Voici comment se fait cette graduation
Prenons à la fois toutes les sondes manométriques sd et sg qui doivent servir dans une expérience et introduisons-les dans un flacon muni d'un bouchon à plusieurs tubulures (fig. 45), de telle sorte que chacune des tubulures livre passage à l'un des tubes à air qui relie l'ampoule manometrique à son tambour à levier inscripteur. Une tubulure spéciale laisse entrer dans le flacon un tube relié à un manomètre à mercure M; enfin, une dernière tubulure ouverte à l'extérieur permettra de fouler de l'air dans le flacon au moyen d'une pompe et d'y comprimer cet air sous des pressions variables.
Plaçons alors, suivant la méthode ordinaire, tous les leviers inscripteurs les uns audessus des autres et faisons-les tracer sur un cylindre enfumé.
Fig. 45. Disposition employée pour graduer les sondes manométriques.
Le flacon étant en libre communication avec l'air extérieur, toutes les sondes seront soumises a la press.on normale et les leviers occuperont sur le cylindre une position qui correspondra au zéro de la graduation. Imprimons un léger mouvement de rotation au cylindre et chacune des plumes tracera une ligne qui sera le zéro de l'échelle de la sonde correspondante.
Comprimons l'air dans le flacon, jusqu'à ce que le manomètre à mercure accuse une den.vellat.on d'un centimètre, les leviers, sous l'influence de la compression des ampoules manométriques, prendront une position nouvelle , et en faisant de nouveau tourner le cylindre, nous obtiendrons un second trait pour l'échelle de chacun des tambours à lev.er. On comprimera ensuite l'air du flacon, de manière à obtenir dans le manomètre une dénivellation do 2 centimètres de mercure, et on tracera la nouvelle posil.on des leviers. En procédant de la même manière par degrés successifs jusqu'à
Les tracés cardiographiques prennent alors leur valeur véritable et l'on peut comparer, à chaque instant, la pression qui existe dans l'oreillette droite à celle du ventricule droit, celle du ventricule droit à celle du gauche; enfin celle du ventricule gauche à celle du sang dans l'aorte, si l'on introduit dans cette artère une sonde manométrique de la façon que nous indiquerons tout à l'heure l.
Évaluation des pressions négatives dans le cœur,
g 75. — Pour lire avec plus de sûreté les valeurs mano'métriques des courbes cardiographiques, nous avons cherché, Chauveau et moi, à déterminer la valeur du zéro de la pression dans le cœur, et comme, à chaque révolution cardiaque, la pression dans l'oreil-
25 centimètres de pression, on aura une échelle suffisante pour mesurer les variations qui s'observent d'ordinaire dans la pression du sang. La figure 46 montre l'aspect de celte échelle graduée pour la sonde cardiaque gauche
Fig. 46. Un tracé des changements de la pression dans le ventricule gauche avec son échelle
de graduation.
(p. 90), et en face de cette échelle est un tracé des variations de pression dans le ventricule gauche pendant une révolution du cœur. On peut, de cette manière, attribuer à chacune des inflexions de la courbe la valeur manométrique qui lui correspond.
1. Une difficulté se présente encore dans la pratique, la voici : quand on vient de graduer les sondes, si on les introduit dans les cavités du cœur, la chaleur du sang, toujours supérieure à la température ambiante, dilate l'air contenu dans les sondes comme dans un thermomètre à air; une élévation des courbes s'ensuit et relève les niveaux au dessus du degré correspondant à la valeur réelle de la pression du sang. Dans les expériences faites avec Chauveau, nous avons réussi à éliminer celle cause d'erreur en faisant la graduation des sondes cardiaques dans un flacon où la température était portée à 38" centigrades, c'est-à-dire à peu près à la température du sang dans les cavilés du cœur.
CHAPITRE VJII. U3 letle droite et dans le ventricule gauche tombe toujours, pendant un certain temps, à zéro et même au-dessous, nous avions ainsi un témoin qui nous mettait à l'abri de toute erreur dans les estimations absolues de la pression.
Cette détermination du zéro se fait au moyen d'une sonde manométrique spéciale que nous avons nommée sonde à pressions négatives l.
