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LES RÉSULTATS

Les indications de la méthode

Les injections radio-opaques ont été utilisées par les analomistes pour étudier la distribution des vaisseaux et leurs anastomoses. Dans le poumon (1) notamment, on s’est préoccupé des anastomoses des branches terminales de l'artère pulmonaire, dont la plupart des auteurs niaient (2) l'existence.

Mais cette méthode n’a presque pas été utilisée en anatomie pathologique, où elle pourrait cependant fournir des renseignements précieux sur le siège, la forme ou Le nombre des vaisseaux au cours des différentes maladies ou dans ies tumeurs.

1. Les auteurs qui se sont occupés du poumon sont : Destot et Bérard qui ont présenté en 1897 à la Société nat. de médecine de Lyon, des radiographies de vaisseaux pulmonaires, sans les publier (Province médicale, 1897, page 35); Lheureux, en 1908. ne s’est servi qu’accessoirement de la radiographie, ses recherches ayant été faites, la plupart, au moyen des corrosions ; Miller, en Amérique, a publié en 1917 et 1919. deux études sur l'anatomie des vaisseaux lobulaires et les anastomoses, que nous n’avons pas pu nous procurer et que nous ne connaissons que par analyse.

2. Les branches terminales de l'artère pulmonaire seraient indépendantes d’après Rindffeisch, Cohnheim et Litten, Grancher, Jeffroy, Laguesse, Lheureux. 1] y aurait des anastomoses d’après Kütiner. D'après Miller les anastomoses ne se feraient que par quelques capillaires.

De plus en faisant des injections dans les conduits excréteurs de certaines glandes ou organes,on obtiendrait aussi des résultats intéressants concernant le nombre des éléments glandulaires, leur forme et celle de leurs conduits, les espaces interstitiels (si souvent envahis par la sclérose), etc.

Poumon. — Pour ne parler que du poumon, les congestions localisées, les embolies et lesinfractus {es modifications de la circulation dans la pneumonie, la broncho-pneumonie, l'emphysème et la tuberculose gagneraient à êlre étudiées au moyen des injections radio-opaques.

Enfin, en pathologie expérimentale, la recherche de la résistance des vaisseaux (comme introduction à la pathogénie des hémorragies spontanées) peut être faite avec la même méthode. Nous sommes allés plus loin, et nous avons essayé, chez l'animal vivant, d’injecter une suspension radio-opaque, pour étudier certaines modifications de la circulation.

Le poumon normal

Radiographie des artères. - La photographié d’une tranche de poumon normal montre un feutrage dense de vaisseaux comparable grossièrement à un arbre d'été où les petites branches, trop nombreuses, cachent les grosses.

En effet, les premières divisions de l'artère pulmo-

naire ne sont visibles que sur préparations qui pas-

sent par lehile. On voit surtout les artérioles lobulaires ou les troncs qui fournissent ces dernières.

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On suit facilement des bifurcations successive de lartériole lobulaire (dontla lumière a,en moyenne, un demi millimètre de largeur) à la périphérie du poumon où la disposition lobulaire est très nette, grâce à l’absence d'anastomoses (1).

Les branches-de cinquième ordre (larges de 1/10

de mm., longues de 1/2 à : mm.) sont encore visibles sur des clichés :e poumons sains et l’on peut en

compter jusqu’à trois cents par lobule.

Nombre des vaisseaux. — Voici un tableau, indiquant le nombre des artérioles que nous avons trouvé dans des lobules sains pris au hasard et le pourcentage par centimètre carré (l'épaisseur de la pièce étant d’un centimètre).

Dimensions Nombre de vaisseaux du lobule par lobule par eme.

10X20 mm. 222 III IIXIO — 92 83 OXI2 — 160 145 8X 9 — 80 110 TOPTOR—= 120 120 TXI2 — 70 84 7TXI10 — 120 170 12XI10 — 130 108

La moyenne est de 125 artérioles (2) par centi-

ue

1. Dansla profondeur du poumon,les lobules étant plus irréguliers, il y a superposition de deux lobules avec fausse apparence d’anastomose. Il est d’ailleurs possible que des anastomoses y existent réellement dans quelques cas. Les particularités observées dans les infractus profonds confirment cette supposition.

2. Dans une autre statistique portant sur dix lobules pris au hasard dans d’autres poumons, nous avons obtenu une moyenne de 125 artères par centimètre cube.

mètre cube) (1) de poumon normal. Sur latranche qui est représentée sur la planche II on peut évaluer à 20.000 artérioles le nombre des vaisseaux visibles, ce qui met à plus de cent mille le nombre des branches de l’artère pulmonaire d’un poumon entier.

Radiographie des veines. — La radiographie d’une injection faite dans le système de la veine pulmonaire saine, présente un aspect un peu différent de celle des artères. La disposition lobulaire n’est plus apparente, car les veines, qui se trouvent loujours à la périphérie des lobules, sont d’un calibre inégal.

On trouve beaucoup de troncs volumineux (lumière de 2 à 6 millimètres) et presque parallèles, délimitant entre eux des rangées de lobules. Ils reçoivent des branches qui sont souvent perpendiculaires à leur trajet et peu ramifiées, malgré leur origine intra-lobulaire.

il est presque impossible de compter le nombre des vaisseaux par lobule ; c’est pourquoi nous nous sommes contenté de donner des chiffres pour 1 centimètre carré de radiographie.

On trouve ainsi, dans un poumon sain et dans des endroits pris au hasard : 90, 68, 84, 110, 72, 82, 62, 30 veinules, soit 80 en moyenne par centimètre cube.

il existe donc moins de veines que d’artères, mais en échange elles sont plus volumineuses.

