XVI. — Pareil au VIL
LA FABmQUE.
Le plus ancien compte de la fabrique de Bazouges, parvenu jusqu'à nous, remonte au 29 mai 4676 (1). Il est
(1) Archives départ, de la Sarthe ; G. 778.
rendu en présence de Mathurin Lusseau , chirurgien , procureur ; de Joseph Le Royer, docteur en droit canon, curé; de François Fislin, prêtre vicaire; et de Vincent Motreuil, prêtre sacriste. Le chapitre des recettes comprend :
Les nombreuses rentes foncières qui forment la partie principale des ressources ;
Les revenus des vignes , bois , terres labourables , et pêcheries.
« Six vingt dix neuf livres dix sols reçues de Jacques » Barillet, fermier du port et passage de la rivière du Loir, ji dépendant de ladite fabrique, pour cinq années de ladite » ferme ; »
Un pain bénit dû par le chapelain de la Grange^ au jour de Pâques ;
« Un cierge de deux livres pour être posé devant l'autel 1 de la sainte Vierge, être allumé pendant le service divin
et être renouvelé à toujours quand il est fini, dû par » Etienne Busson prêtre ».
Une lampe ardente due par le seigneur de Bazouges ; etc.
Le chapitre des dépenses mentionne entre autres : L'entretien de la couverture et du pavage de l'église ; le blanchissage des linges sacrés ;
La réfection, en bois de noyer, des balustrades des autels Saint-Sébastien, Saint-Roch et Saint-Jacques ;
L'acquisition de huit aunes de dentelle or et argent pour mettre sur une chappe de satin rouge , donnée par défunte dame de la Barbée;
L'entretien des cierges et du luminaire de l'église.
La matière des comptes fournis pour les années suivantes est à peu de chose près la même.
Parmi les recettes qui s'y trouvent successivement inscrites, nous pouvons relever :
L'argent trouvé dans les troncs ( 109 sols en 1710 ).
Le Guilanleu (1) ( 10 livres en 1710).
(1) Le Guilanleu est une sorte de quête que font, encore «igottrd'hui,
La vente des ciei^ges ( 2 livres 8 sols en 1761 ). La quête de l'adoration de la croix, le vendredi saint ( 16 sols en 1762 ).
Le paiement des fosses, faites dans Téglise, pour les dames Aumont de la Boisardière, Hubert et de la Masselière, à raison de trois livres par fosse (9 livres en 1768).
La vente d'ornements faite à M. Morin curé de Châtelain (1001i>Tesenl768).
La location des bancs de MM. de la Barbée, de la Masselière, Couallier propriétaire de Mondagron , Busson lieutenant - général à La Flèche, Deshattes et d'autres ( 47 livres pour l'année 1789). — Le prix des bancs était en général de 30 sols.
Le revenu ordinaire de la fabrique fut, en 1750, de 271 livres ; en 1757, de 345 livres ; et, en 1764, de 299 livres. Pendant la période d'administration du sieur Boumé, qui resta douze ans procureur, de 1761 à 1773, la totalité des recettes forma la somme de 4,560 livres , 5 sols , 7 deniers et la masse des dépenses celle de 3,859 livres, 2 sols.
Le registre de l'année 1710 offre le détail des opérations relatives à la refonte des cloches, qui fut pratiquée sur place , comme c'était alors l'usage . On évitait ainsi le transport de la matière première, puisque c'était, en général, le métal de l'ancienne cloche qui servait pour la nouvelle, et le transport, plus difficile encore, de la cloche coulée. Ces considérations avaient leur importance, dans un temps, où les moyens de locomotion étaient à peu près nuls et où les chemins se trouvaient souvent impraticables.
Les peintres verriers eux-mêmes, se rendaient, comme les fondeurs, dans le vDisinage des églises où les réclamait une œuvre importante. Les ateliers se déplaçaient au fur et à mesure des besoins.
les sacristains et enfants de chœur. Son origine semble remonter aux cérémonies druidiques qui s'accomplissaient jadis en criant : Gui Fan neuf.
Pour en revenir aux cloches de Bazouges, voici comment le procureur nota les dépenses occasionnées par la refonte (i).
« Payé 40 sols, lors du marché passé avec le sieur
* Ghaubry de la Flèche, par ordre de Monseigneur l'évêque, » pour les cloches.
» Payé 30 sols pour de la bourre, pour feire les moules » des cloches ; 15 sols pour une journée de cheval à » ramasser des pierres et de la brique pour faire les » fourneaux et 65 sols à François Lanceleur pour briques.
» Payé 24 sols pour deux journées de cheval à charroyer » de la terre forte.
» Payé 5 livres 7 sols pour trois pipes de charbon et leur » charroi.
» Payé 50 sols pour le charroi d'une charretée de bois de
* Fougère à Bazouges.
» Payé 27 sols à Pierre Duche^ne pour faire les fosses, » pour fondre les cloches.