1. Celte sonde est ainsi disposée : une ampoule métallique de forme olivaire (ûs 47) est mise en rapport avec un tube TV qui se rend au tambour à levier inscripteur. Cette ampoule est criblée de petits trous et revêtue d'une membrane mince et très souple qui sapphque exactement sur toute sa surface et qu'on lie autour du tube au point où il s unit a 1 ampoule. Avec cette disposition, toute pression positive supportée par l'ampoule ne fera qu appliquer plus intimement la membrane sur la surface métallique , mais ne pourra produire aucune compression de 1 air qui y est contenu, les trous dont l'ampoule est criblée étant
rop petits pour que la membrane élastique fasse saillie à leur intérieur. Mais si l'appareil est insensible aux pressions positives il est très sens.ble, au contraire, aux pressions négatives. En effet des que la pression à laquelle est soumis cet instrument tombe audessous de zéro, l'aspiralion qui se produit sur l'air intérieur de
ampoule décolle la membrane élastique qui la recouvre: on voit la poche de caoutchouc s'enfler et l'aspiralion se propager par les tubes de transmission jusqu'au tambour à levier, dont le tracé s'abaisse d autant plus que la pression qui agit sur la sonde est plus
Tour donner une idée du fonctionnement de cet instrument, mettons une sonde manométrique ordinaire et une sonde à pressions négatives dans un même réservoir où le va-et-vient d'un piston comprime et raréfie l'air
-iÏÏZ ~' avec dcux tambours à leviers s~ ^
La ligne SM est tracée par la sonde manométrique ordinaire: lali-„eSN par la sonrl. à pressas négatives. Or cette dernière ne donne que la partie inEure iï coult
Fig. 47. Ampoule de la sonde à pressions négatives.
Fig.48. ^.^^^^^j^, rçeueiHis aveo une sonde ^
ei avec une sonde a pressions négatives SN.
.nencen't l^Z ZP < e ToL tlt ^"S? T T P°i,US
pression est égale à zéro nous nC„ - 'S™ ^correspondent aux instants où la nométrique SM mids sonl les points v >rl ,ChcrC,1Cr.danS ,a coul'be d* <* sonde mâtiné ligne horizoïlequ f^CU^TS T*""' ^ °" Kpè^ marey, CirculaL ? ^on^a au zéro du tracé mano.
•yiv"
f|4 LA CIRCULATION DU SANG.
Plongée dans une cavité du cœur, cette sonde ne donne qu'un tracé partiel, car elle n'inscrit que les phases négatives de la pression. Soit, par exemple, le tracé de la pression dans l'oreillette droite; la sonde des pressions négatives le traduira (fig. 49). Le sommet des phases sysloliques y est tronqué et le niveau horizontal auquel ces troncatures ont lieu correspond aux instants où la pression, de négative qu'elle était, est devenue positive.
Fig 49 Tracé de la pression du sang dans l'oreillette droite d'un cheval, recueilli avec la sonde t5' à pressions négatives.
Si l'on reconstitue par une ligne ponctuée les sommets tronqués, on retrouvera l'aspect de la courbe auriculaire représentée dans la figure 40 et dont nous avons déjà fait l'analyse.
Cette sonde introduite dans les ventricules y détermine de la môme manière l'instant où la pression de négative qu elle était au début de la diastole devient positive l.
Détermination des valeurs absolue, de la pression dapres les tracés manométrlques.
» 76 Une fois connue la position du zéro de la pression dans un t' acé cardiographique, il est facile de lire, sur l'échelle de gmuation des sondes' nlo.étriques, la valeur absolue de la pression à laquelle correspond chaque point du trace.
sion qu'elle exprime. nPllt se comparer à celui d'une soupape
Lcqrôle de la sonde à P-=s ^Je do "atmosphère et s'ouvre aussitôt
qui se ferme por ^YXZZ^lLi inférieure à la pression atmosphérique.
que la pression qu: 'cnd a a ^aic de la circulation du sang, page 94 et suiv sur ^'^^^^uSStive, des détails plus étendus que j'ai cru devoir
la détermination de la piession n ^ secondairc.
écarter ici, comme n'ayant qu'une importance second.