‹ La cité moderneChapitre 108 sur 467 · EN « HOMME · texte numérisé non relu

EN « HOMME

Or, c'est là le fait essentiel, méconnu ou laissé dans l'ombre par la philosophie courante. C'est là le fait qu'il faut poser avant tout, avec force, avec éclat, car il est le fondement de toute moralité et de toute civilisation.

Oui, toute science de l'homme, toute étude de l'homme, doit se diviser en deux grandes parties : avant et après, avant l'association et après l'associalion, à l'état saavage et à l'état civilisé.

Avant, c'est l'humble sensation et l'aveugle impulsion. Après, c'est la lumineuse liberté et la raison sublime.

Avant, ce sont les appétits grossiers. Après, ce sont les aspirations idéales.

Avant, c'est le cri animal. Après, c'est le verbe presque divin.

SYNTHÈSE DU MATÉRIALISME ET DU SPIRITUALISME. W>i

Avant, c'est le mur du lieu et du moment. Après, ce sont les perspectives profondes de l'immensité et de L'éternité.

Avant, c'est la stupeur des bas-fonds où rampent les larves. Après, c'est l'ivresse des cîmes où plane et tournoie ce vol d'aigles, les grands concepts de substance, de cause, de fin, de bien, de beau, de vrai, d'infini, de parfait, d'absolu!

Oui, voilà l'idée qu'il faut avant tout et surtout implanter dans les esprits : c'est la cité qui transforme Y « anthropoïde » en « homme » ; c'est la cité qui élève l'individu de l'instinct animal à la pensée humaine ; c'est la cité, la seule cité, qui, dans la « bête » fait lentement éclore Y « ange »...

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