LE DEUIL S£ LA NATORE
ioui ce qui a une voix> que tout ce qui prie^ chante» bruit et murmure, redit une hymne à sa gloire, et que rien n'est grand, beau, gracieux, mélodieux, sublime, bon, pur et saint, que par lui et en lui, dans cet uni* vers, splendide ouvrage de ses mains.
Je grandis et de nouvelles beautés, de nouvelles bar* monies se révélèrent à mon admiration dans Timmense domaine des œuvres du Tout-Puissant. Ce qui avait surtout pour moi> aux jours de mon adolescence, un Bavait inexprimable, c'étaient ces plantes de toute forme et de toute grandeur, merveilleux vêtement de la terre, ces arbres à la cime ondoyante, ces fleurs si élégantes et si gracieuses, aux parfums si suaves, aux teintes si richement nuancées, qui répandent tant de charmes sur le spectacle de la nature; c'étaient ces innombrables animaux qui peuplent les continents, ou qui se meuvent dans les abîmes de la mer, ces poissons de toutes dimensions, parés de ioutes les cou^ leurs du prisme ; ces quadrupèdes, dont les habitudes et les instincts sont si curieux et si variés; ces oiseaux que décore un plumage d'une richesse incomparable, et dont les chants, dans les bois, montent comme un chœur de perpétuelle mélodie, de la terre vers les cieux.
J'aimais la voix des vents au fond des vastes solitudes et des forêts profondes, le murmure des torrents qui se précipitent des montagnes, cet hymne mystérieux, immense, concert universel, composé de tous les sons, de tous les bruits de la nature, et dans lequel chaque créature a sa noie : le brin d'herl)e de la prairie agité par la brise, comme la nuée que déchire la
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foudre; Tinsecte qui bourdonné dans le calice d'une fleur^ comme le lion qui mgit au fond des déserts ; la goutte d'eau qui tombe du rocher^ comme TOcéan qnf ébranle^ en mugissant, les fondements de la terre«
Si; chaque jour^ une douce et brillante lumière remplit Tespace et dévoile à vos regards le spectacle du monde; si^ chaque ^jour^ des bruits ^ des votx^ des chants^ la parole d'un être bien-aimé^ arrivent à vQtre ouïe> c'est à l'atmosphère que vous devez ces bienfaits : elle est le miroir réflecteur qui transmet le rayon lumineux à votre œil; elle est le véhicule rapide qui porte le son jusqu'à votre oreille. €*est aussi dans son sein que s'élaborent et détonnent les foudres, que se forment les neiges et tes grêles et grondent les orages ; elle est l'écho qui fait rebondir dans l'étendue les sourds roulements du tonnerre^ comme elle redit le murmure du petit ruisseau» le bourdonnenient de l'aile d'une mouche^ te soupir d'un enfant qui sommeille. C'est dans l'atmosphère que nuisissent les vents de la tempête et que soufflent les brises par^mées de l'été ; là que siège le génie qui fait éclore les fleurs du printemps et mûrir les fruits de l'automne ; là que brillent les beaux phénomènes de Tarc-en-ciel et de l'aurore boréale; là que se promènent cçs nuQges» tantôt légères et flottantes drs^eries dans les roses du matin ou dans la pourpre du soir; tantôt urnes fécondes, versant la douce ondée sur le feuillage des bois qui résonnent, et au sein des fleurs qui sourient de fraîcheur et de grâce; tantôt immenses rideaux, aux teintes sombres, aux contours fortement accentués, d'où s'échappent de soudaines lueurs et des bruits formidables.