‹ La cité future: essai d'une utopie scientifiqueChapitre 90 sur 105 · SECTION III. § 12. POISSON · texte numérisé non relu

SECTION III. § 12. POISSON

le lendemain au plus tard, par la Régie des Transports. Leur répartition se fera par les mêmes formes, que pour les légumes frais et les fruits.

I 12. — Poisson. — Je conjecture que le Collectivisme s'efforcera de remplacer la pêche par la pisciculture. En ce qui concerne d'abord le poisson d'eau douce, les cours d'eau, lacs et étangs, seront divisés en deux catégories; dans quelques-uns destinés à l'amusement du public, la pêche sera libre comme aujourd'hui pour les fleuves navigables, à moins qu'elle ne soit concédée gratuitement ou moyennant de très faibles redevances, à des associations de pêcheurs à la ligne.

D'autres seront réservés à la pisciculture, et concédés, à titre exclusif à des Sociétés qui détruiront les espèces mauvaises ou médiocres, sèmeront, élèveront, alimenteront, protégeront contre les causes de destruction, les poissons excellents (saumons, truites, etc.,) et les pécheront au moyen de filets ou barrages, donnant ainsi à la production une parfaite régularité, qui permettra une répartition provinciale et nationale analogue à celle que nous avons vue pour les légumes frais, et par les mêmes organes.

On procédera de même, pour le poisson de mer qui sera ainsi élevé dans des étangs salés, baies ou estuaires de fleuve, aménagés convenablement au moyen de barrages. Les grandes pêcheries capitalistes de Tunisie ou de Corse nous donnent un exemple de ce que pourra réaliser le Collectivisme.

Aucune condition n*est plus misérable que celle des marins pêcheurs. Il est donc à souhaiter que la pêche côtière, et celle de haute mer disparaissent complètement. Si cela n'est pas possible, tout au moins le Collectivisme ievra-t-il organiser ce service, toujours au moyen de grandes Sociétés concessionnaires ; des navires rapides iront sur les lieux de pêche chercher le poisson, ravitailler et changer les équipages, qui en outre d'une courte durée du travail, jouiront de tout le confortable néces-

saire. Certaines grandes entreprises anglaises, à Great' Grimsbynt notamment, nous montrent la voie à suivre.

En tout cas la répartition, qui sera réglée comme pour] les fruits et légumes, sera régularisée par les Sociétés de! pisciculture, dont j'ai parlé et qui livreront leur poisson surtout aux époques où la pêche maritime est peu producive.

Le bilan et le budget seront préparés de même, les uni-I tés budgétaires pourront être des groupes de Sociétés et' leur produit constituer des marques régionales, (poisson' de Dieppe par exemple).

Je dois répéter ce que j'ai dit pour les primeurs; tous les groupes d'habitation pourront y prétendre, sauf à n'ê-! tre à raison de leur importance, desservis qu'une ou deux fois par semaine.

§i3. Volailles et Gibier, — Je les rapproche parce que j'estime que la chasse devra être remplacée, comme la pêche, par l'élevage. Pour les espèces ne pouvant être maintenues en volière, on les élèvera en demi-liberté dans des bois entourés de clôture. On connaît les chasses qui coûtent si cher aux millionnaires : perdrix et faisans sont nourris par les gardes jusqu'à la veille de la battue qui n'est qu'un répugnant massacre d'une basse-cour affolée.

Des Sociétés concessionnaires géreront dans les forêts domaniales ce mode de production, elles captureront le gibier au moyen de pièges, et le livreront régulièrement à la consommation. La répartition s'en fera comme pour les fruits et primeurs, et le Budget Economique ne sera pas en ce qui le concerne plus difficile à établir.

§ 14. Spécialités alimentaires. — Ce sont les produits alimentaires qui supposent une fabrication ou préparation industrielle, (pûtes, beurres, fromages, conserves de fruits, légumes, viandes, poisson et lait, cacao et chocolat, sacres, confiserie, bières, huiles et vinaigres, câpres, etc).

Ce sont pour la plupart des industries agricoles concédées à des Sociétés spécialisées ou exploitant des domaines ruraux, travaillant leurs propres produits ou des matières achetées soit à des entreprises nationales, soit à l'étran*

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