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chiffres prennent toute leur importance si on Jes compare à ceux de la population européenne de nos autres colonies. En 1921 il n’y avait dans toute l’Indo-Chine que 16.256 français sur 18.983.000 habitants et en A. O.F. 7.640 français d'Europe pour 12.229.000 habitants. La proportion de l'élément européen, vrai levier des masses indigènes, atteint presque un demi pour cent à Madagascar contre moins d’un pour mille en Indo-Chine et contre un demi pour mille en A.O.F. Si nous exceptons les asiatiques qui se consacrent surtout au commerce de détail, la population blanche, qui a ainsi décuplé en 25 ans, continue à vivre à l’européenne et constitue l'élite dirigeante de toute l’activité du pays. Elle a apporté des besoins étendus de produits locaux et a provoqué l'installation de cultures et d'industries très actives (cultures vivrières, maraîchères, dentelles et broderies, chapeaux de paille, meubles, charronage) qui déjà travaillent pour l'extérieur. La colonie européenne a créé les grandes exploitations agricoles de produits riches (café, vanile, canne à sucre, plantes à essences) et fonde d’importantes exploitations minières (or, pierres précieuses, graphite). Elle organise des industries mécaniques indispensables à l'équipement moderne du pays (briquetteries, distilleries, féculeries, décortiqueries, fabriques de conserves. traitement des peaux). Elle détient enfin ‘presque tout le commerce extérieur et la plus grosse partie du commerce de gros à l'intérieur et étend son activité à toutes les ressources de Madagascar. Cependant on doit remarquer que depuis 1905 le nombre des colons s’est accru très lentement et aucune immigration européenne importante ne peut être espérée ; par contre les éléments français installés dans le pays ont développé considérablement leur
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richesse et ont tendance à se fixer et faire souche dans le pays particulièrement sur les plateaux très salubres.
Nous estimons que cette lenteur du peuplement européen est suffisamment compensée au point de vue économique par le nombre croissant des indigènes évalués, fonctionnaires et habitants des grands centres . qui vivent à l'européenne., Dès maintenant leur nombre dépasse celui des blancs et constitue une importante clientèle pour les produits de luxe de la Métropole. L'élite hova réussira vite à s'assimiler nos mœurs et
notre culturegénérale. Déjà certains malgaches s'occu-
pent avec succès du gros commerce et même du commerce extérieur. Le décret du 3 mars 1909 sur la naturalisation permettra à ces européanisés d'accéder peu à peu au statut français. Mais en 1922 le nombre des naturalisations accordées ne dépassait pas 72. Ge chiffre pourrait, à notre avis, être dès maintenant décuplé sans aucun danger. \
Il semble que les hovas, que nulle armature tradi-
tionnelle, sociale ou religieuse ne sépare de nous, sont, parmi nos sujets ceux qui adopteront le plus vite et le plus sincèrement les formes de la civilisation française.. Leur activité économique tendra donc toujoursàs’identifieravec celle des marchéseuropéens.
Il est actuellement impossible d'évaluer le chiffre des transactions intérieures effectuées par les trois grands groupes dont nous venons d'indiquer l’importance économique. L'élément essenfiel de ces transactions est constitué par les commerçants :leur nombre s'est développé d’une façon continue. On en comptait en 1899 : 7.418, dont 626 français et671 asiatiques ; en 4904 : 16.089, dont 994 français et 1.136 asiatiques ; en 1920 : 46.075, dont 5.464 européens parmi lesquels environ 3.500 asiatiques. À cette date sur 40.611
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| patentés indigènes, 19.242, soit près de la moitié, sont
installés dans les cinq provinces des plateaux dont nous avons signalé l’évolution économique avancée. En raison de l'importance des affaires traitées par les européens dans les ports, la répartition géographique des patentables blancsentre les plateaux et la côte est moins inégale. La prédominance des européens et
asiatiques dans le gros commerce est établie par ce.
fait qu'ils acquittent 11, 8 */, du montant total des rôles (4.043.086 francs). Malgré les. charges fiscales
spéciales qui les frappent lourdement, depuis l'arrêté
du 26 janvier 1897 leur appliquant une taxe de séjour, les commerçants indiens et asiatiques deviennent chaque année plus nombreux. Les indiens sont particulièrement groupés sur la Côte Ouest et sont presque les maitres du commerce des tissus ; les chinois font surtout de l’épicerie sur la Côte Est.
Groupés en congrégations, économes et insinuants,
ces asiatiques constituent une concurrence dangereuse pour le moyen commerce européen et indigène.
Tous ces commerçants ont à leur disposition des moyens de communication déjà très développés. Le service postal leur offre ses 34 bureaux de pleins
“exercice, ses 152 bureaux auxiliaires et 7.600 kilome-
tres de lignes télégraphiques. Il a émis en 1920 pour 95 millions de francs de mandats intérieurs contre 13 millions en 1910. Pres de 700 kilomètres de voics ferrées seront en exploitation en fin 1922 et ce réseau
a transporté en 1918 près de 400.000 voyageurs et
86.000 tonnes. Des voies fluviales sont aménagées ; un réseau très important de routes d'intérêt régional et d'intérêt secondaire est parcouru par plus de 3.000 véhicules traînés surtout par des bœufs ; 1.265 kilomètres de routes empierrées et parfaitement entrete-
MACET EMILE. = LA