INTRODUCTION. XV
Or, cola, on le peut... avec de la bonne foi et de la bonne humeur. Car, il n'en faut pas douter, le gérant, longtemps enchaîné, aura d'abord la jovialité un peu lourde. N'est-ce pas Ibsen qui a dit : Le renne aussi est unpeu fou quand il sent venir te beau temps ?
le moyen, c'est de démasquer le sophisme de l'égalité.
Pour que la Foule, ivre de son droit enfin pleinement conquis, ne s'avise pas de nier le droit de l'Elite, que faut-il ?
Évidemment, il n'y a qu'un moyen : c'est d'établir, c'est de faire éclater aux yeux de tous, avec une évidence solaire, la légitimité du droit de V Elite.
En d'autres termes, il faut démasquer le sophisme de légalité.
Or, d'où est né le sophisme égalitaire ?
Du Christianisme mal compris, et de la Révolution mal comprise. Tous deux ont souvent dépassé le but. Souvent, pour élever la réclamation de la Foule, le Christianisme est allé jusqu'à méconnaître, jusqu'à nier le droit de l'Elite. Le Christianisme, tout le monde lésait, a souvent paru jeter le décri, sinon la malédiction, sur la richesse et sur le savoir, sur toute l'organisation civile et politique, sur les grands et les puissants, en un mot sur ce que nous appelons les cadres sociaux.
Disons-le : le Christianisme en bien des cas a poussé son juste esprit démocratique jusqu'à l'erreur démagogique. Comment l'humanité occidentale, depuis tantôt