‹ La cité du mal; ou, Les corrupteurs du siècleChapitre 22 sur 62 · LE DEUIL DE LA NATURE · texte numérisé non relu

LE DEUIL DE LA NATURE

ûbscurattts est sol et aer de fumo puteU

Apocal,y ix, 2.

Sous l'oppressibn de Fhorrible \ision, mon cœur est demeuré saisi d'une indicible tristesse^ et j'ai compris les misères de ce siècle plein de doutes^ d'amertumes et de blasphèmes.

Le soleil de la vérité^ de la justice et de l'amour^ s'est éteint sur le monde ; le froid de la mort a pénétré jusque dans les entrailles de lasociété^ et l'homme^ errant au sein de la nuit^ agité de sinistres pressentiments^ s^est assis^ morne et désolé^ sur des ruines^ attendant les dernières convulsions de la tempête^ la dernière catastrophe qui emportera jusqu'au souvenir de tout ce qui est encore debout

Ah I qui me rendra les joies et les enchantements de mon jeune âge !

Alors que toute Tinnocente activité de mon âme se concentrait dans l'horizon du tbit paternel, dans Pes-

pace radieux du ciel au-dessus de ma téte^ sous les ombrages du bosquet voisin^ au fond de la^ vallée ou dans Fétroii sentier de la colline^ plantée de sapins et tapissée de mousses verdoyantes...

Comme mon cœur se dilatait en moi au sein de cette nature riante et variée, mystérieuse et douce.

jours de mon enfance ! temps de mon bonheur I Alors que les douces choses de Dieu et de la nature descendaient dans mon âme comme une rosée du ciel^ et que la foi, Fespérance et Tamour s'épanouissaient en mon cœur, aux enseignements de ma mère, comme la fleur embaumée sur les jeunes rameaux du printemps.

Alors que les Anges me visitaient dans mes songes, et, de leurs ailes d'or, formaient comme un pavillon de gloire au-dessus de ma tête.

Alors que ma mère, me montrant Dieu présent en toutes choses et comme rayonnant en chaque créature^ me faisait admirer la Providence dans une palme de fougère , dans un rameau de genêt fleuri, dans Taile émaillée d'un insecte, dans Tœuf d'azur du petit ci* seau; ou, de sa douce voix, me chantait de saints can* tiques, ou, de son doigt, me faisait voir les belles fleurs épanouies au parterre, dans la rosée du matin, et, le soir, les brillantes étoiles écloses au ciel^ dans l'azur dii firmament.

champs paternels, c'est au sein de vos paisibles retraites que j'appris à bénir la puissance, la sagesse et la bonté du Créateur, et que je compris, dès l'âge le plus tendre, que tout ce qui brille dans ce monde est un reflet de sa lumière, un rayon de sa beauté, que

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