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l'homme prère bu christ. 295
« Ainsi ^ au lieu de supposer avec les philosophes que le monde est éternel^ ou que Dieu Ta formé dès le premier moment complet et parfait^ les peuples ont admis avec la Genèse le chaoid^on le monder est sorti progressivement; au lieu de croire avec nos zoolqgues spéculatifs que les peuples sont.autqcbthon6»^et qu'ils ont poussé da terre comme les arbres des forêts ou sont pravenus par transformations de vils quadrumanes^ toutes les ti:aditions reconnaissent avec la Genèse un premier homme dont tous les peuples sont descendus. Malgré les souffrances dont ils voyaient Pbumaniié partout accablée^ tous les peuples ont placé avec Moïse^ à l'origine des choses, un âge d'innocence et de bonheur qu'ils ont appelé le paradis ou Vâge (For. Au grand scandale de la philosophie qui n'y voyait qu'une fable ou seulement Iç^ passage de l'enfance des peuples à l'ftge de raison^ la chute est un do^me uni^ versel. Partout on retrouve le sacrifice sanglant qui repose sur l'apparente injustice de la substitution de l'innocent au coupable; partout le sacrement du pain et du vin avec l'idée mystique de, puissances divines liées à des éléments matériels; partout le baptême avec les diverses espècesr d'oblation ; partout la croyance aux anges bons et méchants, à l'enfer et à un élysée; partout enfin on retrouve les quatre fleuves et les deux arbres du paradis terrestre^ les dix patriarches antédiluviens, la destruction du genre humain par un cataclysme, Noéj l'arche, la colombe et le corbeau, les symboles de l'oiseau pour TEsprit de Dieu , et de la croix pour la vie divine. Mais ce qui vous paraîtra surprenant par-dessus tout, c'est qu'il n'est point de tra-
29C LA LUSriÉRE ET LK SALUT PU MOIÏBÇ.
dition plus universelle que celle du fils d'une vierge , ou du Fils de IHeu qui tuera un serpent et mourra de sa blessure pour sauver le monde.
a Et (l'aHez pas croire que ces traits de ressemblance entre le paganisme et la révélation se bornent à quelques détails sans imi)ortaf)ce ou n^esistent que chez des peuples voisins de la Judée; ces eroyances se retrouvent chez les sauvages de rÂmérique coflime en Chine^ dans l'Inde comme chez les Scandinaves et les Finnois. Et ces points de ressemblance sont si nombreux qu'il est impossible de n'y voir qu'un simple accident; si extraordinaires, si uniformes jusque dans leurs pUis surprenantes particularités^ qu'il serait absurde de prétendre les expliquer par les lois fondamentales de l'esprit humain^ par je ne sais quels miracles psycologiqxœs et par les forces cachées de la q^n^ tanéitéf ainsi que l'a rôvé une philosophie aux abois(l).
{]) « Kn parcourant l'Europe, l'Asie et ce que nous connaissons de TAfrique, dit Benjamin Constant, en partant de la Gaule, ou même de l'Espagne, et en passant par la Germanie, la Scandinavie, la Tartarie, l'Inde, la Perse, l'Arabie, l'Ethiopie et l'Egypte, nous trou- Tons partout des usages pareils, des cosmogonies semblables, des corporations, des rites, des sacriiioesi des cérémonies, des coutumes et des opinions ayant entre elles des conformités incontestables; et ces usages, ces sacrifices, ces cérémon'es, ces opinions, nous les retrouvons en Amérique, dans le Mexique et dans le Pérou.
