LE PRESBYTÈRE ET LES CURÉS
Selou un aveu rendu par le curé, le 9 mai 1712 (1), à la s^figneui'ie de la Barbée, la maison presbytériale et ses •it'poudanoes joignaient « d'un côté le chemin qui tend de » Bazouges à la Masselière, d'autre côté le chemin tendant » du Bourgepins (2) à Crannes, en partie ; et d'autre partie • le gnuid cimetière ». En outre, elles abuttaient « d'un bout •» le gnmd chemin tendant de La Flèche à Durtal et d'autre » bout la terre du Courcailleau ».
L emplacement ainsi déterminé est encore celui que la ^'lutî \.K.vupe aujourd'hui. Les bâtiments actuels datent en \Kikiw du XY« siècle, en partie du XVII« ; vers le nord, on i reiivuvé d*anciennes fondations qui continuaient l'aligneuHTkU des ctuistructions du XV« siècle et qui peuvent faire MA^»^K»ak*r un édifice autrefois plus étendu.
î.ixeu de 1712 fait connaître qu'anciennement, le •4tia4»u»iv était situé au lieu nommé la Préverie,
' .a uiv de kaouges estimée à 10,000 li\Tes de revenus, w,»iii "a ivvelution, passait pour la seconde du diocèse
vit^ctx, Uwt* les années très abondantes, la dlme de vin . .^e^**Ai ^ ^M^ barriques.
•4» oiuxiilKiiit les ivgistres de la fabrique, nous allons ^^.v.AÙu: U» uaUuv et la ([uantité de plusieurs de ces
^^ ».c* '■ iSê-l'* NWi\H»r 1788— Nicolas Motrcuil. . s^'. ■ if^ l'* ?iiu\H*r ITVW — Jean Vedye.
. ^. ,*^ » iM*\K*r I7l>i — R<Mi« Bouchet.
. vs^ .**.Nk4, Je USiirUio, (1778.
.^ «.••• X M 'iwii^ Ju|nu riait un quartitT du village qui aurait
s V **-*»».>^ J^' N«»r|»run fort communes en cet endroit.
^^ ,....< *k iHii^^'smost exarte ; en tous cas, ceux qui cher-
., .:v.t-^ » »«nv ¥«nMlK* transformation peuvent exercer
— soles curés avaient droit de dlme sur quarante quartiers de
vignes et de terres aux Buffes, à la charge de 5 sols de
service à la seigneurie de Bazouges (1).
Ils avaient également le droit de prendre et percevoir les
Novalles sur toutes les terres défrichées et mises en labour
depuis soixante ans, « dans l'étendue des cantons Doillé et
> autres lieux situés de l'autre côté du Loir, en la paroisse
> de Bazouges ». Le Grand Chapelain prétendit, en 1739, disputer ce droit au curé, sans présenter d'ailleurs aucun titre efficace ; toutefois, son adversaire, homme pacifique, voulut bien lui en abandonner, pour sa vie, la jouissance, moyennant redevance d'un agneau pascal et d'une fouasse faite avec la fleur d'un demi boisseau de froment (2).
Bien plus difficile à régler avait été la dispute , survenue , en l'année 1414, entre le curé et le prieur des Champs. L'objet du différent, les pourparlers auxquels il donna lieu, et l'accord qui le termina sont contenus dans le procès-verbal ci-dessous reproduit (3):
« Pour les débats qu'avaient alors noble homme M^^ Jean » de Viré prêtre, curé en l'église paroissiale Saint- Aubin- » de - Bazouges sur le Loir et Révérend frère René Dubrés,
* moine de l'ordre Saint-Benoit, prieur des Champs en Cré,
• près ledit Bazouges , pour les dîmes de blés , vins et » autres choses que prenait le dit Prieur en ladite paroisse » de Bazouges même, en quartier d'icelle étant du côté de
> sa chapelle dudit lieu des Champs, à aller par le chemin h » tirer des moulins dudit Bazouges aux Trois - Croix , à » Launay, à Tiercé, à Pissoison, à la Fontaine, à Lechencau, » à la Vieillière et au Port ; la plupart desquelles dimes,
> ledit curé disait lui appartenir, comme étant, venant et » croissant dans sa paroisse et que ledit prieuré n'y était et 9 n'y faisait ledit prieur aucun service pour quoi il dut
(1) Archives départ, (le la SarUie, G 778.
