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dans l'établissement de l'influence française à Madagascar est des plus importants. C’est seulement depuis la conquête française que Madagascar a été doté d’une. monnaie fiduciaire et d'une circulation de valeurs mobilières. | Nousn’envisageronsdans ce chapitre que la monnaie fiduciaire au sens étroit du mot, c’est-à-dire, les représentations de monnaie dont l'émission et la cireulation se rattachent aux finances publiques et au système monétaire. Nousétudierons lesautreséléments de représentation de valeurs, constitués par les effets de commerce et par les valeurs mobilières, en même temps que l’organisation du crédit dans la Colonie. Par contre, nous considérons comme valeurs fiduciaires se rattachant au crédit public les billets de la Banque de France bien qu’en théorie ces billets soient des sortes d'effets de commerce émis par un établissement privé. Mais leur circulation à Madagascar loin de toute agence de la Banque de France a un caractère nettement impérial et leur donne le caractère de papier monnaie d'Etat.
5 1. — Zniroduction des Billets de la Banque de France
Dès le débarquement du corps expéditionnaire en 1895, le service de la Trésorerie et des Postes aux armées eut à effectuer de gros maniements de fonds tant pour le paiement de la solde que pourleréglement des achats de vivres et de la main-d'œuvre locale. Il était abondamment ravitaillé en pièces de 5 francs françaises, acceptées aisément dans le pays. La paye des hommes de troupe et des travailleurs malgaches assurait rapidement la diffusion de ce stock. Les économies faites sur la solde par les officiers et soldats
rapatriés étaient transférées gratuitement parle Trésor à l’aide des mandats poste ou de mandats sur le caissier payeur central en France. | # Mais pour le paiement des grosses fournitures, le règlement des réquisitions et la constitution par les gradés d'économies notables il était très incommode de se servir des lourdes pièces de 5 francs. Aussi très rapidement les officiers et les fonctionnaires recherchèrent pour leur retour en France les billets de banque français : ilen est du reste de même pour toutes | les colonies munies ou non d’une monnaie locale : toujours les fonctionnaires des cadres généraux visent à une réalisation avantageuse de leur solde en billets de la métropole à-utiliser pendant leur congé. Les malgaches des villes accepterent aisément ces valeurs ‘très demandées, faciles à manier et à convertir en piastres. Mais cette circulation resta très longtemps une tolérance. Elle ne s'acclimata jamais bien dans la brousse. La valeur minimum des biilets était, en effet, de 50 francs et cette somme constituait une réelle fortune pour la plupart de nos sujet. En outre tout papier monnaie est d’une conservation difficile pour des gens habitués à enterrer leurs réserves dans un coin de case et à transporter leurs piastres dans un pli de vêtement où elles ne craignent ni la sueur, ni les orages diluviens, ni les passages de rivière à gué. Actuellement encore malgré le fractionnement des billets de 10 fr. et 5 fr. l'indigène de brousse trouve à bon droit le papier monnaie incommodeet dangereux ; s’il est obligé de l’accepter il le conserve le moins possible.
La masse resta donc attachée au système monétaire basé sur la piasire, qui resta seul régulier jusqu'à la guerre. Les européens usèrent des billets pour leurs
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relations sur France en quantité croissante, malgré les facilités offertes par Le trésor, la poste et les banques. Mais d’après les règlements locaux sur le fonctionnement des caisses publiques le billet n’avait pas valeur libératoire. Pourtant le transport des fonds en pièces de 5 francs était vraiment encombrant et coûteux et l'Administration de la Colonie de même que les commerçants s’efforçaient de diminuer les frais et les risques qu'il entrainait. Par contre le Service du Trésor et plus particulièrement le Ministère des Finances, dont celui-ci dépend paraît avoir cherché à maintenir la circulation d'argent à Madagascar, débouché intéressant pourle grosstock de métal blanc, alors déprécié de moitié, qui semblait alourdir la situation monétaire du pays et de la Banque de France.
Il est curieux de relever, après l'expérience de la guerre, quelle était la timidité des mesures prises en 1911 pour améliorer cette situation et admettre avec mille restrictions l’usage du billet de banque. Par circulaire du 14 août 1911 le Gouverneur Général, M. Picquié, faisait connaître « qu'après entente avec le trésorier-payeur et en vue de donner satisfaction aux demandes formulées par le public à cet égard, les caisses du trésor ont été autorisées à accepter à leurs guichets les billets de la Banque de France, quelle que soit la coupure. Comme conséquence, toutes les caisses publiques de la Colonie devront recevoir le papiermonnaie français qui leur serait présenté en paiement de droits ou redevances. Toutefois, pour les caisses éloignées de tout lieu de ravitaillement en numéraire et pour lesquelles l'acceptation des billets de banque entraînerait l'obligation de faire venir des espèces métalliques d’une autre localité, les coupures de 500
francs et au-dessus devront être refusées. Il demeure entendu, toutefois, que ces refus seront tout à fait exceptionnels et devront être justifiés par la nécessité de conserver une encaisse permettant de faire face aux paiements effectués dans la localité. Comme conséquence, les billets encaissés par l'administration devront être écoulés, dans une juste proportion, à l’occasion de paiements au public, lorsque celui-ci ne refasera pas de les accepter ».
