‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 52 sur 431 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ventricules et tient à la clôture des valvules sigmoïclcs1. Or, l'un des deux bruits coïncide exactement avec le battement du cœur; la question se réduit donc à savoir à quel moment de la révolution cardiaque se produit ce battement. C'est précisément la divergence d'opinions à cet égard qui a donné naissance à tant de théories différentes sur la signification du battement et des bruits du cœur.

Il y a une vingtaine d'années deux théories surtout régnaient en France parmi les médecins. L'une, la plus répandue il est vrai, avait été donnée par Harvey2; elle avait été confirmée par les expériences d'un comité de médecins qui s'était constitué à Dublin en 1836 *; par les recherches plus récentes de Chauveau et Faivre4; enfin elle était défendue en France par le professeur Bouillaud'. Cette théorie considérait le battement du cœur comme produit par la systole des ventricules. Mais ses partisans avaient peine à expliquer comment les ventricules pouvaient, en se vidant, battre contre les parois de la poitrine. On verra, dans le chapitre x, consacré à la pulsation du cœur, que les explications données à cet égard n'étaient pas exactes.

L'autre théorie était soutenue par Beau3 et avait entraîné un grand nombre de partisans; elle consistait à admettre que le battement du cœur était dû à l'expansion soudaine du ventricule gonflé de sang au moment de la systole de l'oreillette. Avec un semblant de logique, l'auteur disait qu'il est bien plus facile de comprendre qu'un ventricule batte contre les parois thoraciques au moment où il se gonfle qu'au moment où il diminue de volume. Beau invoquait du reste, comme ses adversaires des expériences en faveur de son opinion. Il s'appuyait particulièrement sur les phénomènes que l'on observe quand on examine

1. Comme il y a quatre valvules dans le double cœur de l'homme etdesn»mn,if^c

estes r sSr.ws *ç? t:

'2. Harvey, Exercitatio de motu cordis et sanaui*,,'* tvAïi ■

3. Report on the motions and soLTclSZT Fr&UCΰrl> 1628^ the Médical Section. (Report ofZVJ, t a '• ? the Dublin ««b-commitee of Sciences, 1835-1836 ) 1 Association for the Advancemenl of

4. Chauveau et Faivrc, Gazette médicale de Paris, 1856 •">. Beau, Traité d 'auscultation.

mahry, Circulation.

le cœur d'une grenouille vivante dont on a ouvert la poitrine. Il est évident, à l'inspection de ce qui se passe alors, que les ventricules se distendent violemment à chaque systole des oreillettes, en repoussant les corps légers qu'on appuie sur eux. Mais ce battement des ventricules en diastole ne correspond pas à la véritable pulsation du cœur de la grenouille ; nous le démontrerons plus loin. Tout le malentendu paraît tenir à l'emploi de la grenouille pour étudier la succession des mouvements du cœur et au transport qu'on a fait aux animaux supérieurs d'une apparence observée sur ce batracien.

Tel était l'état de la question lorsque j'entrepris de trancher le différend au moyen d'expériences décisives. Avec le concours de mon ami Chauveau, déjà exercé à l'étude des mouvements du cœur sur les grands animaux, nous pûmes expérimenter sur des chevaux, ânes et mulets.

La méthode graphique nous parut devoir aisément résoudre les questions litigieuses; elle supplée, en effet, à 1 insuffisance des sens , quand il s'agit de déterminer les rapports de succession et de durée de phénomènes trop compliques et trop rapides.

Étude graphique de la auccessiou des mouvemeat* du eœur.

8 52 - Le lecteur a déjà vu plusieurs fois dans les chapitres qui précèdent comment, en inscrivant simultanément sur un cylindre ton nant les vibrations d'un signal électrique et les mouvements provoqués dans un muscle ou dans un cœur de grenouille, on détermine la durée et le nombre des excitations électriques, es phases du mouvement provoqué , l'intervalle qui sépare les excitations du mouvement, etc., § 36.

Dan le cas présent, il s'agissait d'inscrire à la fo.s les d.ileren ts actes du cœur dont nous voulions connaître la success.on e la f rte La solution d'un tel problème, qui n'est plus aujourd bu. au un cas particulier des inscriptions multiples simultanées', ne Sssait pas" que d'être assez embarrassante à l'époque ou ces

etS! pT ^inscrire 4. a fois trois des actes que

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