‹ La Circulation MonétaireChapitre 59 sur 64 · RU VE OU · texte numérisé non relu

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tant et, par suite, la Banque ne pourrait être engagée à payer que des intérêts modiques pour le découvert éventuel de son compte-courant. En cas de crise durable des exportations, elle pourrait. comme la Banque de l'Algérie, comprimer lés importations excessives en élevant fortement le taux d'escompte, et en diminuant ainsi les disponibilités des commerçants.

Il est certain que ce système ne peut être pratiqué qu'après la créalion de la Banqne et que son instilution peut, sans inconvénient, être retardée tant que la circulation actuelle très abondante des billets de banque métropolitains permettra les transferts aisés de ou sur France par simples chargements. Cependant l'ouverture d'un compte-courant aëcordée à Madagasear ne manquerait pas de soulever des requêtes analogues de toutes les colonies françaises, à l’exceplion de lIndo-Chine, qui parait rester fidèle à l’étalon d'argent et au système de la piastre. De la part des colonies sucrières qui ont eu à souffrir si vivement de changes de 20 et 30 °/, en période de crise, les sollicitations seront encore plus pressantes. Mais il semble que la question ne doit pas faire l'objet d'une solution d'ensemble qui tioublerait toute l'économie des Banques coloniales ct même.peut être le fonetionnement du Trésor métropolitain ; elle doit être envisagée pour chaque groupe en adaptant le système ingénieux de l'Algérie et du Maroc aux conditions particulières de chaque territoire.

. Nous croyons avoir démontré que Madagascar groupe les conditions les plus favorables à cet essai. L'institution du comple-courant couronnerait completement l'œuvre d'organisation de la circulation ct du crédit dans la Grande Ile et la rendrait partie intégrante des forces financières de la Métropole.

trente ans, l'organisation moderne du capital. Les

de capitaux métropolitains (dépenses militaires, emprunis de la colonie, actifs des sociétés èt dés: colons) : la Colonie s’est constitué un patrimoine important et a effectué des travaux publics d’un coût a élevé, les colons et les indigènes ont établi des cons

inexploitées.

même des capitaux appréciables, et d’ainsi contribuer

Dans l'avenir Tdi et ca Fe de V évolution économique de lot nous

premières ‘rmanitestalions sont déjà très nt a quelques années : c'est la constitution de capitaux vraiment malgaches UE EH mains Jess tbe com me des indigènes.

#4 É Ed

Les Malgaches, nous l'avons vu. ignoraient, Fin a.

Français ont amené depuis 1896, près de 300 millions

tructions neuves, des entreprises et des plantations. F: On peut considérer que la valeur globale de la fortune Publique et privée atteint près d’un milliard de francs à #, incorporés au sol de la Colonie. Ce chiffre est encore bien faible pour un aussi vaste pays et l’ importation : d’un très PARA capital européen, français de Fe 148 férence, cst encore nécessaire pour compléter l'outil lage publie et pour organiser les grandes entreprises. agricoles, commerciales et industriel les qui mettront en valeur les immenses ressources naturelles encore

Madagascar A done és encore l'envoi de quantités considérables de matériel et d'argent ; mais dès maintenant, elle est capable de former d’ élle-."

à sa propre colonisation. Cetle évolulion a été sensible |. à dès les premières années de la guerre qui ont entrainé

de. grosses ue à “ prix avantageux ét qui

ge ont donné une brusque aisance aux HOMERRES et des ne bénéfices rapides aux colons.

Avec les souscriptions aux emprunts et aux œuvres der gucrre el les rapatriements de capitaux en France,

il est certain que près de 50 millions de francs ont été retirés. de Madagascar où immobilisés de 1917 à

1920. En outre, une part très importante des bénéfices

réalisés sur place pendant cette période par. les SOC EN tés, par les colons et par les indigènes même, ont'été

immédiatement réemployés à à de nouvelles ‘entreprises ‘ou à l'extension de celles existantes.

