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LA PSYCHOLOGIE MATÉRIALISTE EST U.\ INCIVISME

On voit on effet maintenant pourquoi le matérialism

doit être rejeté.

Il atténue le plus possible la différence entre la pensée humaine et la pensée animale, entre la sublime raison et le vulgaire instinct. Il tient cette différence pour presque négligeable.

Ce faisant, il espère rendre plausible l'explication de la pensée humaine, — si voisine alors de la pensée animale — par le seul corps animal, par le seul cerveau.

Mais combien répréhensibles ces deux démarches du matérialisme !

D'abord, en rapprochant la pensée humaine de la pensée animale, en ravalant la raison à l'instinct, il fait odieusement violence, je ne dis pas seulement à la dignité de l'homme, mais à l'évidence, au sens commune

Mais voici le grand grief, le grief inexpiable : si le corps et le cerveau physiques sont seuls nécessaires, c'est-à-dire suffisent pour produire la pensée humaine, pour expliquer la pensée humaine; en d'autres termes, si l'individu est, de par sa nature anté-sociale, déjà en possession de sa raison et de sa liberté, de son esprit et de son cœur, de son âme, enfin ; en un mot, si l'individu est pourvu d'âme originellement et congénitalement, antérieurement à toute connaissance et à toute reconnaissance du pacte social, indépendamment de toute participation à la cité, — alors, je le demande, à quel degré de dépréciation ne tombera pas la cité ? En quelle pauvre estime ne sera-t-elle pas tenue, cette cité dont l'individu, déjà pourvu de lui-même (croit-il) des biens essentiels, n'attendra plus que des avantages secondaires, vulgaires, précaires?

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