‹ La cité moderneChapitre 14 sur 467 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

« Il faut lui faire voir les objets tels qu'ils sont, quelquefois tels qu'ils doivent lui paraître, lui montrer le bon chemin qu'elle cherche, le garantir de la séduction des volontés particulières, rapprocher à ses yeux les lieux et les temps, balancer l'attrait des avantages présents et sensibles par le danger des maux éloignés et cachés...

« Les particuliers voient le bien qu'ils rejettent, le public veut le bien qu'il ne voit pas.

« Tous ont également besoin de guides. » (Contrat social 11,6).

« Multitude aveugle » : le mot y est. Est-ce donc là le mot d'un démagogue ?

l'esprit de la déclaration des droits est hiérarchique.

Soit, dira-t-on : passons sur Rousseau, et le Contrat social, et le xviiic siècle.

Mais la Révolution, elle, n'est-elle pas nettement égalitaire et niveleuse?

Je le nie radicalement.

Je nie radicalement que la Révolution soit égalitaire, au sens où on l'entend aujourd'hui. Ouvrons la Déclaration des Droits, c'est-à-dire l'évangile même de la Révolution. Je lis à l'article VI :

« Tous les citoyens... sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. »

« Sansautre distinction...» est-il dit... Excusez du peu.

Ainsi, la Révolution le déclare expressément : les hommes diffèrent par les talents et par les vertus, c'està-dire par les qualités intellectuelles et par les qualités morales, c'est-à-dire par ïesprit et par le cœur ou le

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