‹ La cité de Sainte-Cunégonde de Montréal [microforme]Chapitre 15 sur 82 · ABBE. A. SEGUIN · texte numérisé non relu

ABBE. A. SEGUIN

Premier curé de Ste-Cunégonde.

I] fit ses études à Sainte Thérèse Ge Blainville, où des prêtres vertueux développèrent par leurs exemples et par leurs leçons les semences de vertus que Dieu avait mises dans son cœur. Ayant terminé sa philosophie, il résolut d'entrer dans l’état ecclésiastique et commença sa théologie au séminaire de Montréal, d’«ù il fut retiré après dixhuit mois, pour aller demeurer à l’évêché,

Le 28 Septembre 1867, il se présenta à l’ordination et fut promu au sacerdoce le jour de la Nativité de la Sainte Vierge, par Mgr. Bourget dans la cathédrale de Montréal.

Le jeune abbé Séguin fut nommé en octobre de la même année, vicairé à Saint-Jean d’Iberville.

Trois ans plus tard, il était envoyé à Verchères où son frère ainé remplissait les fonctions de curé.

Son séjour y fut de courte durée, car nos zouaves ” canadiens venaient d'arriver de Rome et quelquesuns d’entre-eux se sentant des goûts pour la vie champêtre résolurent de fonder sous la protection, de l’autorité ecclésiastique, une colonie au milieu. de nos forêts.

Les bords du lac Mégantic, sur les confins des diocèses de Québec et Trois-Rivières, dans le comté de Compton, furent choisis, à cause de leurs riants paysages, pour en être le berceau.

M. A. Séguin fut cha:gé de les y conduire. Ils partirent de Montréal une quinzaine, le 18 avril

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1871 et arrivèrent, après trois jours de marche pénible, au fameux lac, encore couvert de glace. La neige tombait par gros flocons, le ciel était sombre, la bise soufflait, froide, à travers la forêt dénudée, le spectacle faisait mal au cœur.

Là,une rude tache attendait notre jeune missionnaire. L'organisation de la nouvelle colonie était difficile. Les pionnie:s arrivaient lentement à cause de la distance et des mauvais cheïnins ; la distribution des terres rencontrait de l'opposition de la part de squaflers qui affirmaient avec menaces avoir retenu à l’avance les lots qui étaient donnés aux zouaves.

Il fallut aller à Québec, à Montréal, à Sherbrooke et ailleurs pour faire lever tous les obstacles.

Au milieu de ces difficultés, M. Séguin veillait à la construction d’une maison pour le missionnaire et les colons, puis d’une chapelle pour les exercices du culte.

Six mois après, toute la colonie était enfin organisée. De nouveaux colons arrivaient tous les jours, et Piopolis, comme on avait baptisé l’endroit en souvenir de Pie IX, devenait un centre d'activité.

Six paroisses ou missions sont aujourd’hui sorties de son sein.

Monsieur Séguin remit sa mission entre les mains d’un prêtre de Trois-Rivières et revint à

Montréal après avoir accompli cette bonne et grande œuvre. |

En février 1872, M. Séguin fut appelé à la cure de Saint-André d'Argenteuil qui venait d’être cédée par les clercs de St. Viateur à Mgr. de Montréal. Il trouva une vieille sacristie et une église bien trop petite pour loger tous les ndèles.

Il se remet résolument à l’œuvre, bâtit une nouvelle sacristie, allonge l’église de trente pieds, refait les fenêtres et les portes, pose une nouvelle couverture, surmonte le tout d’un clocher.

Entre temps, il visite sa paroisse et réorganise les écoles. Il se rend même au village de Lachute .où il trouve un petit noyau de catholiques perdu au milieu d’une population protestante assez intolérante. Voyant leur détresse, le curé loue une école méthodiste pour y dire la messe tous les dimanches ; cela cause un émoi à certains sectaires fanatiques de Lachute qui bientôt mettent le feu à la dite chapelle. Mais, c’est en vain, l'œuvre de Dieu ne périt pas. Une belle église sortira des cendres de la chapelle primitive. A. M. l'abbé J. D. Dubois, aujourd’hui curé de la paroisse du £t. Esprit, fut confié le gouvernement de cette église naissante.

M. l'abbé Séguin était à faire décorer l’intérieur de son église de Saint-André quand, au milieu de l'été de 1875, il fut appelé à Sainte-Cunégonde.

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Dans la force de l’âge, plein de zèle, de dévouement et de patriotisme, accoutumé aux durs travaux de fondation, ce prêtre était celui que la Providence avait choisi pour la direction de Sainte- Cunégonde. Il fut donc notre premier curé.