C2) La fouasse est une espèce de gâteau cuit au four.
(3) Archives de la fabrique de Bazouges.
> prendre lesdites dîmes ; lequel prieur disait être pre- » mier fondé que ledit curé et que étant ecclésiastique » capable, il avait droit et était en possession de prendre les » dimes audit quartier de ladite paroisse de Bazouges et » encore en ses terres, fiefs et autres lieux, où ses prédéces- )> seurs les avaient jadis prises^ tant en ladite paroisse de y^ Bazouges qu'ailleurs ; à raison de quoi il y avait plusieurs » procès entre eux. Afin desquels accorder, ont lesditscuré » et prieur reçu et pris pour juges les paroissiens de :» Bazouges et de Cré qui Font ainsi voulu.
» Et ce jourd'hui, troisième du mois de mai, l'an mil » quatre cent quatorze ont lesdits curé, prieur et parois- » siens, mené et fait mener les processions des dites }i> paroisses de Bazouges et Cré aux lieu et chapelle dudit )i prieuré des Champs où ils ont feit dire, célébrer et » chanter la messe et, incontinent après, fait conduire » lesdites processions au carrefour des Rivières dudit » Bazouges, où ils ont fiché leurs croix et enseignes et fait » sonner les échelettes et, au nom de Dieu, de la Vierge » Marie , de saint Aubin , de saint Martin , patron des D paroisses et de tous les saints et saintes du paradis, ont i> dit et jugé iceux paroissiens , lesdits curé et prieur » présents, que toutes les dimes qui à l'avenir seraient et » viendraient du côté senestre des chemins cy après » déclarés , par lesquels ils allaient lors faire procession, » seraient et demeureraient audit curé de Bazouges et aux » curés dudit lieu qui viendraient après lui et que celles » qui viendraient du côté dextre des dits chemins, seraient » et demeureraient audit prieur et aux prieurs dudit prieuré » qui viendraient après lui. Ce fait et jugé, sont allés, lesdits » curé, prieur et paroissiens, dudit carrefour des Rivières » par le droit chemin, du Bois des plaines, des Ronces aux » Gaulterayes, aux Pétaudières, aux Mouzaures, au carrefour » do Marigné, et dudit carrefour de Marigné par entre les » Rocheraux, Boyvinières, Mesfrais et audit Port (en
> Crosmières ), où ils ont de rechef mis et fiché leurs croix » et enseignes et fait sonner les échelettes , mis des » brandons de chacune part pour souvenance de ceci ; et
> par bonne amitié s'entre sont baisés lesdits curé et prieur » et promis la foi de vivre en paix et de garder cet accord
> et jugement. Sont venus diner audit Bazouges, où ils ont » rendu grâces à Dieu (1) >.
Nous avons pu reconstituer une liste à peu près complète des curés de Bazouges. Quelques uns ont été des hommes remarquables, tous des prêtres vertueux.
Parmi les premiers successeurs des moines nous pouvDus csiter:
Jacques qui prêta serment le 11 juin 1332 à Tabbé de
Saint-Serge (2) ;
François Turpigné vivant en 1409 (3) ; Et Jean de Viré qui eut avec le prieur des Champs la contestation précédemment rapportée (1414).
Une pièce des archives de la fabrique fait incidemment connaître, en 1459, le nom de Jean Gillain,
Le successeur de celui-ci et probablement son parent, Michel Gillain , était en même temps doyen de Téglise collégiale de Toussaint de Mortagne. L'administration de ce prêtre correspond aux années 1471-1493 (4).
