DU CŒUR
Dislinction des deux bruils du. cœur. — fïapport des bruils du cœur aux phases d'une révolution cardiaque. — Cause des bruils du cœur. - Inlerprétalion des signes fournis par l'auscultation du cœur à l'état physiologique. — Dédoublement normal des bruits du cœur. — Reproduction artificielle des bruits du cœur.
Les expériences cardiographiques sur les grands animaux, en déterminant avec certitude la manière dont se succèdent les mouvements des différentes cavités du cœur, ont fixé l'opinion des médecins sur la véritable signification des signes extérieurs qui, sur l'homme, traduisent la fonction cardiaque. Ces signes sont de deux sortes : l'oreille appliquée sur la région précordiale entend des bruits deux fois plus fréquents que les pulsations des artères: le doigt, placé en face de la pointe du cœur, en sent le battement ou pulsation.
Ces signes extérieurs servent de repères au médecin qui ausculte un malade et lui permettent de reconnaître à quel instant de la révolution cardiaque se produisent certains phénomènes anormaux que l'auscultation ou la palpation révèlent.
Pour ausculter fructueusement/il faut donc être exactement fixé sur l'instant de la révolution cardiaque auquel se produisent les bruils et la pulsation du cœur. On sait déjà que la pulsation du cœur signale le début de la systole ventriculaire ; cette notion sert à déterminer l'instant de production des deux bruits.
Distinction des deux bruits du cœur.
I 81. - L'application de l'oreille sur la poitrine d'un homme sam fait percevoir à la fois tous les signes dont nous venons
de parler. La tête de l'observateur est légèrement soulevée par chacune des pulsations cardiaques; or, l'un des bruits coïncide exactement avec cette pulsation. On peut donc conclure que l'un des deux bruits du cœur coïncide exactement avec le début de la systole ventriculaire : c'est celui qu'on désigne sous le nom de premier bruit; l'autre arrive au bout d'un court instant; on le nomme second bruit. Puis il se fait un nouveau silence , après quoi une nouvelle pulsation du cœur arrive, accompagnée du I premier bruit de la révolution nouvelle. Cette distinction des deux bruits du cœur, basée sur la coïncidence de l'un d'eux avec la pulsation du cœur est très importante; toutes les fois que la I pulsation est franchement perceptible, elle permet de reconnaître i sans hésitation le premier bruit, ou bruit systolique, dont la pro- I duction est synchrone avec la pulsation du cœur elle-même.
Le rythme des bruits du cœur sert encore à les distinguer l'un I de l'autre, et ce caractère est précieux quand la pulsation du I cœur est difficile à percevoir, ce qui arrive assez souvent. Les intervalles ou silences qui séparent les bruits du cœur ne sont j pas égaux. Le plus court est celui qui sépare le premier bruit du I second : on l'appelle petit silence , tandis que le temps qui s'écoule entré le second bruit du cœur et le premier bruit de la révolution suivante est en général plus long : on le désigne sous le nom de 'grand silence.
Beaucoup d'auteurs ont essayé de représenter, au moyen de notations musicales, le rythme des bruits du cœur; mais les notations qu'ils ont données ne coïncident pas entre elles, ce qui s'explique aisément par les différences individuelles que présente le rythme de ces bruits. Nous allons recourir à une expression ana- j logue pour représenter le rythme cardiaque et les rapports qui existent entre les bruits et la pulsation du cœur.
!" bruit. T bruit. 1" bruit. T bruit.
| ifice. " G-d silence. | G-d silence.
Pulsation. Pulsation.
Le rythme du cœur suffit à lui seul, dans certains cas, pour di J tinguer le premier bruit du second, puisque, d'ordinaire après le gra'nd silence, c'est le premier bruit qu'on entend. Ce repère toutefois n'est pas infaillible : car la durée des deux silence, est t, variable, et quelquefois ces intervalles peuvent être égaux. Le cœur-