L'AME, FILLE DE LA CITÉ
Qu'est-ce à dire, sinon que /' « âme » est fdle de la « cité » ?
Vérité capitale, et dont les conséquences ne vont à rien moins qu'à renverser totalement les façons de voir et de sentir de l'Europe depuis vingt siècles.
Que 1' « association » ou la « cité » soit la cause de la « pensée » ou de 1' « âme », c'est ce qu'on peut établir scientifiquement, en appliquant les méthodes de Bacon et de Mill :
1° Là où il y a « association », il y a « âme ».
2° Là où il n'y a pas « association », il n'y a pas « âme ».
3° Gomme varie l'« association », ainsi varie Y « âme ».
Ce dernier canon baconien est, ici, le plus important et le plus frappant.
Qui ne sait en effet combien la « pensée » ou Y « âme » sont inégalement développées chez les différentes races humaines? Et qui n'a remarqué combien rigoureusement le degré de développement des « âmes » indivi-
ISO LÀ psychologie bio-sociàle.
duelles est lié au degré de perfectionnement de Y « association » où les individus sont engagés?
« Association » rudimentaire, — « âmes » rudimentaires. Association profonde et raffinée, — « âmes » raffinées et profondes.
La corrélation est patente et le lien causal hors de toute contestation. Oui, Y « association » ou « cité » est cause, et la « pensée » ou « âme », effet.
Sous réserve, bien entendu, de la distinction philosophique entre « cause efficiente » et « cause finale ». La cité est cause efficiente de l'âme ; mais l'âme est cause finale de la cité. En d'autres termes, l'âme est « fonction » et la cité « organe ». Et je suis de ceux qui croient que la fonction crée l'organe. Mais il n'importe ici. La seule chose à retenir, c'est l'irrécusable corrélation entre ces deux termes : âme et cité.
TRANSFORMATION DE l' « ANTHROPOÏDE »