CHAPITRE X
sens et se réunissent en deux faisceaux pour se diriger en arrière et traverser la planche contre laquelle est fixé l'appareil, en passant par deux fentes verticales, à bords polis et glissants. Ces faisceaux de fils permettent d'actionner l'appareil et de donner au ventricule des resserrements et des relâchements alternatifs rythmés comme ceux du cœur. Un lourd pendule auquel on imprime des oscillations tend et relâche tour à tour les mailles du filet ventriculaire l.
Le reste de l'appareil est une imitation grossière de l'oreillette et des vaisseaux artériels2. Des valvules auriculo-ventriculaires et sigmoïdes dirigent le cours du liquide comme dans un cœur véritable.
En appliquant la main sur le ventricule pendant qu'on imprime des oscillations au pendule, on sent que, tour à tour, les doigts
Fig. 59; — Tracé de la pulsation ilu ventricule obtenu avec le précédent appareil.
dépriment les parois du ventricule, puis sont repoussés par le durcissement de cette poche. Or, on constate aisément que le moment où le doigt est repoussé, et éprouve une sensation identique à celle que donne la pulsation du cœur, correspond à celui où l'oscillation du pendule produit le resserrement ventriculaire.
Poussons plus loin l'analyse du phénomène et appliquons, audevant de la paroi ventriculaire, un appareil explorateur de la pulsation relié lui-même à un tambour inscripteur; nous recueillerons le tracé de cette pulsation artificielle et, si l'appareil est construit avec soin, nous constaterons que ce tracé est identique â celui de la pulsation d'un cœur véritable.
Le schéma qui vient d'être décrit ne donnait encore qu'une imi-
1. Le ressort II empoche les fils de traction de se détendre trop complètement penchât la phase de l'oscillation pendulaire qui les laisse relâches.
2. Voir, pour les détails : Marey. Éludes j/liysiologiques sur les caractères des battement* du oœur. [Journ. de l'Anat. et de la Physiol., 1865* p. 417.)
tation grossière de la forme de la pulsation cardiaque (Hg. 59) ; cela tenait à la défectuosité des moyens employés pour imiter la force systolique du cœur. Cette force était simulée par l'oscillation d'un poids qui exerçait une traction intermittente sur les mailles du filet renfermant la poche ventriculaire. J'obtins une imitation
sur un schéma plus perfectionné. — 0, effet de la systole
Fie 60 Tracé de la pulsation du cœur sur un schéma plus perlecuoii 6' ' de l'oreillette. — V, systole ventriculaire.
beaucoup plus parfaite au moyen d'un autre appareil dans lequel un mécanisme approprié produisait la constriction du ventricule, avec des phases plus analogues à celle du resserrement syslo-
llCIDans le nouvel appareil, j'imite à la fois l'action de l'oreillette
Pi- 6I. Tracé de la pulsation du cœur de l'homme - 0 et V, effets des systoles 6' de l'oreillette et du ventricule.
et celle du ventricule, de sorte que, sur le tracé obtenu, on retrouve tous les éléments de la pulsation d'un cœur d animal On en pourra juger par les figures 60 et 61, où sont rapproches deux tracés, recueillis : l'un sur le schéma, l'autre sur le cœur d un mammifère.
Double influence «es Cannent* de "t**"^* MC des ventricule* dans la pulsation du cœur.
g 94. - Une pulsation du cœur contient à la fois l'expression