‹ La cité de Carcassonne (Aude) (volume 2)Chapitre 20 sur 26 · FAMILLE DE CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

FAMILLE DE CHAMPAGNE

Branche de Durtal et de Mathé félon.

Hugues I. — 5« seigneur.

La famille de Champagne se composait de plusieurs branches. La première , souche de toutes les autres, se distinguait par les noms de Durtal et de Mathéfelon (1). Hugues I et son épouse Jeanne de Sablé eurent deux fils. Thibault , l'ainé , continua la branche de Mathéfelon ; Brandelis, le cadet, commença la branche dite de Parce.

Branche de Parce.

BrandeUs L — 6« seigneur.

Brandelis eut dans sa part d'héritage avec Parce, Pescheseul, Avoise, Le Bailleul etc., le fief de Bazouges. Il épousa Louise de Rohan et mourut en 1249.

(1) Hubert) sire d'Ârnay, mort avant 1002 , avait épousé en 9Q7 Eremburge, dame de Vihers, qui reçut en dot de Foulques Nerra, son cousin germain, la campagne de Parce, c*est-à-dire la baronnie de Champagne et les terres d'Avoise, de Pescheseul, du Bailleul et de Saint-Martin-de-Parcé.

11 eut pour fils Hubert II, qui épousa Eldeburge de Beauvoir-Mayenne et qui fut tué dans un combat en 1016.

Hubert III fonda le prieuré de Saint- Léonard près Durtal, en 1070, et reçut le château de Durtal comme don de GeofTroi- Martel comte d'Anjou, en HXîQ, — Il épousa en 1080 Elisabeth de Mathéfelon.

Son fils Hubert IV, auteur de Hugues I, ajouta à ses titres celui de baron de Mathéfelon qui lui venait de sa mère.

Foulques I. — 7« seigneur.

Mort en 1269 et sa femme Jeanne de Sully.

Jean. — 8« seigneur.

Il ne laissa pas d'enfants et transmit ses titres, terres et fiefs à son frère Foulques II.

Foulques II. — 9« seigneur.

Mort avant 1290 et sa femme Jeanne de Harcourt.

Jean I. — 10« seigneur.

Mort en 1335 et sa femme Isabelle de Chazeille.

Jean II. — 11« seigneur.

Tué dans un combat en 1364 et sa femme Jeanne de Beaujame.

Brandelis II. — 12« seigneur.

Mort en 1411 et sa femme Jeanne de la Réaulté (ou Réauté).

Il devait, en 1394, au châtelain de la Flèche, la redevance d'une paire d'éperons dorés à cause de sa terre de Bazouges (1).

Jean III. — 13® seigneur.

Ce seigneur eut d'Ambroise de Crenon, qu'il épousa en 1383, huit fils et cinq filles. Sept de ses fils, dont l'alné,

(1) Archives de la mairie de Dazouges.

furent tués à la bataille de Verneuil en 1424. II ne resta que Pierre, le second, continuateur de la branche de Parce (1).

Ambroise de Grenon mourut le 26 avril 4434. — Jean III de Champagne décéda le 13 janvier 1436.

Nous ne sommes entré dans aucun détail sur la vie de ces personnages, parceque les principaux traits en sont relatés dans tous les recueils généalogiques. Us habitèrent, d'ailleurs, presque continuellement le château de Pescheseul, se firent enterrer dans Téglise de Parce et laissèrent déserte la forteresse de Bazouges.

Marguerite. — 14« seigneur.

Marguerite de Champagne, Tune des filles de Jean III, née à Angers en 1397, reçut dans sa dot, après le désastre éprouvé par sa famille, Bazouges, et semble y avoir résidé, au moins transitoirement, en compagnie de son époux, Robert Sarrasin.

Elle rendit aveu, en 1455, à la baronnie de la Flèche (2). Elle créa une chapelle au château et la pourvut d'un chapelain en 1482.

Son mari mourut avant 1471 , sans lui avoir laissé d'enfants, en sorte que Bazouges revint après elle à son neveu Brandelis, troisième fils de Pierre (3).

Brandie de la Suze.

Brandehs — 15« seigneur.

Ce Brandelis commença la branche, dite de la Suze, ayant

(1) Celte filiation est établie d'après La Chesnaye-Desbois ; selon d'autres auteurs elle est un peu différente.

(!2) Archives de la mairie de Razougrs.

(3) Pierre eut, d'après La Chesnaye-Desbois, cinq fils; René, Baudouin (mort sans enfants), Brandelis, auteur de la Branche de la Suze, Guy, auteur de la branche de la Hoche Simon, et Jean, auteur de la branche de Morcins.

reçu de sa cousine germaine Anne, épouse de René de Laval, la baronnie de la Suze, Loupelande et ChaulTour qui fut plus tard érigée en comté.

Il s'était marié en 1485 avec Renée de Warie ( ou de la Vairie ) et testa le 15 décembre 1504.