Quelques lecteurs, en voyant cette dernière phrases, vont peut-être répéter ce que d’anciens citoyens me disaient, à savoir: que la cure avait été établie ici, duraut le séjour de M. Pru-

. d'homme?

Cette opinion est facilement mise à néant par le fait que tous les actes de baptème et de mariage écrits par le Rev. M. Prud’homme sont datés de St. Henri, ensuite par la pièce officielle suivante qui démontre que l'érection canonique de notre paroisse n’a eu lieu qu’en décembre 1875, alors que M. A. Séguin avait remplacé son prédécesseur depuis quatre ou cinq mois:

‘{IGNACE BOURGET, par la miséricorde de Dieu ‘ et la grâce du St. Siège Apostolique Evêque de ‘‘ de Montréal etc. etc., etc.

‘{ À tous ceux qui les présentes verront savoir ‘{ faisons que vu 1° la Requête en date du quatorze ‘* juillet dernier à nous présentée par les habitants ‘ francs tenanciers de la Desserte de Ste. Cuné- ‘ gonde faisant partie de la paroisse de St. Henri ‘ des Tanneries, dans le comté d’Hochelaga, du “ District de Montréal, de Notre Diocèse, lesquels ‘! demandent que leur territoire formant la dite

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| | *‘ desserte de Ste. Cunégonde soit détaché de la | ‘‘ dite paroisse de St. Henri des Tanneries et ca- | ‘ noniquement érigée en paroisse séparée; 2° la “commission spéciale en date du vingt-sept ‘© novembre dernier que Nous avons donnée sur la ‘ dite Requête à M. Joseph *éguin chanoine de “ Notre Cathédrale. pour après dues Notices don- ‘ nées aux intéressés se transporter sur les lieux, y ‘ vérifier les faits et les allégués de la dite Requête, Lis ‘: Ja convenance de faire la dite érection et du tout ‘ nous faire son rapport par écrit ; 30 la procédure ‘‘ du dit M. Joseph Séguin, Notre Député susdit ; 40 les Notices qu’il en a données aux intéressés ; ‘50 le rapport légal et par écrit qu’il nous a fait ‘‘ le neuf décembre courant constatant les faits et {les allégués de la dite Requête, la majorité des ‘habitants francs tenanciers du sus dit territoire ‘ainsi que la convenance de faire la dite érection ‘‘ canonique.

‘“ En conséquence de tout cela, le Saint Nom ‘ de Dieu invoqué, dérogeant au décret par lequel ‘“ Ja dite paroisse de Saint- Henri des Tanneries a | “* été érigée le deux juillet mil huit cent soixante- “‘ quatorze, Nous avons détaché et détachons par ‘les présentes de la dite paroisse de St. Henri des ‘‘ 'Tanneries, érigé et érigeons aussi par les présen- ‘tes e= titre de Cure et de paroisse séparée sous

“le titulaire de Ste. Cunégonde dont la fête se ‘* célèbre chaque année le trois du mois de mars, : tout le territoire décrit et borné comme suit,

‘ savoir : Comprendra la dite nouvelle paroisse de ‘Ste. Cunégonde la partie Est de St. Henri des

‘ Tanneries et sera borné au Sud par le Canal de “{ Lachine, depuis la rue Atwater jusqu'aux

‘{ limites actuelles de la ville de Montréal depuis ‘Je Canal de Lachine jusqu’à la rue Dorchester, ‘© au Nord par une ligne passant par le milieu de ‘la rue Dorchester et se prolongeant des limites ‘* de la dite ville de Montréal jusqu’à la rue At- ‘ water, et à l'Ouest par une ligne passant par le ‘ milieu de la rue Atwater et se prolongeant ‘* depuis la rue Dorchester jusqu’au Canal de La- ‘“ chine, sujette la dite nouvelle paroisse aux dis- ‘# positions exprimées dans le décret d’érections de ‘“ Ja susdite paroisse de St. Henri des Tanneries ‘{ tel qu’amendé par le Saint Siège et publié dans ‘’ la dite paroisse en mil huit cent soxante-qua- ‘{ torze.”’

