‹ La cité du mal; ou, Les corrupteurs du siècleChapitre 46 sur 62 · IMPUISSANCE ET DÉSESPOIR DE LA RAISON · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE ET DÉSESPOIR DE LA RAISON

aux désirs de ceux qui ressentent cependant le besoin d'une formule religieuse ;

— « Attendu que le protestantisme^ — dont Yunitarisme est l'une des sectes, — dispose de nombreux moyens d'à cation et de propagande , d'excellentes écoles publiques^ capa* blés de braver, de surmonter la concurrence des écoles catholiques, grâce au lien de puissante solidarité qui unit entre eux les protestants;

-* « Attendu que les seuls Etats libres présentement appartiennent presque tous à la religion réformée;

— c Attendu surtout^ et en outre, que dans les Etats ca* tholiques tenus aujourd'hui sous l'oppression de TÉglise et du despotisme^ — la presse est bâillonnée^ — la tribune muette 9 stipendiée ou complice des tyrannies, — les droits d'association et de réunion anéantis^ — que des milliers de patriotes sont bannis ^u captifs^ — que partout régnent eu ces États le silence et la terreur, — que les citoyens de ces malheureux pays^ soumis au double et exécrable joug du tyran et du prêtre» pourraient cependant trouver un élément de délivrance, —\m instrument de lutte, — un ferment d'opposition, — un moyen de concerter leurs efforts, de se compter, de se réunir — en embrassant l'une des sectes protestantes et notamment Yunitarisme, manifestation légale que plusieurs gouvernements absolus, celui de la France particulièrement, — ne pourraient que très-difficilement empêcher ;

— « Pour les raisons ci-dessus énoncées, les soussignés déclarent leur résolution de répudier le catholicisme, d'embrasser Yunitarisme et prennent l'engagement formel de s'eflEorcer d'étendre, par toutes les mesures possibles et légales , Y association pour la propagande de Vunitarisme,

a Chose capitale : si le protestantisme en général et

Yunitarisme en particulier, redevenu ce qu'il était à son berceau, une religion d'opposition, en un mot de protestants.

de gens qui protestent, s'augmentait de tous les citoyens qui, nominalement catholiques, mais complètement étrangers aux pratiques de cette foi, naissent, vivent et meurent dans la parfaite insouciance^ indifférence ou contemption de ses dogmes, l'Ëglise de Rome perdrait les trois quarts de ses ftdHeSy et serait frappée d'un coup irrémédiable^ mortel peut-être. »

A ce cri de guerre, H. Edgar Quinet répond magistralement qu'il existe trois moyens de combattre et^ selon lul^ de vaincre l'Ëglise : la force, la philosophie, le protestantisme, mais surtout la force.

c Le point pratique^ dit encore l'ancien professeur au Collège de France, le point utile, le point urgent, c'est de sortir en masse de l'Église qui a fait serment de vous perdre... (1). »

c L'heure de l'action est venue, s'écrie E. Sue... Donc à l'œuvre sans retard, et marchons à Tennehi! i>

L'ennemi, c'est le ohristianisme ! Nous voilà revenus, sous prétexte de progrès, aux plus mauvais jours du paganisme. Le voile se déchire et le masque tombe.

(1) Voyez le Libre Examen de la Vérité de la Foi,

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