Après avoir recommandé son âme à Dieu, il déclare vouloir être enterré, s'il meurt à Brouassin, en Téglise de Mansigné, paroisse de ce château, près de ses prédécesseurs ■— s'il meurt à Bazouges, près de sa femme qui repose déjà en ce lieu — enfin, s'il meurt hors de Brouassin et de Bazouges, dans l'église du lieu où il mourra.

Il donne 14 livres tournois pour la réparation de la chapelle où il sera enterré, puis il ajoute : « Je veil et ordonne » être porté en terre par treize les plus pauvres de la » paroisse où je mourrai et dessus ung chevallet avec la » croyx et l'eau benoiste et cinq torches de chascune cinq

> livres la pièce que cinq pauvres porteront et ordonne

» qu'il soit donné auxdits treize pauvres, à chacun, deux » aulnes et demye de bureau, bon pour faire à chascun une » roble ».

Il règle ensuite le nombre des obits, des messes et des libéra qui devront être dits pour lui, après sa mort, ainsi que la rétribution pécuniaire attribuée à ces différents services.

Il demande que, contrairement à l'usage, il n'y ait aucune assemblée à l'occasion de ses funérailles (1).

Il fonde en outre la chapelle dite plus tard Grande-Chapelle et dont nous avons eu déjà l'occasion de parler.

Il lègue enfin « trois cents francs tournois » pour doter et marier de pauvres filles.

C'est seulement après avoir ainsi réglé les affaires éternelles, fait un retour sur lui même et pourvu aux soins de

(1) Cot usage existe encore dans nos campagnes. Lorsijue la famille du mort occupe un certain rang, elle reçoit les gens du |mys au retour de l'enterrement et leur fait servir un repas.

son âme, que Brandelis songe à s'occuper des intérêts temporels. Cette première partie tient une place importante dans son testament. Il en était généralement toujours de même, à ces époques où la foi rayonnait sans cesse et partout d'un éclat, hélas, bien affaibli de nos jours.

Brandelis nomme pour exécuteurs testamentaires: l» Monseigneur de Nemours, — 2® ses frères Antoine (i) et Hardouin de Champagne , — 3<» son cousin de Bois Dauphin.

Il ordonne en premier lieu de payer ses dettes; il prie ses héritiers de récompenser ses serviteurs ; il lègue deux cent dix livres laissées par sa tante, Marguerite de Champagne dame de Bazouges, au prieuré de Gunault près de Saumur.

Il s'occupe ensuite du sort de ses enfants et en particulier de celui de ses filles, disant : c Je veil et ordonne que mes » quatre filles Jeanne (2), Françoise (3), Renée eXAlioneure (4) » de Champagne ayent en mariaige, elles venues en aage » compestant pour l'estre selon l'opinion de leurs parents » et amys, à chascune la somme de cinq mille hvres, pour » tous droits de partaige et succession de père e| mère, :» et entend que en ce baillant, elles renoncent à la succes- » sion au profit de leur frère Baudouyn,.., et j'ay fait pour » l'avantage de mesdites filles pour qu'elles puissent trouver » bons espoux et qu'elles ayent de quoy honestement » entretenir leur estât ». Il ajoute, du reste, que s'il gagne un procès qu'il a en ce moment, la dot de ses filles sera portée à dix mille livres.

Outre cette famille légitime, le seigneur de Bazouges en possédait une autre moins régulière , dont il s'occupe

(i) Antoine est probablement le donateur de la voûte de Téglise de Bazouges, dont le portrait figure sur Tun des panneaux.

(2) Jeanne épousa en 1508, le marquis de Cardaillac.

(3) Françoise épousa en 1505, Jean de Gironde.

(4) Âlioneure épousa Jean de Guarguesalles.

cependant dans son acte testamentaire. « Item, écrit-il, je » donne à la petite Marie, qui est nourrie cyans, qui m'a

> este donnée (1), trois cents livres pour la marier, elle » venue à son aage ; et si elle va de vie à trespas avant estre » mariée ou si elle descedait sans hoirs de sa chaire et que » ces hoirs de sa chaire deffaillissent, en iceluy cas, je

> veil que lesdits trois cents livres retournent à mes » héritiers ».

« Item, continue le testateur, je remets à mon héritier » principal de faire quelque bien à ung myen donné, nommé » petit Jean de Champaigne, lequel je advoue et est aux

> écoles, et qu'il l'entretienne selon son estât et ainsi qu'en

> ay fiance en luy ».

