LE « CORPS POLITIQUE » COMBLE LA LACUNE
Autre chose... Mais quoi?
Ici commence l'embarras du spiritualisme.
Quoi? vraiment il ne sait trop quoi? Eh bien mais. , pourquoi pas quelque chose comme un « principe », une « substance », un « esprit », un « je ne sais quoi », un « daïmôn », une « psyché », un « déuscule », quel-
que chose en tout cas d'immatériel et d'immortel, quelque chose d'intangible et d'invisible, quelque chose de mystérieux et de miraculeux, quelque chose d'extérieur et de supérieur à la chair, à la vie, à la nature, à la terre, au monde, à l'univers, quelque chose enfin d'inexplicable et d'indéfinissable, et d'innommable à vrai dire
Et d'impensable, s'écrient les matérialistes, et murmurent nombre d'entre les spiritualistes eux-mêmes.
Oui, quelque chose d'impensable... pour expliquer la pensée !
Il est de fait que la chute a de quoi déconcerter.
Eh bien, c'est ici qu'intervient notre hypothèse. Pour établir la proportion, il faut un quatrième terme. Mais pour l'établir effectivement et non illusoirement, il faut, non un quatrième terme chimérique, mais un quatrième terme positif.
Notre quatrième terme, c'est le corps politique qui se condense dans l'État, comme le corps physique se condense dans le cerveau.
Le spiritualisme dit :
La pensée animale est au corps physique ou au cerveau ce que la pensée humaine est à... Y âme.
Nous disons :
La pensée animale est au corps physique ou au cerveau ce que la pensée humaine est au corps politique ou à ÏElai.
Ce surcroît, la raison et la liberté, nous ne voulons donc l'expliquer ni par le seul corps physique, comme le matérialisme, ni par je ne sais quelle chimérique entité, l'âme, comme le spiritualisme. Nous l'expliquons donc par une réalité supérieure, par un plus vaste et plus haut organisme, à savoir, l'association humaine, la société civile, l'organisme social, le corps politique, la cité, l'Etat.
Ainsi disparaissent enfin <-<>s deux vieux rivaux, le matérialisme et le spiritualisme, résorbés dans une
synthèse profonde qui est notre psychologie sociale.