» Payé 15 sols pour du vin, lorsque l'on descendit les
* cloches.
* Payé, au sieur Chaubry, la somme de 110 livres poui
* avoir refondu les cloches.
» Payé 15 sols à la dixmerie, pour un encensoir qui fut > jeté dans le fourneau de la fonte des cloches.
> Payé 6 livres au charpentier, pour descendre et remonter » les cloches.
> Payé 40 sols pour quatre pintes de vin, à ceux qui ont
* aidé à monter les cloches. »
La sonnerie de 1710 n'eut pas une longue existence. Le 24 août 1732 l'assemblée des habitants demanda que l'une des cloches dont le son était mauvais et que l'autre, dont la grosseur n'était pas sufBsante, fussent brisées et refaites.
Dès le 4 septembre l'opération était terminée et le curé
(1) Archives départ, de la Sarthe ; G 778.
consignait sur les registres do baptême la mention suivante : * — Nous, soussigné, avons bénit deux cloches, savoir: V la jîrosso, nonnnée Marie^ par messire Mann Gilles de la •) lUM-anlière, chevalier, seigneur de la Barbée et par dame »> Marie Fontiiine de Bazouges ; et la petite, nommée Anne^ 9 par messire Louis Jaci|ues Fontaine , seigneur de ^ Ikizouges et Anne Madeleine Gaultier, demoiselle de » Umnay (1). »
(îettc dernière cloche fut réquisitionnée pendant la révolulion, pour fabriquer des canons.
La grosse n'eut pas un meilleur sort ; elle ne sortit de la tourmente, qui avait emporté sa sœur, que pour se briser misérablement en 480^. Celle qui l'a remplacée, bénite par M. Pierre Delaroche, curé de La Flèche, fut nommée Anne^Marianne par Jean-Baptiste Ménard curé de Bazouges ot iKir madame Anne Melite de Foucault épouse de François KouUot de la Bouillerie (2).
kViruii les propriétés do la Fabrique, il convient de xi^iudor ou première ligne, le bac ou Port de Bazouges.
l>'y|u>ès une pièce intitulée : « Estât du port de Bazouges •à xur le Li»ir (%î) » non datée, mais probablement rédigée \4*iH lo couuuencement du XVIII^ siècle, voici quel en >k'i,uL l'historique.
A ^»i* is»rl appartient de temps immémorial à la fabrique - .U l\'^li>»o. Aucun titre ne fait connaître comment il a été
ii'iâuc. Vjuoiqu'il en soit, ceux qui lui ont fait ce don ne l'iii ï,M.x ttul i^ si»n avantage. Il appert par une sentence
il» .vMKvhsil do La Flèche, en date du 3 avril 4464, que le
i^,^ vK' kU«\ni>îos appartenait à la fabrique dès ce temps
. . V. ^.»A»x* A'ivul. »lo lu Sarthe ; G. 778.
..x CM « .«*>«'^^ ^^' uouvt^ui en 18j6, ftit refaite peu de temps après
N M. h^H» \^'-* ^'k *l<* Srlirumm et M"« la c»"" de la Bouillerie. Une
.X* x\v*K vi'(»>» i•^'***<^ «ortio des ateliers de M. Bolée et nommée
^ V S^».»n««*'** ^ ^^* ^ ***•'" ^® ^ Bouillerie, a renforcé la sonnerie,
V iv^>,-.^ *.iw^^ ,W U* S«rthe, G. 778.
• là. Le procureur a produit cette sentence, en Tannée » 1668, pour faire voir l'antiquité de la possession. »
\ cette époque, le fennagc en était de 20 livres seulement. Un peu plus tard on le porta à 26 livres.
En 1690, la fabrique trouva preneur à 60 livres, « s*étant » fait fort d'augmenter les droits de passage et de faire » monter le revenu plus haut. Mais on n'y put réussir, et ) on vit bien dans la suite que le pontonnier estait notable- » ment lésé » ; aussi lui accorda-t-on remise de son bail et lui en passa-t*K)n un autre à 30 livres.
En effet, les produits ne pouvaient être que très minimes. « Ce port * explique le mémoire déjà cité « n'est point un » passage à quelque grande ville ou à des foires et marchés » considérables. Il est seulement pour l'usage des parois- » siens de Bazouges qui demeurent de l'autre côté pour » venir à la paroisse et pour les aller assister dans leurs
» maladies et aussi pour l'usage des habitants de Cré,
» lesquels ne payent , quand le ménage est entré , que » 3 sols 6 deniers.... et pour cette somme si modique, ils » passent le long de l'année eux et leurs ser>iteurs, bœufs
* et chevaux (1) ».
Quant aux paroissiens de Bazouges, ils payaient quelquefois en blé ; le plus souvent ils ne payaient rien du tout.
De plus, les chemins qui conduisaient aux Rairies, «r où » Ton tire de la pierre et où l'on fait de la chaux », étaient devenus inaccessibles.
