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EN QUOI LE SPIRITUALISME A TORT

La raison et la liberté, l'esprit et le cœur, le génie et l'amour, l'héroïsme, les aspirations sublimes, le verbe presque divin : voilà, selon le spiritualisme, ce qui ne saurait être réduit à l'humble cérébration animale; voilà ce que ne suffira jamais à expliquer le cerveau animal.

Et c'est ce que nous avons dit nous-même avec force.

Nous-même nous avons montré qu'il fallait chercher et trouver à de si merveilleux effets une cause proportionnée en vertu et en dignité.

Et c'est aussi ce que cherche le spiritualisme. Mais que va-t-il trouver, lui? que va-t-il nous proposer?

C'est ici qu'éclate l'insuffisance du spiritualisme. C'est ici que cette doctrine, si haute et si noble quand il s'agit de revendiquer les prérogatives de la pensée humaine, fait véritablement faillite.

Contrairement à toute science, contrairement à toute raison, le spiritualisme, en effet, pour expliquer la pensée humaine, imagine quoi? une « substance » immatérielle, un « principe » étranger au corps, à la terre, à la nature entière, une vaine abstraction enfin, une creuse entité qu'il appelle 1' « âme » !

Et pour habiller cette abstraction, il se borne à retourner les attributs assignés au corps, et à opposer ainsi, très symétriquement, au corps « complexe », « changeant », « inerte » et « périssable », l'âme « une », « identique », « active » et « immortelle ».

De cette solution, d'une simplicité ingénue, découlent les conséquences les plus graves et les plus fâcheuses en morale et en politique, — comme nous l'indiquerons plus loin.

ANTITHÈSE DU SPIRITUALISME. I ', t

Pour l'instant, bissons les conséquences. Considérons en lui-même le principe. Peut-il y avoir au monde une hypothèse plus intolérable?

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