XXIV INTRODUCTION
Le xixe siècle a vu se fonder deux sciences admirables : la biologie et la sociologie.
Or, s'il est une vérité que ces sciences proclament et promulguent d'une façon éclatante, c'est bien la légitimité de la hiérarchie.
Résumons l'idée biologique et l'idée sociologique.
Un animal est une association de cellules. Or, toute association se fonde sur la division du travail. Et la division du travail consiste, sans doute, en une extrême diversification de fonctions, mais surtout en cette dualité : une minorité dirigeante et une majorité dirigée. C'est la dualité du feuillet externe et du feuillet interne, dès la gastrula. Et, quand on atteint les hautes régions de la faune, c'est la dualité de la tête et du tronc. Le progrès dans l'animalité consiste donc dans la très lente constitution d'un organe dirigeant appelé cerveau.
Eh bien, il n'en est pas autrement en sociologie qu'en biologie. Gomme l'être animal, l'être social est fondé sur la division du travail, et notamment sur la distinction d'une tête et d'un tronc, d'une élite et d'une foule, de dirigeants et de dirigés, d'un gouvernement et d'un peuple, d'un État enfin et d'une Nation.
Gomme chez l'être animal, le progrès, pour l'être social, consiste donc dans la très lente constitution d'un organe dirigeant appelé pouvoir ou gouvernement.
L'être animal et l'être social sont tous deux des associations. Et ces associations sont toutes deux des hiérarchies, sous réserve de grandes différences d'ailleurs. 1
Le cerveau, c'est le groupe des cellules sensitives.]
L'élite, c'est le groupe des citoyens spéculatifs. C'est donc au cer*Teau et à l'élite à diriger.