1. Ces dimensions concernent les pièces rétractées du cadavre et sont par conséquent inférieures à celles du vivant.

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Le'roumon tuberculeux

Nous ne parlons pas ici des renseignements que fournit l’injection dans les bronches pour le nombre, le siège ou l'étendue des granulations.ou des nodules broncho-pneumouniquestuberculeux (voirplanche:1).

En nous bornant aux injections vasculaires, la radiographie nous montrera :

1° Les modifications du nombre des vaisseaux ;

2° Les modifications de la forme des vaisseaux ;

3° Si le sujet est mort par la suite d’une hémoptysie, elle précisera le siège de la rupture vascu= laire.

La diminution du nombre des vaisseaux est le fait le plus saillant que l’on remarque de la radiographie d’une injection et nous insisterons dans les chapitres suivants sur ses détails. Les zones sans vaisseaux ou avec peu de vaisseaux correspondent aux endroits atteints par le bacille et permettent d'indiquer le siège des lésions, sans même avoir vu le poumon malade.

Parmi les vaisseaux qui restent, beaucoup sont modifiés au voisinage des lésious tuberculeuses et leurs images radiologiques affectent l’un des trois types suivanis :

a) Rétrécissement coïncidant avec l’irrégularité de la lumière et du vaisseau ;

b) Ectasies artérielles ;

c) Vaisseaux de nouvelle formation.

on __ L'irrégularité traduit l’endartérite oblitérante ; elle. est très nette dans les zones, ;élteintes de pneumonie caséeuse où les vaisseaux paraissent beaucoup moins opaque que ceux du même calibre des régions saines et l’ombre a une intensité inégale en des différents points. Notons qu'il ne faut pas confondre ces images avec celles des vaisseaux intéressés par les sections faites dans la pièce et où le minimum est tombé par endroits.

On pourrait compter le nombre des vaisseaux paraissant lésés et le comparer à celui des vaisseaux paraissant sains, mais nous ne l'avons pas fail, estimant que pour ces altérations le microscope donne des renseignements plus complets.

Ectasies et anévrismes. — Les ectasies vasculaires se divisent en deux groupes :

Celles qui sont régulières, siègent sur une étendue assez considérable de l'artère et où le microscope ne montre pas d’altération notable (si ce n’est parfois un épaissement fibreux) des parois. Ce sont des ectasies purement mécaniques, par slase en amont (lorsqu'il s’agit des grosses branches) ou par stase collatérale (lorsqu'il s’agit de vaisseaux intra-lobulaires) et nous les étudierons à propos des conséquences des oblitérations.

D’auires ectasies,assez rares d’ailleurs irrégulières, portant sur un court segment de l'artère, correspondent à des anévrismes de Rasmussen et s’accompagnent au microscope d’altération de la paroi.

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Les vaisseaux de nouvelle formation se présentent sous l'aspect de filaments grêles et souvent très sinueux, avec peu ou pas de ramifications, et parcourant les zones qui entourent les cavernes, ou dàans les zones de pneumonie fibreuse ou dans la plèvre épaissie. sx

La radiographie permet de constater que l’hypothèse d’un remaniement vasculaire total (Van der Kolk, N. Guiilot) par pénétration, dans les zones avasculaires, de vaisseaux de nouvelle formation provenant d’artères de la grande circulation, a été notablement exagérée et que le nombre de néo-

vaisseaux est assez réduit.

Recherche radiographique du siège des hémoptisies. — Enfin l'injection radio opaque permet de préciser le siège des ulcérations vasculaires par rupture d’anévrisme de Rasmussen ou par simple artérite caséeuse ; on sait que cette recherche n’est pas toujours aiste lors d’une autopsie simple.

Dans les cas difficiles, on peut hésiter sur le côté qui a saigné si l’on trouve partout du sang aspiré. Plus souvent, on voit, dans le même poumon, deux ou plusieurs cavernes remplies de caillots et l’on ne peut pas y reconnaître le vaisseau ou l’anévrisme rompu.

Au cours de nos recherches, nous avons renoncé à cetle façon de procéder. Par contre, après avoir isolé les poumons, nous établissons une circulation

artificielle (irrigation) qui nettoie les organes et permet d'apprécier le degré de l'ouverture vasculaire.

Une injection de substance radio-opaque dans l’arière pulmonaire (ou, si l’on désire étudier ses rapports, deux autres dans la veine et la hanche) permet d'obtenir des clichés où le siège de l'hémorragie ne laissera pas de doutes (1) et où l'on pourra, en outre, étudier l’état des autres vaisseaux.

La planche IX en est un exemple.

Anéorismes non rompus. — On sait qu'il n'est pas exceptionnel de trouver des anévrismes multiples ou des ancvrismes non rompus. A l’autopsie une telle découverte est l’effet du hasard. Avec les injections radio-opaques, ces lésions n’échappent plus à l’anatomo-pathologiste. La radiographie indique leur siège et l’on peut, d’après ses indications, prélever les pièces qui serviront aux Coupes histologiques.

Notons que c’est souvent dans le lobe inférieur que l’on trouve les formations anévrismales et leur fréquence relative contraste avec la rareté des cavernes dans le lobe inférieur. Nous avons compté sur 55 observations (2) où le siège de la légion hémorragique esl indiqué, 17 anévrismes siégeant dans le lobe inférieur soit 22 0/0, coexistant en général avec des

cavernes non hémorragiques du sommet (3).

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