‹ La Circulation MonétaireChapitre 58 sur 64 · DIE CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

DIE CHAPITRE IV

Avenir Financier de Madagascar

L'ensemble des projets que nous venons d'envisager est indispensable pour assurer à la Colonie une cireulation plus active et surtout plus vivifiante. Quelles que soient les modalités adoptées, une banque d'émission assurera le crédit plus, abondant et à meilleur compte. |

Mais parallélement, des organes privés devront apporter leur concours à cette œuvre d’intensification de la mise en valeur. Les zapitaux européens SOUSCriront aux emprunts de la Colonie, à la Banque d’émission et à la création de nouvelles entreprises de. commerce et d'industrie. La sagesse des éléments indigenes et européens de Madagascar est un sûr garant du succès de toutes les institutions financières qui donneront à la production dela Coloniele capital, facteur indispensable, qui lui a été trop parcimoniéusement octroyé jusqu’à ce jour.

La terre fertile ne manquant pas, restera à développer le facteur main-d'œuvre, qui est l’objet de toute l'attention des pouvoirs publics ; d’une part, des œuvres nombreuses et efficdtes d'assistance et d'hygiène protègent et augmentent la santé et le nombre de nos sujets ; d'autre part, l'introduction d’un outillage agricole et industriel simple, permettra aisément de doubler la production actuelle. Les voies ferrées et les ports qui doivent être achevés dans un délai maximum de 15 ans permettront à la fois l'exportation aisée des produits et l’utilisation de richesses natu-

relles qui ne pouvaient être avantageusement exploi-

tées en l'absence de moyens de transports à bon marché. Dans son étude sur les conséquences économiques de ces grands travaux, le Directeur des Travaux Publics dela Colonie a eslimé très justement que d'ici 15 ans, l'exportation de Madagascar peut être aisément doublée. La Colonie arrivera donc à celte date, d’après les prévisions les plus modérées et. au-taux actuel des valeurs, à un commerce to d'environ un milliard de francs.

Il semble que l’organisation monétaire et bancaire, après avoir reçu les améliorations actuellement projetées pourra suflire à ce mouvement de transactions. L'évolution économique de l'Ile dans cette période de proche avenir peut, si des bouleversements économiques ou politiques d'Europe ne viennent pas l'interrompre, être tracée avec une certaine netteté.

A l'intérieur, le fait le plus remarquable paraît devoir être l'enrichissement de la Colonie et le développement des capitaux locaux tant entre les mains des colons que dans celles des indigènes. A l’extérieur, malgré le développement des relations dans l'Océan Indien, les relations économiques dominantes continueront sans doute à s'effectuer avec la métropole : celte évolution est envisagée par l'opinion publique locale qui en voit la consécration dans linstitution du compte courant avec le Trésor.

$14.— Le Compte courant avec le Trésor.

Le désir de toute la population de l'Ile est de garder une monnaie identique à celle de la Métropole et de subir les bonnes comme les mauvaises périodes que la valeur du franc peut traverser. À entendre parler

pour le compte des Banques, et par un système d'en-

pole et les relations monétaires avec nos possessions

is se sentent un sie isolés de la à arsnde Fe K

ee LARUM é >

en qui. garantisse äu pur qu est en Lo possible de concevoir deux monnaies différentes main- “4 tenues à la parité par le jeu d’une convention, soil 75 entre des états voisins, soit entre la Métropole él les # colonies. | | FOSSES Nous avons déja : vu le rôle compensateur que peut jouer le Trésor publie pour le règlement de Ja balance

extérieure de file veräce au système des virements

voi des mandats-postes au pair.