(i) On voit par cette pièce, que dès Tannée 1414 , les Champs dépendaient de la paroisse de Cré et formaient une enclave au milieu de celle de Bazouges. Cette situation anormale n'aurait pas toujours existé, si Ton en croit la tradition suivante : Par un temps d'épidémie violente le curé de Bazouges, surchargé de travail, refusa de se rendre auprès des malades qui le réclamaient aux Champs. Les amis de ceuxci passèrent alors la rivière et s'adressèrent au curé de Cré. Celui-ci 8e rendit aussitôt à leurs prières ; cette première visite lUt, en quelque aorte, une prise de possession et depuis lors, il n'a cessé de compter au nomhre de ses paroissiens ceux qu'il avait secourus et qui s'étaient offerts à lui.
(2) Cartulaires de Saint - Serge reconstitués par M. Marchegay. •—Archivesdepart.de Maine-et-Loire.
(3) Archives du château de Bazouges.
(4) U est appelé Michel Goêlin dans une pièce des. archives de la mairie de Bazouges.
Uordre chronologique appelle ensuite deux fils naturels de Brandelis de Champagne ; Christophe (1), qui mourut en 1518 et Jean qui se vit disputer la validité de son titre ( i5âD-i5â2 ) par un sieur Engoulevent. Ce dernier reprochait à son adversaire d'être bâtard adultérin, situation, qui d'après les règles de l'élise, l'aurait rendu inhabile à la possession de toute espèce de bénéfice. Mais Jean de Champagne prouva que Renée de Wane, l'épouse de son père, était morte au moment de sa conception et que par conséquent l'objection soulevée contre la valeur de son titre était sans fondement (2).
Nous ne savons trop ou placer un curé du nom de Jehan Demaulde ou Demaulne qui apparaît vers cette époque; nous ne voyons guère à lui assigner qu'un intervalle entre Christophe de Champagne et Jean de Champagne, de 4518 à 1520 (3).
Viennent ensuite :
Alexis Garautt (1536) (4).
Etienne Bertrand chanoine de l'église d'Angers ( 1543- 1552) (5).
Etienne Leteulle (1563-1573) (6).
Etienne Lehel (1574) (7).
Thomas Chauvin (1576) (8).
Jean Le Boucher (1583) (9).
(i) Archives du château de Bazouges.
(3) Voir le testament de Brandelis de Champagne dont il sera parlé dans un chapitre suivant.
Ci) Archives départ, de la Sarthe, G 778.
(I) Archives départ, de la Sarthe, G. 778.
^r»^ .\n*hives départ, de la Sarthe , G. 778. — Archives de la IMiMirdît^n\
Vti^ .Vrt^hives départ, de la Sarthe, G. 778.
vT^ Vr\'hivo9 de TEtat civil de Bazouges. — Nous avons des doutes !*m' w ourt^. Nous serions tenté de croire qu'il n'a pas existé et que i «>K*4 M>mit lo nom mal orthographié de Leteulle.
yH \%\ Vivhivwi départ, de la Sarthe, G. 778.
Jean Tauppter ou Taupière (1586-1589) (1).
René RondeaUy aumônier ordinaire du roi ( 1595 ) (2)
René Breslay (1602) (3).
Etienne Berault ( 1603-1637 ), que nous croyons être le même que Pierre Renault, cité en 1641, et que noble Etienne Renault chanoine en l'église d'Angers, qui testa le 3 février 1651 et offrit à l'église 1° des ornements , des linges et des calices ; 2<> le bois de la Gastelerie ; 3<> cent livres destinées à célébrer tous les ans un service solennel. Son exécuteur testamentaire fut noble homme Claude Lusson, demeurant à Angers (4).
Il eut pour successeurs, d'abord, François de la Fosse (1652) (5).
Puis Ignace Le Royer qui sortait du séminaire de Saint- Sulpice où il avait eu pour maître M. Olier.
Après plusieurs années d'un ministère sanctifié paa maintes bonnes œuvres, il dut, en raison de sa mauvaise santé, abandonner la cure, qu'il résigna en faveur de son frère cadet Joseph (6). La mort le prit l'année suivante (1660).
Joseph Le Royer de Boistaillé (7) n'était pas encore dans les ordres lorsque son frère le désigna pour successeur.
Il vivait dans le monde et suivait la carrière des finances après s'être adonné à celle du barreau.
