‹ La Circulation MonétaireChapitre 10 sur 64 · RS · texte numérisé non relu

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L'arrêté du 20 novembre 1896, pris dés notre occupation ne faisait qu'appliquer ce taux également à tous les malgaches. En 1900, le taux de capitation était porté à b fr., les prestations ramenées à 30 jours avec fixation du rachat à 45 fr. L'arrêté du 30 octobre 1904 effectuant une réforme fiscale d'ensemble supprima lés prestations, sauf pour les travaux de village (fokon’olona) et demanda seulement aux indigenes une capitation comprenant, en une somme, toutes leurs obligations envers l'Administration. Le taux en était fixé de façon différente suivant la facilité qu'ont les régions de vendre leurs produits : les tarifs étaient de 20 fr., 15 fr., 10 fr. L'impôt ainsi établi fournissait près de 50 °/, des recettes du budget local et une somme totale de 12 millions. Les taux étaient cependant excessifs et au lieu d’être incité à une plus forte production, l'indigène découragé se borna à travailler pour l’impôt-et renonça à satisfaire aux besoins, même élémentaires, qu'il commençait à éprouver. Aussi des modérations durent être apportées dès 1906.

Le système et les tarifs fiscaux ne furent modifiés sérieusement qu’à la suite de la guerre qui détermina une production plus active et à des prix très rémunérateurs pour lindigène. Actuellement le taux minimum des impôts et taxes personnelles est d'environ 25 fr. dans le Sud. Mais sur les plateaux plus de 600.000 contribuables paient une taxe personnelle de 35 fr., augmentée de 7 fr. 50 pour la taxe d'assistance médicale, et dans les villes de 12 fr. 50 pour le rachat des prestations. Ce total de 55 fr. est considérable si l'on considère qu'il représente plus d’un mois de salaire pour les ouvriers non qualifiés. Pour les eultivateurs les taxes sur les rizières sont très modiques,

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mais il n’en est pas de même de l'impôt sur les bœufs qui atteint jusqu'à 1 fr. 50 par tête, alors que dans certaines régions, le prix des bœufs est descendu jusqu’à 30 fr. ; un impôt analogue sur les porcins a dû être supprimé, car plutôt que de payer l'impôt, Les indigènes préféraient tuer leurs animaux. En 1922, sur 69 millions de recettes ordinaires la taxe personnelle donnait 25 millions, et le droit sur les bœufs 11 millions ; la taxe d'assistance médicale donnait, en outre, près de 6 millions et les droits de place sur les marchés environ 1.500.000 francs.

Alors qu’en 1904 l'Administration admettait encore dans certaines régions d’acces difficile le recouvrement partiel en nature (caoutchouc, gomme, cire et. soie) le paiement de ces impôts indigènes est partout effectué maintenant en numéraire. Chaque année ces paiements exigent donc une circulation de plus de 40 millions de monnaie, versée également par tous, et qui constitue un des plus gros facteur des transactions intérieures. Il convient de remarquer que l'impôt personnel est perçu en plusieurs termes qui en facilitent le paiement, généralement par quart. Ce système empèche l'immobilisation du métal et les circulaires administratives ‘font valoir «qu’il est éminemment favorable à la production et par suite au développement du commerce ; il rappelle plus souvent à l'indigene l'obligation du travail et.constitue par suite un stimulant efficace ».

Mais toutes les sommes ainsi gagnées et payées par les indigènes ou par les européens créent encore de nouveaux échanges lorsqu'elles quittent les caisses de l'Administration pour payer le personnel, entreprendre des travaux, acheter du matériel et de l'outillage. L'exécution des grands travaux publics entraîna en

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