Les colons de Madagascar forment une popu lation nombreuse, très vivace et très attachée au sol. Ils ont,

en général, un esprit de ténacité et d'économie qui leur permet de constituer des fortunes solides. Ils ten-

dent à les conserver de plus en plus dans la Colonie |

où ils ont fréquemment une descendance nombreuse, soit créole, soit métis, qui est appelée à continuer et à étendre l’œuvre des premiers colons. L'absentéisme n'est pas à craindre ici: la majeure partie des richesses tirées du sol de l'Ile profiteront à ce même sol et cette

situation est des plus favorables au point de vue poli-

tique, comme au point de vue économique. Aussi, voyons-nous depuis peu des sociétés commerciales puissantes et même des sociétés anonvimes formées uniquement par des personnalités locales avec des ressources et des capitaux purement locaux. L'esprit entreprenant des vieux colons et de leurs descendants efface la’ carence regrettable d'une immigration de nouveaux éléments français et maintient la colonisation européenne en progrès régulier el satisfaisant. L'action des colons est complétée par-celle des mal-

gaches évolués qui, avec confiance, prennent exem-,

ple si sur les européens et qui essaient dé suivre mor | évolution. économique. Le bourgeois hova a su cons- | tituer des fortunes élevées par la construction de mai- 5 sons et par l'exercice très habile du commerce. Elle est apte à diriger des entreprises industrielles et agricoles conséquentes. Dans les campagnes, la réalisation un des récoltes et du bétail a, non seulement permis à à tous, une amélioration du standard Ée

of life, mais encore a amené les gros propriétaires à

constituer des capitaux très appréciables et parfois encore inutilisés. L'administration n'a pas oublié le précepte posé par le général Galliéni : « L'Européen a absolument besoin à Madagascar du concours de l'indigène et tout ce qui est de nature à faire cet auxi- liaire meilleur sert sûrement, bien qu'indirectement, les véritables intérêts de la colonisation. » L’enrichissement des indigènes est l'enrichissement de la Colo- | | a tous les moyens ont été mis en œuvre pour l’augmenter et l'adoption des sociétés de crédit projetées y aidera puissamment. |

Donc par ses colons tenaces, par ses tdi nee faciles a assimiler, Madagascar dispose déja de ressources propres qui, en parfait accord avec les forces nouvelles que pourra envoÿer la Métropole, développent sans cesse la mise en valeur de ses richesses latentes.

L'ensemble de l'étude que noûùs venons de faire nous à montré un pays immense, à vastes possibilités, à population très perfectible. L'action économique des colons et de l'Administration a été prudente et sûre et a créé des liens de dépendance étroite mais ration-nelle entre la Colonié et la Mère Patrie. L'influence

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— française a fait e en vingt cinq ans une œuvre puissante “et une organisation durable et propice à la fois à l'amélioration du bien-être de nos sujets et aux besoins de la Métropole. La guerre a prouvé que Madagascar était prête à donner sans réserve ses ressources en

hommes et en matériel ; les quinze années qui vont

suivre verront le développement de cette collaboration avec la France et l'essor de la prospérité de la Colonie.

L'activité économique ne devra pas se limiter à ce premierrésultat. Lesrichesses etles (RARES à réveiller sont assez puissantes pour permettre à à la Grandelle non seulement de bien servir sa patrie dans les travaux

dela paix, mais encore de se constituer un noyau de

relations économiques et d’influences cordiales parmi

ses voisins de l'Océan Indien : elle doit être un relai

où les forces françaises se revivifient avant de se porter vers la côte Orientale d'Afrique, vers les Indes, dans toute cette vaste mer qui a vu les victoires de La BOURDONNAIS, de SUFFREN et de DupLeix. Les créoles de Madagascar, les Boers de l'Afrique du Sud, les

Musulmans de Mascate, de Zanzibar et de Bombay

aiment tous depuis longtemps la France et recherchent

encore son influénce et ses produits. De même des. relations confiantes doivent se nouer avec nos récents alliés, avec les britanniques de l'Union du Sud Africaine et de l'Inde, avec les Portugais du Mozambique et avec les Italiens des Somalis.

Le réveil de ce coin du monde riverain de l'Océan ‘Indien ne fait que commencer ; les ressources en sont étendues et variées et les races colonisatrices et colonisées s’y coudoient sans heurts bruyants ; aussi peuton espérer qu’il sortira moins vite de l'influence de la

vicille Europe que les rives trop âprement convoitées

du Pacifique.

ja Ex place que nous a “ culiérement favorable. a :

1e NP Ne le président de la fe A Le CAPAUES Ur Vu : le Doyen, PAS NS MR AL E À 2 BARTHÉLÉNN ris ne ar À Va et permis d'imprimer, |

: le Vice-Recteur de l Académie de Paris, È F Bb AC ARE ur HAN RQ Te :

PE à APPEL UE

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