(1) Archives départ, de la Sarthe, G. 778. — Archives de la Barbée.
(2) Archives de l'Etat civil de Dazouges* (3-4) Archives départ, de la Sarthe, G. 778.
(5) Idem.
(6) Ignace et Joseph Le Royer étaient fils de Jérôme Le Royer de la Dauversière , le saint fondateur des religieuses hospitalières de la Flèche et du Canada.
(7) Boistaillé était un petit manoir, situé en la paroisse de Viilaines, dont N... Le Royer, juge au présidial de la Flèche, frère de Jérôme, transmit la propriété à son neveu.
BoistaiUé existe encore et sur la plaque à moitié rongée d'un cadran solaire, fixé dans la muraille, on lit le nom et les armes de Joseph Le Royer, avec la date de 1706.
Il crut alors entendre la voix de Dieu et changea subitement de voie en môme temps que d'habit. Il se rendit au séminaire et passa rapidement par tous les dégrés ecclésiastiques. Pendant la durée de ses études jusqu'en 1665, date à laquelle il revint avec le titre de docteur en droit canon et paraît avoir pris possession de son bénéfice, l'église de Bazouges fut administrée par Julien CouiUedeau.
Joseph Le Royer ne tarda pas à prendre rang parmi les prêtres les plus influents . Il avait beaucoup de zèle , possédait une grande science et ce qui ne gâtait rien, appartenait à une des meilleures familles du pays (1).
« Il commença par orner son église d'une manière qu'on » peut dire magnifique pour un sanctuaire de campagne et » fît élever quatre ou cinq gracieux autels. Il supprima les » bancs qui encombraient la nef et refusa d'enterrer les » morts sous le parvis. Les offices s'accomplirent avec plus » de cérémonie et d'exactitude et l'organisation d'une » confrérie pour l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement » ranima le zèle religieux du peuple. Non seulement il » suivit rigoureusement la discipline ecclésiastique pour » rhabillement et les cheveux courts, mais encore il forma
(1) La TamiUe Le Royer est originaire de Bretagne. Une branche quitta cette province, prit du service auprès des comtes de Vendôme et vint à leur suite se fixer en Vendômois. C'est de Jean Le Royer* officier de Jean II, que naquit en la petite ville de Troo, vers le quart du XIII« siècle, Pierre Le Royer^ évêque du Mans. Pierre Le Royer était depuis vingt ans chanoine de Téglise du Mans lorsque, en 1:294, les suffrages de ses confrères rélevèrent sur le siège épiscopal. U était déjà fort âgé, lors de cette promotion, aussi mourut-il dix - huit mois plus tard environ, dans le cours d'une visite pastorale.
Au XV* siècle, un Le Royer s'attacha au prince Charles de Bourbon, puis à la duchesse d'Alençon et les suivit à la Flèche, viUe de leur apanage.
La filiation des Le Royer et le lien des diverses branches de la famille sont établis par plusieurs titres et en particulier par des lettres patentes accordées par Ix)uis XV, au mois de novembre 1742.
( Archives de la Motte. Lettre émanée de Tévéché sous le pontificat de monseigneur Fil ion ). Les Le Royer portent « d'azur à trois roues d'or ».
» dans son presbytère, avec quatre ou cinq prêtres, une » petite communauté (1).
Cette communauté fut rattachée à celle de Saint - Sulpice et il n'est point défendu de croire, avec la tradition, que M. Olier vint lui-même à Bazouges en rédiger les règles et en organiser les débuts. M. Olier était en effet l'intime ami du père de notre curé et maintes fois le seconda dans ses pieuses fondations (2).
La communauté de Bazouges servit quelque temps de grand séminaire au diocèse d'Angers et elle fut le berceau de l'établissement fondé plus tard, pour l'éducation des jeunes prêtres , dans la ville même d'Angers , par Joseph Grandet curé de Sainte-Croix (3).
M. Le Royer prêta également son concours à la propagation d'une autre œuvre dont les fruits furent notablement moins heureux. Mais il n'y eut, dans la façon déplorable dont tournèrent les choses, aucune faute de sa part ; tout autre s'y fut trompé comme lui.
