‹ La cité du mal; ou, Les corrupteurs du siècleChapitre 20 sur 62 · IMPUISSANCE £T DÉSESPOIR DE LA BAISON · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE £T DÉSESPOIR DE LA BAISON

le crains bien, une prochaine et inévitable défaite. L'homme^ nous l'oublions trop ^ malgré sa déchéance et le coup mortel dont, à Torigine, je Tai frappé dans tout son être, l'homme est fait pour la vérité qui est sa vie, pour la lumière, pour le souverain bien j il les cherche, il les appelle, il y aspire invinciblement... Nous lui avons trop montré le néant; nous avons trop épaissi la nuit autour de lui; nous avons trop étalé à ses yeux les ignominies du mal; il s'effraie, il a entrevu les précipices, il se détourné et revient sur ses pas. Après tant de perturbations et de tempêtes qui l'ont meurtri et brisé, un immense besoin de repos a gagné son cœur; il tourne ses regards encore tout chargés d'ombre, vers la foi qui lui ouvre ses bras; il se réconcilie avec Tespérance qui lui sourit toujours du haut des cieux, et, dans sa colère, il maudit ceux qu'il accuse d'avoir voulu le tromper et le perdre. . a Nous avons beau envelopper les hommes de scepti; cisme et de ténèbres, il est en eux une certitude que nous ne pouvons briser, une lumière que nous ne pou-*: vons éteindre; et si nous réussissons à en faire toucher dans nos pièges un nombre considérable dont nous, ayons débilité le sens, il n'en est pas moins vrai que les masses nous échappent. Toutes nos belles spécula* tions, tous nos subtils jeux d'esprit, toutes nos prestigieuses théories, ces acides qui minent et pulvérisent, échouent devant elles. Elles se sauvent par le sens eommun, ce bon génie des nations.

(( Il y a un petit livre qu'on fait apprendre aux en* a fants, et sur lequel on les interroge à l'Église, ce pea tit livre, qui est le catéchisme, renferme la solution

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« de toutes les questions qui tourmentent les philoso- « phes^ de toutes sans exception. Demandez au chréa tien d'où vient Tespèce hum^ine^ il le sait; où elle a va, il le sait; comment elle va^ il le sait. Demandez à a ce pauvre enfant^ qui de sa vie n'y a songé^ pour quoi (X il est ici-bas et ce qu'il deviendra après sa mort^ il a vous fera une réponse sublime, qu'il ne comprendra d pas, mais qui n'en est pas moins admirable. Deman- (( dez-lui comment le monde a été créé et à quelle fin; (X pourquoi Dieu y a mis des animaux, des plantes; a comment la terre a été peuplée, si c'est par une seule « famille ou par plusieurs; pourquoi les hommes par* (c lent plusieurs langues; pourquoi ils souffrent, poura quoi ils se battent, et comment tout cela finira, il le a sait. Origine du monde, origine de l'espèce, quesa tions des races, destinée de l'homme avec Dieu, dea voirs de l'homme avec ses semblables, droits de « l'homme sur lacréation, il n'ignore de rien; et quand « il sera grand, il n'hésitera pas davantage sur le droit « naturel, sur le droit politique, sur le droit des gens; a car tout cela sort, tout cela découle avec clarté et « comme de soi-même du christianisme. Voilà ce que « j'appelle une grande religion; je la reconnais à ce « signe qu'elle ne laisse sans réponse aucune des ques« « tions qui intéressent l'humanité ^^. »

« Ainsi parle un de nos dévoués suppôts. II s'est trop pressé d'écrire son chapitre : Comment lesilogmes finis^ sentk Les dogmes sont la vie des peuples, ils ne finis-* sent pas; ils sont à la racine même de l'humanité. Nous pouvons y jeter du poison et des ténèbreS; nous ne pouvons les anéantir.

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« Oui^ les peuples eoniraencent à comprendre^ pour notre ruîne^ que la religion du Christ^ en faisant connaître l'homme et ses relations avec Dieu^ a révélé pour toujours le système du monde moral et Ta fixé à jamais sur ses p6l6s^ et qu'il n'y a plus lieu^ pour les Colomb et les Copernic de l'avenir, de découvrir, dans ce ilomaine, ni une nouvelle terre ni de nouveaux cieux...

« Que ferons-nous pour conjurer ce mouvement de réaction qui commence à s'opérer contre nous?... Depuis trois siècles nous nous efforçons , non sans succès, J'en conviens, de substituer à la parole du Christ, la déification de la raison humaine, vaste aberration qui rejette les peuples dans tous les plagiats et tous les abaissements da paganisme, cet élément si fécond en désastres, cette grande ombre qui voile les cieux et dans laquelle s'assoupissent et meurent les nations... Nous avons amoncelé à tous les horizons les plus noires ténèbres, et ouvert de toutes part&des voies qui mènent aux abîmes. Des légions d'hommes que nous avons enlacés de nos liens, jettent, du fond de leurs antres, à tous les vents du ciel, le blasphème contre Dieu et contre son Christ, et versent à flots sur le monde l'impiété et l'abomination '^ D'autres, âmes attiédies, pusillanimes et sans vertu, s'eiforçant de ne pas voir et de ne pas entendre, se résignent et s'endorment dans une sécurité funeste ou dans une stupide indiifé* rence... Mettant à profit ces dispositions des esprits qui favorisent nos projets, il faut tourner contre l'Église du Christ toute l'activité humaine, toutes les forces individuelles et collectives, dans les institutions, dans les

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