« C'i-st Tainement que Ton voudrait assigner pour cause à ces conformités des dispositions générales inhérentes à l'esprit humain. Il éclate dans plusieurs détails des ressemblances si exactes sur des points si minutieux, qu'il est Impossible d'en trouver la raison dans la nature ou dans le hasard ; et ce que nous apprenons journellement des antiqnités de l'Inde, la manière dont les savants anglais reconnaissent dans les traditions de cette contrée les dates principales de l'histoire juive et les fables de la religion grecque, romaine et Scandinave, l'espèce de concordance qui en résulte pour les annales de ces peuples^ toutes ces cfaoses ont redonné, dans ces derniers temps, tin^
t'HOMME FRiRB D0 OHai«T. 297
dogmes, ces rites sonf-ils devenus le fond et IWnT chez les Hébreux et chez les chrétieos? Aucune «uu*
danslesfaos du monde primitif, consignés dans l!Z
celui dtltr '' P'*" '*"'^* ^' **>"» '«""ythes est
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leuse de k Divinité. Ce mythe est universel; Boulanger le proclame.
a Les Hébreux attendaient tantôt un conquérant et « tantôt un être indéfinissable^ heureux et malheureux; a ils rattendent encore. —L'oracle de Delphes^ comme et on le voit dans Plutatque^ était dépositaire d'une a ancienne et secrète prophétie sur la future naissance a d'un fils d'Apollon qui amènerait le règne delà jusa tice; et tout le paganisme grec et égyptien avait une a multitude d'oracles qu'il ne comprenait pas^ mais « qui tous décelaient de mémeee^^e chimère universelle. « -^ Leis autres nations de la terre n'ont pas moins < donné dans ces étranges visions. Les Chinois atten- « dent un Phelo, les Japonais un Peyrum et un Coma badoxi^ les Siamois un Sommona-Codom. Tous les a Américains l'attendaient du côté de l'Orient^ qu'on « pourrait appeler le pôle de l'espérance de toutes les a nations (1). »
a Chose remarquable ! les Chinois le cherchent à leur Occident^ et c'est en çffet entre ces deux extrémités de la terre qu'est placé l'Ëden^ où la promesse d'un Sauveur a été faite à Adam^ et la terre de Juda où Jésus- Christ Ta réalisée.
« Que Boulanger et les mythologues de son école expliquent ^ s'ils le peuvent^ comment une fable aussi singulière est devenue un dogme de religion et s'est pieusement conservée chez toutes les nations de l'ancien et du nouveau monde. Pour nous^ il nous est impossible de nous refuser à reconnaître l'origine de
(1) Recherches sur l'origine au Desp, orient,, sexl. x
l'homm£ faére du christ. â99
cette croyance dans cette promesse faite originairement à Phomme après sa cbute^ que le Fils de la femme (seule) terrasserait le serpent séducteur qui cher" ckera à la blesser au talon, précieuse promesse^ source de toutes les joies et de toutes les espérances de lliomme déchu ^ pécheur et misérable^ conservée comme un trésor dans toutes les contrées de la terre où les peuples n'ont pas été complètement abrutis par les nécessités physiques.
a Si c'était ici le lieu ^ (ien ne me serait plus facile que de vous citer textuellement ces traditions sur un Messie à venir, extraites des livres ou de la mémoire' de tous les peuples. Je me bornerai à vous rappeler le témoignage d'un autre ennemi, d'un de ces orgueilleux philosophes dont la raison hautaine n'a jamais su qu'humilier et désespérer Thomme :
(( C'était^ de temps immémorial , dit Voltaire^ une « maxime chez les Indiens et les Chinois^ que le sage a viendrait de l'Occident. L'Europe, au contraire, dia sait que le sage viendrait de l'Orient. — Toutes les « nations ont toujours eu besoin d'un sage (i). d
d Oui, toujours et partout le genre humain a traîné le poids de sa déchéance et de sa dégradation primitive, et toujours et partout en même temps, il a emporté avec lui dans ses migrations sur cette terre, l'espérance d'une victime parfaite, d'un sauveur, d'un libérateur, d'un révélateur; l'Asie l'attendait de l'Occident, l'Europe de l'Orient (2), et, un jour, du sein
(1) Addition à V histoire générai e, p. 15.
(2) « La terre entière est pleine de la gloire tiu Verbef» M. Fr£d. DE ROUGEMONT, le Peuple primitif.
de la grande cité qui foulait de ses pieds vainqueurs Tunivers assujetti^ on entendit sorlir comme un écho qui répétait cette voix solennelle de toutes les gétiérations appelant le Médiateur, le Saint, Celui qui devait venir :
TOCT lOrIEKT était PIEIN BU BRUIT DE CETTE Ain:iQUE ET FERME CROVANCE^ QU'lL ÉTAIT DANS LES DESTI^S QUE VERS CE TEMPS ON ALLAIT VOIR SORTIR DÉ JODÉE CEUX QCI RÉGIRAIENT l'univers (1).
