‹ La cité moderneChapitre 10 sur 467 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

1° Le Christianisme proclame le droit moral ou droit idéal de la foule, mais en différant les applications à plus tard, outre-tombe.

2° Ce droit moral dûment reconnu et consacré par cinquante générations, la Révolution tout à coup le déclare valable pour ici-bas : volte-face imprévue, crise décisive préparée par une sourde incubation de dix-huit siècles, et qui transforme le droit moral en droit positifou droit politique.

3° Ce pas franchi, le dénoûment se précipite. Le vingtième siècle tirera du droit politique les applications légitimes qu'il peut impliquer, à savoir le droit économique.

Je le crois fermement : il n'est ni possible, ni désirable de défaire ce qui est fait. Jamais la Foule ne laissera ramener son droit terrestre à un droit... céleste. Et personne ne peut ni ne doit empêcher ce droit terrestre de développer ses conséquences naturelles, c'està dire de tirer de sa vertu politique les résultats économiques qui y sont enveloppés.

Toute tentative de ce genre serait plus qu'un crime; ce serait une faute. Que dis-je ? Ce serait la pire des folies.

Ce serait là, en effet, le plus sûr moyen de déchaîner cette réaction formidable qui peut déraciner l'Elite et emporter la civilisation comme un fétu.

Encore une fois, le problème est celui-ci : cesser de fermer la porte à la Foule, la lui ouvrir au contraire, loyalement et de bonne grâce, — et ainsi, obtenir qu'elle n'occupe que sa place, et ne s'avise pas de s'approprier le fameux :

La maison est à moi, c'est à vous d'en sortir !

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