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nues sont régulièrement desservies par les services automobiles de la Colonie dontles voitures ont effectué en 1918 467.000 kilomètres de parcours. L'Adminis-. tration locale s’est toujours efforcée de développer ces moyens de circulation. Elle poursuit malgré les difficultés financières générales un plan rationnel d’outillage économique : le programme des grand travaux, à effectuer en 15 ans, comprend la construction de deux grands ports, 500 kilomètres de voies ferrées à 1 mètre, 850 kil. de tramways à 0,60, et 800 kil. de routes. Mais dans les colonies et particulièrement à. Madagascar, le rôle-du budget ne se borne pas à l’entretien des services et des travaux publics, il exerce aussi une influence toute spéciale sur le développement économique grâce à da d'impôts en argent sur tous les indigènes et par la répartition de sommes considérabl es pour régler les dépenses publiques dans toute l'Ile.
S II. — Znfluence des impôts et des budgets” sur les échanges
D' après les doctrines modernes, les impôts sn un prélèvement sur les éléments de la production et de la circulation d’un pays et les contributions constituent en général une entrave. au développement des richesses, et ceci est justifié pour les finances publiques d'Europe. Mais, sans revenir aux théories de Bodin et de Frédéric IT sur l'influence toujours bienfaisante des dépenses publiques pour activer la circulation de l'argent, il est certain qu’à Madagascar, l'impôt, appliqué aux indigènes, a été et est encore considéré comme un stimulant indispensable de là production. Le développement continuel des besoins de la masse en produits manufacturés et principale-
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ment en cotonnades n’a pas eu une influence aussi générale sur l’apathie des indigènes que l'obligation, aisément acceptée, de payer en argent des impôts assez élevés.
Ce caractère de l'impôt, instrument de progrès et de perfectionnement, levier de l’agriculture et de la main-d'œuvre, a été remarquablement mis en relief dans les instructions du général Galliéni du 30 octobre 1904, expliquant la réforme fiscale :
« On a généralement reconnu, au cours des travaux préparatoires de la réforme fiscale, que l'impôt tel qu’il existe dans son ensemble pour tout le territoire de la Colonie est le stimulant indispensable de l'énergie indigène. Il est incontestable qu’à Madagascar une minorité seulement obéit à la loi du travail ; sur la plus grande étendue de la Colonie, cette minorité devient infime. C’est que dans les régions côtières et dans les zones intermédiaires la nature met à la portée presqu'immédiate de l’homme tout l'indispensable pour sa nourriture, son logement, même son vêtement au prix d'un effort d’appropriation à peinc perceptible.
«Il-est avéré que partout dans la Grande-lle la production a progressé au fur et à mesure de l’assujettissement plus complet de nos sujets malgaches aux charges fiscales. C'est en grande partie à l'impôt que nous devons d’avoir vu l'indigène mettre en œuvre une activité que beaucoup lui déniaient à l'origine de notre prise de possession et un supplément de ressources où même des ressources nouvelles dont le commerce a fait son DLOLLL 0) MTS * Ces considérations gardent encore toute leur valeur pour l'avenir, sauf dans certaines régions, notamment dans l’Imerina, où la population est assez dense
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et déjà évoluée, et sauf le cas de crises économiques ‘prolongées entravant la réalisation des productions agricoles. Du reste les impôts donnent un précieux index de l’activité des populations. Alors que pour l'indigène des plateaux l’impôt n’a jamais représenté au maximum que la dixième ou la douzième partie de ses revenus, au contraire chez les peuplades moins évoluées de la côte, l'impôt correspond au quart où au tiers de la somme annuellement dépensée. Les populations les plus arriérées de l'Ouest et du Sud vendent à regret leurs bœufs et ne s’astreignent à quelques cultures que pour payer l'impôt et acheter quelques mètres d’étoffes dont la valeur ne dépasse pas celle de leur contribution. |
Aussi tous les impôts indigènes, sur la personne, sur les bœufs, sur les terres et sur les maisons se sont développés parallèlement à l'enrichissement du pays. En sens inverse, le total des travaux de prestation a toujours diminué ; l'Administration ne tient pas à garder l’indigène appauvri sur les chantiers trop éparpillés, mais elle l’incite à produire ou à s'emplover pour pouvoir payer sa contribution.
On a évalué à 2 millions le montant des recettes du trésor malgache en 1891, mais le montant des perceptions était de 6 millions au moins. Le gouvernement hova pratiquait, en effet, le système féodal des pres-
tations en nature. Les services qu'il requérait ainsi
ne grossissaient pas le chiffre des dépenses comme dans les budgets modernes, mais l'effort demandé au contribuable pour n’être pas exprimé en piastres n'en était pas moins considérable. Sans tenir compte des prévarications des chefs et des fonctionnaires, l'indigène devait au gouvernement malgache 50 jours de prestation et 2 fr. 50 de taxe de capitation.
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