Ces dispositions très prudentes et très modérées étaient pourtant rejetées par le Ministre des Finances (Direction du Mouvement général des Fonds) et par circulaire du 9 décembre 1911 le Gouverneur Général devait annoncer qu’il suspendait jusqu’à nouvel ordre l'application dela mesure précitée. Cependant sur les réclamations réitérées du commerce la circulation des billets fut autorisée jusqu’au 31 décembre 1912, puis successivement jusqu'au 30 juin 1913, 31 décembre 1913 et 31 décembre 1914. |
La guerre survint et rendit le problème urgent, mais c'est seulement en 1916 que le Gouverneur Général fut autorisé à donner cours légal au billet dela Banque de France.
L'introduction de ce billet base de la cireuiation monétaire actuelle n’a donc pas été recherchée par le pouvoir métropolitain, et n'a été acceptée que comme une mesure de guerre.
Il est dificile de déterminer quelle était la quantité de billets de banque circulant à Madagascar avant la œuerre.r |
Le Trésor avait reçu en approvisionnements de la métropole 969.000 francs en 1895:et une moyenne de 80.000 francs par àn jusqu’en 1902. En 1903 et 1904 les envois atteignaient 150.000 francs par an mais ils
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me ee cessèrent complètement dès 1905. En fin 1912 à la suite de la circulaire ci-dessus il existait dans les caisses du Trésor 844.050 francs de billets de banque, à peine le vingtième de l’encaisse totale.
Les importations des banques et des particuliers furent certainement plus importantes, notamment au cours des années 1910 à 1913, qui ont vu réaliser un excédent appréciable d’exportations sur les importations. Les règlement ont dû être effectués en quantités appréciablesen billets de la Métropole dont le transfert élait peu onéreux. Malgré tout, le stock des billets cireulant à Madagascar en 191% ne pouvait guère dépasser 5 à 6 millions de francs,
$ 2. — Le Cours légal des billets de Banque
Nous avons vu que la guerre a intensifié la production et la circulation des richesses à Madagascar : elle a exigé de gros mAniements de fonds pour lesquels le stock de 50 millions de piastres était incommode et insuffisant. L'arrêt des opérations des sept agences du Comptoir d'Escompte pendant les premiers mois de la guerre et l’espacement des relations maritimes déterminérent dans toute la Colonie un resserement monétaire dont les conséquences pouvaient être tres lourdes.
La seule mesure de mobilisation financière envisagée par la Métropole était l'émission de billets locaux, objet du décret du 17 septembre 1914, resté inappliqué et que nous examinerons plus loin.
La Métropole ne pouvaitplus, sans supporter de lot ur-' des charges et de gros risques, continuer à approvisionner encore la Colonie en espèces métalliques ; elle était gênée pour envoyer en piastres les sommes considérables demandées par le budget de la guerre pour les effectifs et les denrées nécessaires à la défense
nationale. Le stock métallique de la mére patrie était devenu une arme de guerre qu'on ne pouvait affaiblir. Cependant dès 1915 la crise s'accentuait. Le Comptoir d'Escompte importait de grosses quantités de billets. La Colonie avait été jusqu'à demander des envois de numéraire à la Réunion mais cette colonie n'avait que 45.000 francs d'espèces françaises !
Pour remédier à l'insuffisance de la circulation, l'Administration n’avait que le billet de banque de France à sa disposition et la circulation de ce billet donnait lieu à des difficultés, notamment dans la brousse. L’agio auquel se livraient certains traitants ne pouvait être réprimé, aucune disposition légale ne protégeant les billets français. C'est sur les instances pressantes de la Colonie que le pouvoir métropolitain se décida par décret du 29 septembre 1916, plus de deux ans après la déclaration de guerre, à consacrer l'introduction du billetet son cours forcé. Il employa pour ce faire les termes les plus vagues possibles : «Art. 4. -— Le Gouverneur Général est autorisé à donner, par arrêté pris en Conseil d'Administration, le cours légal dans la Colonie au coupures fiduciaires acceptées par les caisses publiques de la Colonie ». Ce texte permettait donc de donner cours légal à la fois aux billets de la Banque de France et aux billets locaux. Il aurait été valable pour d’autres billets, comme ceux de la banque de la Réunion, dont l’introduction aurait été possible.
Un arrêlé du Gouverneur Général en date du 25 septembre 1916, précisa utilement ce texte: « Les coupures fiduciaires acceptées par les caisses locales, notamment celles de la Banque de France, de mille, cinq cents, cent, cinquante, vingt, dix et cinq francs ont cours (aa dans la Colonie de Madagascar. »
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