LEUR PART DE VERITE, ET LEUR SYNTHESE POSSIRLE
Mais, on le sait, tout système est vrai dans ce qu'il affirme, et faux dans ce qu'il nie, vrai dans ce qu'il reconnaît, et faux dans ce qu'il méconnaît. Et en ce sens, il n'y a pas de système absolument faux.
Que notre critique s'inspire de ce principe. Et nous aurons, ici, une fois de plus, cette surprise et cette ioie de voir que les doctrines les plus adverses ne sont en réalité séparées que par leur part respective d'erreur, et qu'une fois leur part d'erreur éliminée, elles adhèrent et fusionnent dans leur consubstantielle vérité.
Nous verrons ainsi la psychologie matérialiste et la psychologie spiritualiste se concilier dans notre psychologie sociale.
Voici cette conciliation.
Partons toujours de la juste distinction des deux pensées : la pensée inférieure ou animale, et la pensée supérieure ou proprement humaine.
Le matérialisme 1° a eu le mérite d'établir une théorie positive de la pensée inférieure, à savoir, que la sensation est la « fonction » de Y « organe » cerveau; mais 2° il a eu le tort de vouloir ne voir qu'une différence de degré dans la différence immense qui sépare la pensée animale de la pensée humaine, et de prétendre expliquer celle-ci comme celle-là par le seul cerveau.
De son côté, le spiritualisme 1° a eu le mérite de maintenir énergiquement la différence immense qu'il y a entre la pensée animale et la pensée humaine; mais 2° il a eu le tort de donner de celle-ci une théorie chimérique, à savoir, que la raison est la « faculté » du « principe » âme.
Ainsi ni le matérialisme ni le spiritualisme ne peuvent être acceptés ou rejetés en bloc. Tous deux ont à la fois et également mérité et... démérité de la philosophie.
Et ceci n'est point une conclusion de complaisance destinée à ménager les deux partis, mais une conclusion positive et dûment motivée.