On ÉTAIT GÉNÉRALEMENT PÇRSUADÉ^ SUE LA FOI D'AN- 0II3ifN£S PROPHÉTIES SACERDOTALES^ QUE l'OrIEKT AIXAIT PRÉVALOIR^ ET QU'ON NE SERAIT PAS LONGTEMPS SANS VOIE SORTIR DE LA JUDÉB CEUX QUI RÉGIRAIENT l'UNIVERS (^).
o Oui , VOrient a prévalu t qui ne le voit? Est-il au monde un fait plus saisissant^ plus imposant» plus magnifique?... Oui, le Roi immortel des siècles (3), Celui qui était Vattenteetle désiré des nations (4), le soleil de l'Orient est venu nous visiter pour éclairer ceux qui denavrent dans les ténèbres et les ombres de la mort (5)..*
a Quelle consolation aux enfants de Diéul s'écrie ô Bossuet^ mais quelle conviction de la vérité, quand a ils voient que dlnnocent XI^ qui remplit aujourd'hui a si dignement le premier siège de TËglise, on re- « monte sans intenuption jusqu'à saint Pierre, établi
(!) Percrebuerat Oriente toto vêtus et constans opînio, esse in fatis, ut eo tcmpore Jud»i profecti rermn potircntur. Subton., in Vts^ pa.fiin.
(2) l*lur!bus pcrsuasio incrat antiquis saccrdotum litterls contiaeri co ip8» ti.'m;)ore fore ut valcsceret Orïens^ proft;ctique Judœa renim polirentur. Tacit , Hist,, lib. V, c. xiii.
(3) 1 Timoth., I, 17.
(4) ACG.^ 11, 8.
(5) Luc, 1, 78, ^9.
t^OMME FRÈRE PU CHRIST. 301
<r par Jésus-Christ; prince des apôtres : d'où, earepte^^ « naiit les pontifes qui ont servi sous la loiy on va jus* equ'à Aaron et jusqu^à Moïse; de là' jusqu'aux pacr triarcbes, et jusqu'à l'origine du monde I quelle suite^ e quelle tradition, quel enchaînement merveilleux! «Si notre esprit , naturellement incertain, et devenu <r par ses incertitudes le jouet de ses propres raisodne* « ments, a besoin, dans les questions où il y va du « salut, d'être fixé et déterminé par quelque autorité a certaine, quelle plus grande autorité que celle de a l'Eglise catholique, qui réunit en elle-même toute a Tautorité des siècles passés, et les anciennes traaditions du genre humain jusqu'à sa première ori- « gine (t)? »
« Ainsi la révélation^ primitive contenue dans les Écritures, accomplie en Jésus-Christ, et toujot^s vivante dans l'Église, donne seule le sens des grands faits qui dominent l'histoire religieuse du monde.
ff Avec quelle joie^ avec quelle espérance et quel amour on lève ses regards vers la Rome nouvelle, centre immuable où convergent toutes les traditions de l'humanité. Orient splendide d'où jaillit pour toutes les nations la lumière et la vie ! A travers la succession des siècles, voyez les idées, les rois, les sociétés, les empires se mouvoir, s'agiter, s'user, s'éerouler autour de cette colonne de la vérité, l'Église catholique, assise sur son granit divin; au milieu de cette éternelle versatilité des choses humaines, de ces éternelles tempêtes qui grondent dans l'océaû des temps, elle rei^
fl) DÎK. tvr rhùt, univ.f II* pari.» in fine.