‘‘ Pour être la dite cure et paroisse de Ste. ‘. Cunégonde sous notre entière juridiction spiritu- ‘“ elle, à la charge par les curés ou desservants qui ‘* y seront placés par Nous ou Nos successeurs ‘* de se conformer en tout aux règles de discipline ‘{ établies dans ce Diocèse, spécialement d'admi- ‘{ nistrer les sacrements de l’église, la parole de ‘! Dieu et les autres secours de la religion aux ‘‘ fidèles de la dite paroisse ; enjoyons à ceux-ci ‘’ de payer aux dits curés ou desservants les dimes ‘et les oblations telles que usitées et autorisées ‘! dans ce Diocèse, de leur porter respect et obéis- ‘{ sance dans toutes les choses qui appartiennent ‘à la religion ou qui intéressent le salut éternel.

‘* Sera le présent Décret Cano- ‘‘ nique ou une vraie copie ‘“ d’icelui, lu et publié au ‘‘ prône de la messe parois- ‘‘ siale des deux susdites pa- ‘{ roisses le premier dimanche ‘“ après la réception.

‘* Donné à Montréal le onze du ‘* mois de décembre mil huit ‘‘ cent soixante-quinze, sous ‘* Notre Seing et Sceau et le ‘* Contre Seing de Notre Se- ‘ crétaire.

f 1G. Ev. DE MONTREAL.

PF, “fonseigneur, J. O. PARE, Chau-Secrétaire.

‘ Je, soussigné, curé de ia paroisse de St. Henri ‘“ des Tanneries, certifie avoir lu et publié le dé- “ cret ci-dessus et d’autre part, au prône de la ‘{ messe paroissiale, dimanche le douzième jour de ‘“ décembre mil huit cent soixante-quinze.

‘’ En foi de quoi, j'ai sighé le présent certificat ‘‘ au dit lieu de St. Henry des Tanneries, le douze ‘* décembre mil huit cent soixante-quinze.

Jcs. GRATTON, Ptre. Curé.

Le prêtre entreprenant qui venait s’établir au milieu de nous. se préoccupa nullement des peines et des fatigues qu’il lui faudrait endurer pour arriver à son but L'âme remplie de nobles aspirations, il voulait doter ses ouailles d'œuvres 47 majorem dei gloriam. ‘‘ Jamais le révérend Séguin se laissa rebuter par la faiblesse de ses ressources. Dieu lui inspira une profonde confiance :

et le digne curé savait qu'avec l'appui du Ciel, il pourrait réaliser bientôt son rêve le plus cher, qui était de doter Sainte-Cunégonde d’une église où les fidèles pussent tremper leurs âmes, contre les faiblesses de la vie, et dans un saint concert adresser à Dieu leurs ferventes prières. ”’

Tout d’abord il s’occupa de la fondation d'une fabrique, comme le document suivant en fait foi :

ORDONNANCE DE MGR. L'EVEQUE DE MONTRÉAL, ETABLISSANT UNE FABRIQUE DANS LA PAROISSE D SAINTE CUNEGONDE. :

IGNACE BOURGET PAR LA GRACE DE DIEU ET DU SIGE APOSTOLIQUE EVEQUE DK MONTREAL.

Erc., Erc., Erc.

‘Vu que la Paroisse de Ste. Cunégonde doit ‘aux termes des Décrets |Apostoliques qui ont ‘ déterminé le démembrement, de la Paroisse de # Notre Dame de Montréal, avoir une Fabrique “ pour la bonne administration de ses revenus ;

“ Vu que pour la formation d’une telle Fabrique ‘€ et le régime de son administration il. convient et “ qu’il est même nécessaire d'adopter les formes 4 suivies pour la création de l’administration de la ‘{ Fabrique de l’Eglise mère dont elle a été dé- #4 membrée ;

(ll “Vu que conformément à une Ordonnance de “ Mgr. Francois de Laval, Evêque de Pétrée et

‘{ alors Vicaire Apostolique de la Nouvelle France,

‘“en date du cinq décembre mil six cent soixante,

‘{ l’on y convoque des assemblées tant des anciens

‘‘ que des nouveaux Marguilliers, soit pour la red-

‘ dition des comptes et autrr: affaires qui concer-

‘“ nent l’avantage de la Paroisse, et le bien de

‘‘ l'Eglise paroissiale,

‘* Nous avons, le Saint Nom de Dieu invoqué, ‘“et de l’avis de N. V. F. les Chanoïnes de Notre ‘* Cathédrale, ordonné, réglé, statué, ordonnons, ‘ réglons, statuons &e qui suit :

‘{ ro Pour nous conformer au Décrets Apostoli- ‘ que du trente juillet mil huit cent svixante- ‘ quatorze, Nous établissons une Fabrique dans la Lil ‘! Paroisse de Ste. Cunégonde, régulièrement ul ‘“ démembrée de celle de St. Henri des Tanneries,

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