‹ La cité moderneChapitre 107 sur 467 · L'AME, FILLE DE LA CITÉ · texte numérisé non relu

L'AME, FILLE DE LA CITÉ

Qu'est-ce à dire, sinon que /' « âme » est fdle de la « cité » ?

Vérité capitale, et dont les conséquences ne vont à rien moins qu'à renverser totalement les façons de voir et de sentir de l'Europe depuis vingt siècles.

Que 1' « association » ou la « cité » soit la cause de la « pensée » ou de 1' « âme », c'est ce qu'on peut établir scientifiquement, en appliquant les méthodes de Bacon et de Mill :

1° Là où il y a « association », il y a « âme ».

2° Là où il n'y a pas « association », il n'y a pas « âme ».

3° Gomme varie l'« association », ainsi varie Y « âme ».

Ce dernier canon baconien est, ici, le plus important et le plus frappant.

Qui ne sait en effet combien la « pensée » ou Y « âme » sont inégalement développées chez les différentes races humaines? Et qui n'a remarqué combien rigoureusement le degré de développement des « âmes » indivi-

ISO LÀ psychologie bio-sociàle.

duelles est lié au degré de perfectionnement de Y « association » où les individus sont engagés?

« Association » rudimentaire, — « âmes » rudimentaires. Association profonde et raffinée, — « âmes » raffinées et profondes.

La corrélation est patente et le lien causal hors de toute contestation. Oui, Y « association » ou « cité » est cause, et la « pensée » ou « âme », effet.

Sous réserve, bien entendu, de la distinction philosophique entre « cause efficiente » et « cause finale ». La cité est cause efficiente de l'âme ; mais l'âme est cause finale de la cité. En d'autres termes, l'âme est « fonction » et la cité « organe ». Et je suis de ceux qui croient que la fonction crée l'organe. Mais il n'importe ici. La seule chose à retenir, c'est l'irrécusable corrélation entre ces deux termes : âme et cité.

TRANSFORMATION DE l' « ANTHROPOÏDE »

Page 1