302 lA lumiAre et le salut du MoimE.
immobile^ dominant les orages et resplendissante de clartés aa sein de la nuit et da trouble qui Tenviron* nent. En vain des légions d'ennemis conjurés pour sa ruine ont déployé contre elle toutes les puissances du sophisme^ du mépris, de la torture ; ils s'y sont brisé le InmU Aucun nuage n'a obscurci son éclat, aucune tempête n'a troublé sa sérénité, aucun choc n'a ébranlé son immutabilité : elle est debout aujourd'hui , après dix-huit siècles de lutte et d'assauts, pure, calme, rayonnante, comme au jour où le Cbrisi la dre&sa sur sabase«
<r Contre elle s'est épuisée toute la rage des révolutions qui font chanceler le monde. L'hérésie est venue, la barbarie est venue, le schisme et la philosophie sont venus, armés de tout le génie de Satan ; tous les fiéaux sont accourus de TOrient et de l'Occident, du Nord et du Midi, apportés par d'implacables dévastateurs; la torche et le fer, et l'outri^e et la haine ont passé avec d'effroyables ravages, et l'éternelle colonne a continué d'élever au-dessus des foudres impuissantes sa tète couronnée de nouvelles splendeurs.
c N'est-ce rien à vos yeux que cette perpétuité, cette immutabilité, cette invincible stabilité, au milieu de guerres atroces et de persécutions incessantes datant de Néron et rugissant encore au moment où je trace ces lignes? N'y a-t-ii rien, dans ce spectacle, qui parle iL votre âme; rien dans ce fait qui vous saisisse et vous ébranle? Est-ce peu de chose que ces flots d'une lumière indéfectible versés par ce phare éternel au sein des ténèbres qu'accumulent sur le monde Tanarchie
l'homme fusre du christ. 303
des systèmes et la perversité des doctrines!... Ahi c'est en vain que. vpus détournez les yeux de ce prodige, malgré vous il vous frappe. LMmage de ce drame étonnant, auquel rien ici-bas ne peut se comparer, vous poursuivra toujours; oui> toujours cet astre de gloire et d'immortalité, « pôle de Tespérance des nations, i> planera au-dessus de votre téte> vous ne «auriez vous dérober à sa splendeur; son calme et puts^ sant regard vous suivra jusqu'aux derniers horizons de l'éternité; sa lumière vous enveloppe, elle vous pénètre de ses célestes clartés, et, malgré l'aveuglement de votre orgueil et vos révoltes insensées, vous sentez que là où son rayonnement n'arrive pas, c'est l'horreur profonde et la nuit des enfers... Voilà le monument divin qui, dans l'humanité, domine tout de son inexpugnable hauteur, et qui, au milieu du déchaînement des tempêtes, sûr de la clémence et des promesses du ciel, demeure immuable et se rit des abîmes qui mugissent à ses pieds.^
a La force du génie humain succombe pour redire toute la grandeur de ce miracle, mais l'on tombe à genoux et l'on adore lorsqu'on relit ces mémorables paroles prononcées il y a dix-huit siècles dans les circonstances les plus hostiles, les plus antipathiques aux événements dont elles étaient la prophétie, car, remarquez-le bien, c'est du néant des ressources et des moyens personnels que sont parties ces paroles aujourd'hui gravées en traits éblouissants de lumière par bientôt deux mille ans de commentaire :
a Tu ES Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église , et les puissances de l'enfer ne prévaudront
JAMAIâ CONTRE ELLE... TOUT POUVOIR M*A ÉTÉ DOimÉ AU CIEL ET sua LA TERRE... CiOMMfi MON PÈRE M'A ENVOYÉ^ JE TOUS ENVOIE AUSSI DE MÊME. ALLEZ DONG^ INSTRUISEZ TOUTES LES NATIONS..., ET VOILA QUE JE SUIS AVEC V0D5 TOUS LES JOURS JUSQU'A LA FIN DU MONDE.
a Levez tes yeux maintenant et dites-moi si le soleil, dans les splendeurs de son midi, est un fait plus éclatant que Taccomplissement de cette prophétie qui date de Pempire de Tibère.
« Mais telle est Tincompréhensible misère de Tesprit humain qu'il se trouvera des hommes qui auront vécu soi3Uint6 ans enveloppés de ces éblouissantes merveilles sans avoir jamais su ni regarder ni comprendre. 9