La copie du testament est accompagnée d'un acte de notoriété, passé devant notaire le 6 février 1520, où noua apprenons plusieurs détails relatifs à « petit Jean » et dans lequel les témoins < paroissiens de Mansigné » déclarent « qu'ils » ont eu connaissance de feu haut et puissant seigneur » Brandelys de Champaigne , seigneur de Brouassin , » Bazouges, CouUans et sénéchal audit pays du Maine et de » feue damoyselle Anne du Teil et ensemble congnaistre » maistre Jehan de Champaigne, a présent curé de Bazouges » et prieur de Dureil au diocèse d'Angers ; lesquels dits

> attestants disent estre et avoir toujours étté tenu et notoi-

> rement réputé fils naturel desdits deffuncts messire » Brandelis et damoyselle Anne et qu'ils l'ont vu nourrir et

> entretenir ; et savoir véritablement que lors de la concep- » tion et nativité dudit m^^ Jehan de Champaigne ledit feu » messire Brandelys n'était pas marié, mais estait veuf et » semblablement ladite deiîuncte danfbyselle Anne du Teil » n'était mariée et ne l'avait jamais esté, mais estait jeune » fille solve (libre) ; et aussi que ledit Jehan fut né ung an » ou environ après la mort de hautte et puissante dame

(1) Ce terme c qui in*a été donné » signifie, dans le style de Tépoque^ un enfant naturel.

» Renée de Vairye en son \ivant femme de messire 9 Brandelys, de laqpielle defluncte dame de Bazoges ladite }i Anne, en son vivant était damoyselle et après le trépas de i> ladite dame de Bazoges, ladite Anne demeura en la » maison dudit feu messire Brandelys environ de deux ans » pour gouverner les filles dudit feu seigneur de Bazoges et » puys après fut mariée l^jiite Anne ung an ou environ après » la nativité dudit maistre Jehan (i) ».

Ce Jean de Champagne, bien que reconnu et « advoué » positivement dans le testament de Brandelis, eut donc une certaine peine à faire valoir ses droits (2).

Baudouin. — 16^ seigneur.

Baudouin, fils de Brandelis, rendit aveu, en 4511, à la baronnie de la Flèche, pour sa terre de Bazouge«(3).

Il épousa, en 1518, Jeanne dame de la Chapelle-Rainsoin. En 1527, commença entre Baudouin et René Branchu , seigneur de Launay, un procès, dont le premier résultat fut la mise en séquestre du fief de Launay ; il s'agissait probablement d'un hommage non rendu ou d'une autre question de droit féodal. Les parties, pour éviter les frais que la multiplicité des degrés de juridiction entraîneraient, convinrent de soumettre leurs contestations à la connaissance du juge royal du Maine sauf appel au parlement. Néanmoins, les choses auraient pu rester longtemps sans solution si une transaction ne fut intervenue Tannée suivante (1528) ; René Branchu céda son fief de Launay au seigneur de Bazouges.

Baudouin soutint, en 1529, contre le refus qu'on lui en faisait, avoir le drdlt de prendre dans les forêts de la baronnie de la Flèche, le bois nécessaire aux réparations de

(1) Archives départ, de la Sartlie, G. 778.

(2) Brandelis avait encore un autre fils naturel, Christophe, qui fut également curé de Bazouges et qui mourut au mois de février 1518.

(S) Archives de la mairie de Bazouges.

son château et des portes marinières de ses moulins. Le juge de la Flèche demanda une production de titres et rendit sa première sentence en 1543 seulement, encore ne maintenait-elle les seigneurs de Bazouges dans leur droit de jouissance prétendu que provisoirement et jusqu'à plus ample information.

Nicolas. — 47« seigneur.

Nicolas^ fils de Baudouin, épousa Françoise de Laval et fut tué dans un combat le 12 novembre 1567.

Il laissa deux fils — Louis continuateur de la branche de la Suze ; Brandelis^ auteur de la Branche de Villaines — et upe fille Perronelle.

Louis. — 18« seigneur.

Fut remplacé, après 1578, par sa sœur.

Perronelle. — 19« seigneur.

Perronelle de Champagne épousa Jacques^ C3mte de Lorges et de Montgommery, dont elle eut Marguerite.

En 1589, le château de Bazouges, qui occupait un point stratégique important, reçut garnison du roi et fut occupé par Guillaume de Quatrebarbes , chevalier de la Roussardière (1). Vers le temps qui précéda Tavénement d'Henri IV, la religion protestante s'était répandue dans tout le pays. Le futur roi de France avait reçu de son père la seigneurie de la Flèche (2) et Jeanne d'Albret, sa mère, ayant excité les

(i) Il est inutile de rappeler ici Tanciennetc et Tillustration de sa famiUe, bien connue pour l'une des plus nobles de l'Anjou.

11 descendait de Guillaume de Quatrebarbes, mort en iblif eide Jeanne de la Houssardière.

(2) Voyez l'histoire de la Hcche par M. de Montzey, T. L pages 250 et suivantes.

déportements des Huguenots, ceux-ci, trompés dans leurs espérances par la conversion d'Henri IV, ne cessèrent pas immédiatement leurs incursions ; le seigneur de Bazouges appartenait à la secte et, bien qu'il fut éloigné du pays (1), son influence pouvait être à craindre. L'occupation de son château assurait son inaction et permettait, en outre, de surveiller to\ite la contrée.

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