Nous allons emprunter le lécit de cet épisode à deux brochures très curieuses et très rares émanées. Tune de la plume d'un père jésuite, l'autre, de celle du savant bénédictin, Dom Piolin (4).
Ces récits débutent ainsi : c Dès son origine le Jansénisme > comprit Tintérêt qu'il avait à fonder des écoles où sa » doctrine fut implantée dans l'esprit des enfants avec les » premières notions de la religion et des lettres. Les
(1) Vie de Joseph Le Royer curé de Bazouges. — Note manuscrite des archives de T hôpital de la Flèche.
(2) Suivant la tradition, un autre saint personnage aurait également visité Bazouges. On raconte que saint Vincent-de-Paul se rendant à Angers, fut arrêté par un débordement du Loir et dut coucher à Bazouges, faute de pouvoir immédiatement continuer sa route.
(3) Manuscrit conservé à la bibliothèque du grand séminaire d'Angers.
(4) Le bonhomme Gallard et les Gallardins « par le P. Lusson jésuite , et « Les petites écoles jansénistes dans V Anjou i par dom Piolin.
» tentatives de Fabbé de Saint-Gyran, vrai père de la nouvelle )à secte, ne réussirent pas, il est vrai ; mais ses disciples » ne tardèrent pas à reprendre l'œuvre et ils obtinrent des » résultats propres à leur faire concevoir les plus flatteuses » espérances ».
}» Toutefois, ces établissements, poursuivis par les gardiens » de la foi, furent dispersés sur Tordre de Louis XIV.
» Mais vingt ans ne s'étaient pas écoulés depuis la destruc- » tion des petites écoles de Port-Royal, que les jansénistes » étaient parvenus à ouvrir de nouvelles maisons d'éduca- » tion , animées du même esprit . Ils y formaient des » régents pour les collèges de province, des curés pour » les paroisses de campagne, des précepteurs pour les fils » de famille ^,
)!> Il y en eut à Valognes ; à Vierzon, dans le diocèse de » Bourges ; à Villefranche de Rouergue, dans le diocèse de » Rodez ; et encore ailleurs.
» Les régions de l'Ouest ne furent point en retard sur ce A mouvement. Celui qui fonda les petites écoles en Anjou » se nommait Jean Gallard. Il naquit au mois de septembre » 4619 à l'Hôtellerie-de-Flée. Il quitta de bonne heure son » pays natal pour entrer au séminaire de Saint-Nicolas-du- » Chardonnet, où le directeur, Adrien Bourdoise^ lui ]» inculqua plus qu'à tout autre peut-être, ses pieux » principes. »
Jean Gallard abandonna Paris vers l'époque de la mort d'Adrien Bourdoise, survenue en 1655, et vint s'établir à La Flèche, où l'attirèrent d'anciens camarades de collège. « Il trouva, notamment, beaucoup de bienveillance et de » sympathie auprès de Geslin (1) curé de Bazouges » et pénétra dans l'amitié de Joseph Le Royerqui, lui môme, allait devenir curé de cette grande paroisse.
Jean Gallard, se sentant une vocation déterminée pour les
(1) Ce Geslain, ne fut pas curé de Bazouges , mais seulement vicaire.
fonctions pédagogiques, dans l'exercice desquelles il faisait preuve d'un véritable talent, recruta des professeurs et se mit à la recherche d'une maison. Il la trouva tout naturellement près de son meilleur ami, à Bazouges, et ce ne fut que plus tard, après les premiers succès, qu'un second établissement fut ouvert, à La Flèche, puis d'autres à Mayenne, à Château-Gontier, etc.
Pendant plusieurs années, l'enseignement de ces collèges resta parfaitement orthodoxe et M. Le Royer ne pouvait que se féliciter d'avoir contribué par ses soins, à leur prospérité. Malheureusement deux clercs, enrôlés comme professeurs, les frères Foreau, jansénistes acharnés, séduisirent complètement Jean Gallard. L'école de Bazouges, celle de La Flèche et les autres , devinrent immédiatement autant de foyers hérétiques d'où partirent maintes entreprises, sinon funestes à l'église, du moins fatales à son repos. La guerre dura jusqu'en 1677 , époque à laquelle Louis XIV ordonna la dissolution de toutes les communautés de Jean Gallard. Une lettre de cachet l'exila lui même, deux ans plus tard, à Brives-la-Gaillarde.
