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NOS MAISONS D'EDUCATION

C’est à l'éducation religieuse et chrétienne, à l'éducation rationelle et pratique que doivent tendre nos efforts.—J.-B. MEILLEUR.

‘‘ Ste-Anne se rendaient à une modeste ‘© maison de la rue Richelieu pour y faire ‘! l’école.

Deux petites pièces, à un premier étage avaient ‘‘ été mises à la disposition des institutrices. ‘{ L'ameublement consistait en un gros poêle, ‘“ quelques tables d’école et des bancs. Il n’y avait ‘! pas même de chaises pour les religieuses qui ‘ durent faire la classe debout, durant plusieurs ‘{ jours.

‘* Les sœurs trouvèrent les enfants dans un état ‘" d’ignorance absolue, sur 176, une douzaine pou- ‘{ vaient lire couramment ! Cependant ces pauvres ‘* enfantsdont l’instruction avait été préalablement ‘" si négligée devinrent bientôt des modèles d’ap- ‘ plication en tout.

‘‘ On les voyait affectueux, remplis d'attention ‘" pour les bonnes sœurs qui de leur côté les ‘‘ payaient bien de retour.

‘* Une des religieuses de ce temps-là, rend le té-

| e 9 Septembre 1870, deux religieuses de

‘! moignage suivant sur. ses chers élèves : ‘‘ Par- ‘© mi les centaines d’enfants qui sont passés dans ‘! mes classes depuis 1870, ce sont ceux de Sainte- ‘ Cunégonde qui ont gardé la meilleure place ‘! dans mon affection. Je ne puis me rappeler leur ‘ préparation fervente à la première communion, ‘‘ Jeur religieuse attention au cathéchisme, sans ‘‘ être profondément touchée.”’

‘{ Le local étant devenu trop étroit le premier ‘août 1871, MM. les commissaires louèrent une ‘{ autre maison située rue Notre-Dame, près de la ‘‘ rue Vinet. Afin de donner une idée de l’insa- ‘ Jubrité de ce local qui n’était pas à moitié ter- ‘* miné, les sœurs qui l’ont habité disent : ‘‘ Qu'il ‘* n'était pas besoin de sortir pour connaître l'état ‘‘ de la température ! ”’

‘“ A la réouverture des classes en 1871, l’école ‘“ fut transférée dans une maison plus confortable ‘* de la rue Delisle. On y avait quatre grandes ‘{ classes bien aérées et bien éclairées ; quatre ins- ‘{ titutrices donnaient l’instruction à 496 enfants.’’

Trois ans plus tard on pouvait enrégistrer 695 élèves

Ces diverses écoles avaient été sous le contrôle de Saint-Henri, car ce fut le 16 juillet 1875 seulement que son Excellence le lieutenant-gouverneur voulu bien par un ordre en conseil nous ériger en municipalité scolaire distincte, sous le nom de ‘ Village Delisle ” et, lorsqu'on contemple aujourd'hui nos magnifiques et spacieuses maisons d’éducation, on ne conçoit pas tout le travail qui s’est effectué en un laps de temps aussi court.

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C’est qu'ici encore, comme dans les autres œuvres, nos hommes d’action y ont mis toute l’ardeur qu’ils possédaient, c'est que nos écoles tenues sur un haut pied ont su attirer la jeunesse studieuse: Mais, les débuts ont été rudes et il ne faut pas juger du résultat par les commencements.

Même après l'établissement de l’école de la rue Delisle (école aujourd’hui disparue) les sœurs de Ste-Anne, n’eurent pas toutes leurs aïises, pour me servir d’une expression courante, et je ne puis me rappeler sans émotion le temps où ces courageuses femmes partaient de la paroisse Saint-Henri pour venir chaque matin et par toutes saisons remplir leur tâche ardue : former de jeunes intelligences, préparer des enfants pour les luttes de la vie! Leur dévouement fut admirable et j’éprouve en leur consacrant ces lignes, un sentiment de satisfaction d'autant plus grand, que moi-même je fus un de leurs élèves à cette époque.

‘ En 1876, la municipalité enleva aux religieu- ‘{ ses l’enseignement, pour le donner à mesdemoi- ‘{ selles Desrivières, mais on s’en repentit bientôt, ‘© et l’année suivante les sœurs furent instamment ‘“ priées de venir reprendre leurs anciennes classes.

‘© La communauté accepta, mais à la condition de ‘{ ne recevoir que les filles.”

L'on fut donc obligé de nommer deux instituteurs : MM. L. Valiquette et L. Demers.

Ici finit pour la municipalité la période de ta-

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