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Cependant l'importance des dépenses militaires tend à diminuer quoique leur chiffre d’après-guerre se maintienne autour de 20 millions. Ces dépenses correspondent, en effet, à des effectifs continuellement diminués. En 1910 le groupe de l'Afrique Orientale était déjà ramené à 10.000 hommes, en 1921 il compte à peine 6.000 hommes, la troupe étant presqu'uniquement constituée d’indigènes. La sécurité absolue du pays permet d'envisager encore une réduction de ces effectifs: ils ont une utilité surtout impériale et permettent le recrutement et la formation de troupes noires pour la Métropole. | |
Constatons donc qu'actuellement les dépenses des services militaires à Madagascar ne dépassent pas le montant des dépenses de la Colonie en France. Ces deux règlements de 20 à 24 millions se compensent, du reste, dans les écritures du Trésor et dans son compte avec la Caisse Centrale de Paris. Cet équililibre d'opérations budgétaires paraît devoir se maintenir tant que la Colonie n'aura pas à effectuer de grosses opérations d'emprunt extérieur.
A côlé des dépenses militaires, le budget de l'Etat effectue un certain nombre de paiements dans la colonie, paiements que nous relrouverons en examinant le fonctionnement du service du Trésor. Du fait de la guerre il a soldé de gros achats pour le ravitaillement national. Jusqu'en 1903 il donnait à la Colonie une subvention annuelle en vue de faciliter la constitution de Foutillage de Madagascar ; fixée d'abord à 1.800.000 francs en 1897 et 1898, cette allocation était progressivement diminuée. En sens inverse la Colonie a été appelée à participer aux dépenses militaires ; sa contribution, de 100.000 francs par an en 1904, a été portée à 200.000 francs en 1908, 300.000 francs en
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1910 : elle est restée fixée à 700.000 francs depuis la loi du 13 juiliet 1911. En outre : 4° elle paie les pensions et gratifications de réforme militaire liquidées par l'Etat aux soldats indigènes, ce qui représentait 72.000 francs en 1918, 275.000 francs en fin 1922 ; 2° elle rembourse les frais de transport et d'entretien des condamnés aux travaux forcés (loi de Finances du 26 déceinbre 1908) ; la dépense était de 100.000 francs en 1922.
Le facteur essentiel d'importations,de valeurs étant représenté par le budget colonial, nous trouvons maintenant en deuxieme lieu l'apport des capitaux métropolitains dans les entreprises locales. Sur les traces de l’armée d'occupation une masse de colons s'est portée vers l’île. Sur les mines d'or, un véritable rush de prospecteurs se produisit de 1900 à 4907. Attirées par le rétablissement rapide de la sécurité et les grandes facilités accordées par Ie Général Galliéni, des sociélés se créaient en France et investissaient des capitaux importants dans des entreprises commerciales et agricoles. Dans le programme de mise èn valeur des colonies nous trouvons une évaluation globale des capitaux des entreprises coloniales ; en considérant sculement celles constituées en société anonyme, le ministère dénombre à Madagascar : 14 entreprises commerciales avec 51 milllons de francs, 18 industrielles avec 40 millions et 19 agricoles et forestières avec 41 millions, soit un total-de 51 sociétés groupant 133 millions de francs. Nous étudierons plus loin l'influence de ces sociétés sur la circulation monétaire. Mais l'importance de leurs capitaux est remarquable pour une colonie de 25 ans, peuplée de 3 millions d'habitants, d'autant que la même statistique indique pour tout le groupe de l'A. O.F.
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beaucoup plus étendu et plus peuplé 81 entreprises groupant 261 millions et pour la riche Indo-Chine 74 entreprises avec 255 millions.
Le mouvement de formation des sociétés ones à Madagascar a été un peu spasmodique et particulièrement remarquable souslegouvernement du Général Galliéni et vers la fin de la guerre; il est pourtant loin d’être achevé, les possibilités du pays sont encore immenses et le besoin de capitaux métropolitains que nous signalerons, particulièrement pour les organisations de crédit, maintiendra longtemps encorè un courant de valeurs métropolitaines ou étrangères vers Madagascar.
Ces considérations s'appliquent entièrement au troisième facteur d'introduction des capitaux français, également spasmodique ; il est constitué par les emprunts de la colonie dans la Métropole. Nous les ,étudicrons plus complétement en examinant le crédit public; mais leur influence sur la balance des créances ct des dettes extérieures a été très sensible. Les 105 millions de francs prêtés à Ia Colo-, nie, en trois émissions, par les rentiers français ont en partie été dépensés dans le pays, mais pour une importante portion ils sont restés en France pour régler les grosses commandes de matériel, de rails et de ciment, nécessaires à l'outillage de la Colonie et qui ont grossi artificiellement le chiffre des importations. Si le grand programme de 300 millions était réalisé par voie d'emprunt on assisterait de même à des achats considérables dans la Métropole, créant un déséquilibre apparent dans Iles statistiques douanières. Mais en fait ces importations scraient réglées non avec les exportalions, mais avec une partie du produit de l'emprunt réalisé en France
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Nous voyons donc que le déficit global de 180
millions qui résulterait des statistiques douanières
jusqu'en 1920 est largement compensé par les dépen-
ses du budget colonial et par les opérations d'emprunt local. Celles-ci ont en outre permis la constitution du stock monétaire et l'établissement de travaux publics.
De même, la plus grosse partie des capilaux intro-
duits par les colons et par les sociétés commerciales n’ont pas été absorbés par les compensations de la balance des marchandises : la plupart des entreprises ont prospéré et ont incorporé leurs ressources originelles à leurs plantations, à leurs comptoirs et à leurs mines. Le paiement des dividendes, qui doit être effectué en France, n'empêche pas l'accroissement constant de ces organismes, qui intensifient chaque jour davantage la produetion et les exportations de l’île. ;
Les éléments que nous venons d'envisager, et qui complètent heureusement les chiffres de la balance commerciale, déjà très satisfaisante par ellemême, nous offrent donc des gages certäins d’équilibre économique et même d’accroissement de la pe duction locale. Leur examen nous a montré que commerce et les finances de Madagascar s sont étroitement liés au marché français. Cette harmonie de l’évolution économique de la Grande Ile et celte solidité des rapports qui l'unissent:avec la Mère Patrie
sont parmi les plus beaux résultats de l'œuvre colo-
niale accomplie à Madagascar.