Le 10 novembre 1710, la cure de Bazouges se trouva vacante, sans que nous sachions si ce fut par la mort ou par la démission de M. Le Royer et passa sous la houlette de Guillaume Rouillé, Celui-ci mourut dès l'année 1717 ; il était âgé de cinquante ans (1).
René Le Pelletier (1717-1762) appelé de la cure de Thorée à celle de Bazouges y demeura quarante-cinq ans et ne la quitta que pour passer dans un monde meilleur. Tous ses confrères et voisins regardèrent comme un honneur de venir assister à ses funérailles, célébrées au milieu des larmes de ses paroissiens et des regrets universels.
Mathurin Charles Beaumont, très digne prêtre, se plut à enrichir son église d'une foule d'ornements de toutes
(i) Archives départ, de la Sarthe, G. 778.
couleurs et de toutes natures : c'était à une époque où l'on ne prévoyait pas encore la chute du trône et le pillage des autels. Notre bon curé eut été bien étonné, si quelque prophète lui eut annoncé que son église serait vendue comme bien national et que lui-même serait obligé de fuir, après avoir refusé de prêter un serment coupable (1).
Ses vicaires MM. Ménard et Levacher, ayant suivi cet exemple de courage, furent exilés. Le terrain resta l^re pour M. Etourneau, prêtre constitutionnel, né à La Flèche et fils d'un notaire. En 1793, une troupe royaliste, l'ayant surpris non loin de la Taffardière, le fusilla sans autre forme de procès.
En 1801, M, Ménardy revenu dans sa patrie, fut nommé curé de Bazouges ; cette récompense lui était bien due. L'affection des paroissiens le consola de ses épreuves et le suivit jusqu'à sa tombe.
Après lui, M. Ptnot remplit avec un zèle admirable et pendant de longues années (1839- ) le rôle parfois si difficile et toujours laborieux de pasteur des Ames.
Enfin nous sommes heureux de saluer aujourd'hui le successeur de si excellents prêtres , en la personne de M, Hamel, à l'obligeance duquel nous avons plus d'une fois recouru pour la rédaction de ces pages.
Outre les vicaires (2), et les chapelains qui n'étaient point
(1) En 1793, réglise vendue comme bien national, fut achetée par M. de la Bérardière , qui se faisait , comme beaucoup d'autres, de douces illusions sur la durée de la révolution et qui se proposait de restituer l'église au culte. — Cette restitution ne put avoir lieu qu'en 1812, par l'entremise du comte de la Bouillerie. Celui-ci racheta le monument, longtemps resté en des mains mercenaires, et le rendit à la commune.
(2) Noms de quelques vicaires de Bazouges.
GuUlaume Le Barbier (1573-1584).
Michel Oviard (1582-1586).
Tyberge (1603).
JuUen Labat (1615).
Guillaume Gaudin (1617).
rares, le clergé de Bazouges comprenait encore des prêtres habitués tels que :
N... Moriceau^ en 1623 (1).
Pierre Syeite, devenu chantre et chanoine de l'église d'Angers et vice-gérant de Tofificialité ; en 1652, commis par l'évêque pour se transporter à MélijiDais, voir, visiter la châsse et les ornements de Saint - Régnauld et rédiger un procès-verbal (2).
Jacques Loppéy en 1652 (3).
René Faucher, sous-diacre, en 1655.
ChrisMphe DesrocheSy en 1752 (4).
René Davy, clerc tonsuré, en 1754 (5).
Joseph Renouardy en 1774 (6).
Af* LouiS'Pierre-Archange Davoust de Langlottière, reçu, en 1774, dans les canonicat et prébende du chapitre collégial de Saint-Pierre de la cour au Mans , laissés vacants par la démission de M. Pierre-Louis Desportes de Linières (7).