Ainsi, bien loin de rapporter un bénéfice à la fabrique, ce bac lui coûtait fort cher, à cause de l'entretien des bateaux.
En 1665, notamment, elle dut remplacer, c la grande et > la petite charière » ce qui lui valut une dépense de 450 livres. Trente cinq ans auparavant, pour faire un travail
(1) Le privUège d'un torif réduit fût accordé, aux habitants de Cré, par un arrêt rendu en 1565.
analogue, on avait emprunté aux religieuses de Saint-François de La Flèche une somme, dont la fobrique servit longtemps intérêt ( 12 livres 10 sols ).
Fn 1693, il fallut, toujours pour le même objet, emprunter •iOO li\Tes à demoiselle Olivier et en 1702, payer 500 livres aux charpentiers.
Les fabriques étaient administrées par un procureur dont la nomination appartenait au curé et aux paroissiens. L'élection devait être renouvelée tous les deux ans, mais souvent le procureur, par une sorte d'accord tacite, restait en exercice audelà du terme normal.
Toutefois, lorsque les choses se passaient régulièrement, le procureur, au bout de deux années, présentait une requête au lieutenant - général de la sénéchaussée pour obtenir permission de convoquer les habitants; l'autorisation était délivrée et contenait nomination d'un notaire pour assister à l'assemblée et en dresser procès-verbal.
Cette assemblée se composait d'une vingtaine d'habitants, choisis parmi les plus taxés et qui, suivant l'expression alors usitée, représentaient le général de la paroisse ; il y avait une amende de 20 livres pour ceux qui manquaient à l'appel. En 1754, le nombre des membres de l'assemblée fut réduit à treize et l'amende descendue à 10 livres.
L'assemblée avait lieu devant la principale porte de l'église, à l'issue de la grande messe et au son des cloches. On y délibérait non seulement sur la nomination des procureurs, mais encore sur les comptes annuels, sur les questions extraordinaires, sur les dépenses imprévues. Elle se réunissait, en outre , lorsqu'un nouveau curé ou un chapelain venait prendre possession.
Le curé n'était pas toujours d'accord avec l'assemblée. Ainsi, à Bazouges, le 16 novembre 1749, les habitants ayant continué pour deux ans le procureur Cailleau, le curé protesta et convoqua une nouvelle assemblée par laquelle il fit nommer Jean Branchu. La première assemblée se pourvut
à son tour devant le lieutenant -général, qui ordonna une troisième réunion, où les partisans du curé obtinrent gain de cause.
Toutefois, comme la première assemblée maintenait son candidat, on fit intervenir une transaction et les deux rivaux se partagèrent la couronne febricienne.
Le procureur du roi en la sénéchaussée avait le droit de convoquer d'ofiBce « le général des habitants » lorsqu'il le jugeait nécessaire. Cest ce qu'il fit notamment, à Bazouges, en 1752, époque à laquelle les pouvoirs d'un procureur incapable venaient d'expirer et où les comptes de fabrique se trouvaient fort embrouillés , étant restés sans contrôle , depuis plusieurs années (1).
(1) Nomfi des procureurs de Fabrique depuis 1652.
1652-1653— Laurent de la Fosse.
1653-11 sept. 1655 — Florent Champiré, grand chapelain.
11 sept. Ifô5-ll janv. 1664— Charles Le Tendre, notaire royal. .... avant 1676— Mathurin Lusseau, chirurgien.
A partir de 1676-.... — Florent Deshayes.
.... avant 1709 — Marin MoUière.
2 juin 1709 — 5 juin 1713 — Pierre Coulmrt, marchand.
.... 1717 .... — Marin Molière.
1719-1722 — André Denay.
12 mai 1726-décembre 1727 — Jean Oriard.
....-1*' septembre 1732 — Marin MoUière.
1«' septembre 1732-1*"' novembre 1736 — Innocent Micault.
1»' novembre 1736-15 novembre 1739 — Noble homme François
Vedye.
Noël 1739-1741 — Joseph Deshayes.
1741-.... — Guillaume Lelièvre.
....-29 janvier 1744 — Joseph Deshayes de TEsnaudière.
Ac X. jTca tf\ ' 4T-a ( Antoine Cailleau.
16 novembre 1749-19 janvier 17o2 ; ,
l Jean Branchu.
19 janvier 1752-1754 — Jean Branchu.
14 juillet 1754-1" janvier 1756— Paul Etoiirneau.
1*' janvier 175G-1»' janvier 1758 — Guillaume Lelièvre, marchand.
30 juillet 1758-19 janvier 1761 —Jean Motreuil, vigneron.
19 janvier 1761-19 janvier 1773 — René Bounié.
14 mars 1773-28 novembre 1779 — Pierre MoUière, marchand.
28 novembre 1779-.... — Pierre Bodereau.
....-1" janvier 1784— René Bidault.