuses plus élevées1.

i. Toutes ces expériences, faites avec l'éprouvette graduée, demandent beaucoup de temps; il serait plus avantageux de recourir, pour mesurer les variations de débit «1" cœur, aux moyens d'inscription des débits. Voy. Mélh. graph., p. 214.

Variation» du travail du coeur uvec la température.

g 50. — Des expériences faites avec la circulation artificielle ont montré que, sous une même pression, la température plus ou moins élevée à laquelle on soumet le cœur fait varier le travail. L'échauffement accélère le rythme du cœur et augmente d'abord le travail produit en un temps donné; mais bientôt on constate que, par la plus grande rapidité de ses mouvements, le ventricule n'a plus le temps d'effectuer sa réplétion d'une manière complète, les systoles, quoique plus nombreuses en un temps donné, ne représentent, chacune, qu'un moindre débit, d'où résulte une diminution du travail total1.

On verra plus loin que ces influences diverses se retrouvent dans les conditions normales de la circulation, et que le travail

"~ du cœur varie sous l'influence des pressions artérielle et veineuse ; qu'il varie également sous l'influence des températures ; enfin, que l'accroissement de fréquence des pulsations du cœur n'implique pas toujours une plus abondante pénétration du sang dans le système artériel. On sait déjà que, parmi les nerfs qui modifient la fréquence des mouvements du cœur, il en est avec lesquels l'accroissement de fréquence est racheté par la diminution de volume des ondées ventriculaires; tel serait l'effet de l'accélération de la fréquence du cœur par l'excitation des filets sympathiques du plexus cardiaque, § 40 ; d'autres effets accélérateurs, ceux qui suivent la section des nerfs vagues, § 35, semblent s'ac-

^ compagner d'une augmentation réelle du travail du cœur; dans ce dernier cas, les ondées ventriculaires ne perdraient donc pas en volume autant qu'elles gagnent en fréquence.

1 Le même phénomène se produit pour le travail des autres muscles, qui croit d'abord, puis décroit par suite d'une élévation graduelle de la température. Signalons ici les expériences de E. Cyon sur les effets de la température sur le travail du {Reichert et Du Bois-Reymond's Arch., 1866.)

cœur.

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