‘Si le Trésor et la Poste supprimaient toute limitation et toute taxe de change sur leurs traites, leurs mandats ou leurs chèques sur France, la circulation s coloniale serait étroitement unie à celle de la Métro-

d'outre-mer seraient identiques à celles existant entre des départements français : les relations franco- -Goloniales seraient PrROSnenr facilitées et-très intensiliées. EE

Mais nous avons vu que les caisses publiques, en cas de déséquilibre économique, devraient, pour avriver à ce résultat, encaisser ou décaisser des sommes considérables égales à la différence des créances et des dettes extérieures de chaque colonie. Aussi, aucune possession coloniale n'a encore été admise à cette faveur du compté courant avec le Trésor, soit

dd ou

par virements, soit par mañdats, Soit par chèques. Par: contre, toutes nos possessions Nord-africaines en sont dotées avec succès. Ce n’est pas ici le Trésor qui assu-

re seul ce compte courant entre ses caisses métropoli-

taines el africaines, il recourt à l'intermédiaire de la Fate der Algérie et de la Banque d'Etat au Maroc. Fe

Le fonctionnement de ce compte courant, qui | ne a en Algérie au 1* mai 1878 et qui a traversé és sans difficulté de nombreuses périodes de crises, est très ingénieux. Le Trésor Public à un compte à la.

| Banque de l'Algérie, il lui demande les fonds néces-.

saires au paiement des dépenses militaires qui ne sont

compensées par nulle récette locale, il lui verse le montant des envois faits par les algériens sur France à l’aide de mandats sur le Trésor émis au taux de : 0 fr. 50 pour 1.000 ou à l’aide de mandats-postes. Lorsque la balance commerciale est déficitaire, ce qui ést le cas habituel, en Afrique du Nord, les

sommes ainsi envoyées par les algériens pour régler leurs achats en France rentrent à la Banque qui devient ainsi débitrice de sommes très élevées envers le Trésor Public. Celui-ci est en somme en France le banquier de l'Algérie et puise sans difficui-

té dans son encaisse métropolitaine la contre-partie

des sommes qu'il reçoit en Algérie et qui, en fin de compte, lui sont dues par la Banque. |

Le montant de ce découvert est de l’ordre de 100 millions et est infime par comparaison au chiffre des transactions de la Banque de l'Algérie qui, en 1920, a fait, avec les seules opérations d'escomptes, 4 milliards 220 millions d’affaires.

La Banque d'Etat du Maroc vient d'être admise au même régime par la convention du 29 décembre 1920,

Es

qui a été conclue à la suite de la substitution du franc marocain à la peseta hassani et qui a permis d’assurer

immédiatement à ce franc marocain la parité avecle

franc français. Le compte-courant ouvert à Paris à la Banque d'Etat est crédité du montant des mandats postaux émis par la France sur le Maroc et débilé de ceux émis par le Maroc sur la France. Quand le solde est créditeur, la Banque peut en disposer, mais le Trésor lui en paie les intérêts ; quant il est débiteur, la Banque n'en doit pas-le remboursement aatre part qu'au Maroc, mais elle paie des intérêts au Trésor. Il

n’y a donc jamais lieu de faire des remises effectives.

d’un pays à l’autre pour balancer le compte.

L'utilisation des comptes-courants avec le Trésor .

ne paraît pas devoir se :imiter à nos possessions Nord africaines. Sans doute, la proximité de ce vaste domaine et l’importance des dépenses militaires que l'Etat français y effectue, pérmettent d'envisager son rattachement économique à la Meére-Patrie d’une façon beaucoup plus étroite que pour les autres colonies ; par contre, il est certain que l’Algérieet le Maroc ont une balance déficitaire-et font des opérations commerciales très importantes avec des pays à change élevé (Espagne, Angleterre).

La situation économique de Madagascar par rapport à la Métropole est, nous l’avons vu, nettement meilleure malgré l'éloignement considérable. L'étude que nous avons faite des divers éléments de la balance générale établit que l'équilibre doit se maintenir et même pencher en faveur de la Colonie. Le jeu du compte-courant ne saurait donc, si l’évolution normale de la Colonie se continue, imposer au Trésor métropolitain un décaissement appréciable et cons-

à LE

Page 1