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LA « LUTTE », DEUXIEME LOI DE L ANIMALITE

Or, voici l'autre élément du problème. L 'aliment est plus ou moins abondant. Parfois il manque, souvent même.

Cependant l'armée des vivants est là, la double armée des plantes et des bêtes.

Laissons les plantes, et ne nous occupons que des animaux.

Il y a, dit-on, sur notre planète, environ un million d'espèces animales. Mais les individus de chaque espèce, par combien de milliers, de millions, de milliards, se chiffrent-ils?

Tous ces individus aspirent frénétiquement à manger, parce que tous aspirent frénétiquement à vivre. La « tendance de l'être à persévérer dans son être » est l'infrangible ressort de l'univers.

Tous ces individus, herbivores, frugivores, carnivores, vont toujours, âprement, quêtant le butin, la proie... Figurons-nous par la pensée ces milliards de gueules pantelantes ouvertes vers un aliment insuffisant, sinon problématique.

Que peut-il résulter de cette confrontation entre la proie rare et la convoitise infinie? Quoi, sinon le conflit, la bataille et l'entr'égorgement?

La vie est une lutte. La terre est un champ clos. Ce tableau a été largement brossé, et bien des fois, de Lucrèce à Darwin. Il serait au moins inutile de le recommencer

Il nous suffît de retenir le fait essentiel. Sur toute la surface de la terre, et à travers tous les éléments, une immense bataille se livre sans fin ni trêve entre les pullulantes générations animales pour la conquête de l'aliment béni. Les plus forts, les plus vites, les plus rusés, l'emportent, mangent et vivent. Les autres périssent en foule. C'est ce qu'on nomme la « sélection ».

Conclusion : la faim, le besoin, l'appétit, l'intérêt, d'où l'antagonisme, la lutte, la violence, la force enfin : telle est la loi qui régit l'animalité, telle est la moralité animale.

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