P. Ollivier. Union médicale, 1871, p
CIRRHOSE IIYPERTROPIIIQIJE.
publiés et rai)poIa dans une sorte de monographie tout ce qu'on savait alors de la nouvelle allection.
Ce travail marque la fin d'une période. Désormais, la cirrhose hyperlrophique a sa place marquée dans le cadre nosologique ; mais elle ne l'a obtenue qu'après bien des hésitations. Dans une première période, en effet, les auteurs admettent une hypertrophie passagère précédant l'atrophie définitive, une hypertrophie qui passe plus ou moins inaperçue cliniquement, une hypertrophie théorique.
Dans la seconde, qui commence en 1846, la phase hyperlrophique prend une existence positive; elle se manifeste par des symptômes pratiquement appréciables; elle n'est plus seulement passagère; elle peut subsister à l'état de signe capital pendant toute la durée de la maladie : à côté de la forme atrophique se place la forme hypertrophique qui n'est que l'expression moins banale, il est vrai, d'une maladie, la cirrhose du foie. C'est ainsi que l'entendent les classiques, comme en témoignent les passages suivants empruntés à Grisolle et à Jaccoud : « Dans le premier, degré de la cirrhose, dit Grisolle, rien n'est cliangé dans la configuration de l'organe, qui conserve son volume normal; parfois même celui-ci est devenu plus considérable. C'est ce que Requin a vu en 18i4; c'est aussi ce que j'avais moi-même observé en 1850, sur une iTialade morte à la clinique de Chomel et dont la pièce pathologique, déposée par moi, a été con-
CIRRHOSE IIYPERTROPIIIQUE.
scrvée pendant plusieurs années dans le musée Dupuytren. J'ai rencontré plusieurs autres faits analogues. L'augmentation du volume, qui n'est généralement que passagère, peut néanmoins persister jusqu'à la fin ; la cirrhose, en un mot, peut rester hypertrophique pendant toute la durée de la maladie. » — « La cirrhose est une maladie du foie. Cette qualification serait acceptahle si, depuis Laënnec, on n'avait pas attaché au mot cirrhose l'idée erronée d'atrophie : or l'atrophie est possible, mais n'est pas nécessaire ; c'est un effet tardif de la maladie; ce n'en est pas un effet primordial.
« Dèsles premières phases lefoie est augmenté de volume et déjà l'accroissement de consistance est appréciable ; mais tant que l'hypermégalie persiste, la surface de l'organe est lisse ou à peine vaguement granuleuse. La seconde période est caractérisée en tous cas par l'induration due à l'évolution plus complète du tissu conjonctif, et souvent par la diminution de volume et la déformation de l'organe. Si l'augmentation de volume a persisté, la surface peut être parfaitement lisse ; j'ai rapporté un exemple remarquable de ce genre. » {iaccoud, Path. Int., t. Il, p. 553, 5== édit., 1877.)
Pendant celte longue période de près d'un demisiècle qui s'étend depuis la découverte de Laënnec jusqu'au mémoire de Paul Ollivier, la question de la cirrhose avait fait l'objet de nombreux travaux en Allemagne et en Angleterre.
CmiUIOSE IIYI'ERTKOI'IIIQLE.
Peu après les recherches de Kiernan\ trop connues pour qu'il soit utile de les rappeler. CarswelP et Uallmann'- démontrèrent, à l'aide du microscope, que la lésion capitale de la cirrhose consistait dans un développement exagéré du tissu fibreux entre les lobules du foie; l'état granuleux d'une part, l'atrophie de la glande et l'ascite d'autre part, s'expliquaient ainsi par la rétraction du tissu néoformé et par la compression du parenchyme et des vaisseaux qui en résultait. La dénionsti'alion était péremptoire, et l'on admit bientôt partout que l'accroissement et le ralalinement de la substance conjonctive interlobulaire représentaient bien le processus essentiel de la cirrhose. Budd put donc, malgré Oppolzer* et Rokitansky% faire de la nouvelle affection une hépatite interstitielle.
Déjà l'idée se répandait qu'à sa première phase la cirrhose vulgaire est hypertrophique. Bright parait être un des premiers promoteurs, le premier probablement, de celte opinion qu'il a exprimée dans son mémoire sur la jaunisse (1856). 11 déclare avoir pu, dans un certain nombre de cas, constatei' au début de la cinhose une hypertrophie du foie qui, dans le cours de la maladie, avait fait place à
1. KiEnxAN. The analomy and p/iysiology of the livcr. Philosophie, traiiiîucl , 1835, p. 711 sq.
2. Carswell. PalliologicaL analomy. Art. Alrophy, pl. II. 5. IIai.i.mann. Dcrirrhosi/iepalis.D'tSiiiVl. iuavg:. Boroi., ISjK.
4. Oppolzer. Praf/ei- Vicrleljahisschrift Bd. III, 1844, S. 17.